Depuis la nuit des temps, l'Homme se pose une même question : sommes nous vraiment seul ?
Que ce soit sur terre ou bien ailleurs, dans l'au-delà, l'être humain à souvent chercher des réponses sans jamais en trouver. En quête d'une chose qui serait son égal, un être qui lui serait supérieur, un modèle, peut être, ou encore un ennemis, ses recherches, hélas, ont toujours étaient vaines.
Années après années, siècles après siècles, de nouvelles questions étaient soulevées, mais toutes restaient sans aucune réponses et ce malgré les incessantes recherches, les gigantesques et terribles inquisitions et les nombreuses battus. L'ignorance reignait.
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the ghost inside my head it keeps a floating on, and all night long I pray him gone. || feat. Schrödinger
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MessageSujet: the ghost inside my head it keeps a floating on, and all night long I pray him gone. || feat. Schrödinger   Mer 3 Fév - 22:19



Une autre de ces soirées. Au premier étage de son garage, allongée sur son canapé, les mains posées sur son ventre, elle songeait. L’immortalité avait beau comporter un nombre incalculable d’avantages, ce côté rébarbatif et ennuyant refaisait bien souvent surface. Ces derniers temps, Mina souffrait de terribles insomnies qui, malgré ses efforts pour passer outre, revenaient à chaque fois. Agacée, elle prit sa veste d’un geste machinal, l’enfila et sortit. L’air frais de l’hiver vint lui brûler les poumons, tandis que ses cornes disparaissaient peu à peu. Le cou rentré entre ses épaules, les sourcils froncés, elle se faufila dans les rues adjacentes. Direction le centre-ville.

Elle filait ainsi comme une silhouette dans la pénombre, ignorant les bruits inquiétants de la nuit. Il devait être dix heures, onze heures tout au plus, et pourtant, les rues étaient encore bien animées. Le bruit des bars et des restaurants environnants faisaient écho contre les murs des buildings. Mina ne s’arrêta pas, continua son chemin, car elle le connaissait par cœur, ses pieds y allaient même tout seuls. Les lanternes, dont les néons sautaient, éclairaient son visage par intermittence, dévoilant ses traits tirés, fatigués, son regard éteint. Tous les passants s’écartaient sur son passage, et sa carrure imposante lui valut même quelques « pardon, monsieur ».

Soupirant un discret nuage de fumée, elle eut un clignement d’yeux lent tandis qu’elle s’engouffrait dans l’épicerie du coin, qui était bien souvent ouverte toute la nuit. Alors que la cloche tinta pour annoncer l’arrivée de la cliente maintenant habituée qu’était Mina, une forte odeur de javel parvint à ses narines. Elle s’avança discrètement dans les rayons, la radio en bruit de fond animant à elle seule le magasin, ainsi que le mâchouillement agaçant de la caissière, une adolescente en manque d’argent avec un air dédaigneux au possible. Les endroits confinés lui donnaient toujours la nausée, et ce dédale de couloirs n’arrangeait rien. Elle se demandait parfois si elle n’était pas un peu masochiste sur les bords.

Piochant aveuglément dans les rayons, la grecque avançait en traînant des pieds, dépitée de ce manque de sommeil et de son insomnie qui ne voulait pas la laisser en paix. Une chose étrange, n’est-ce-pas ? Un monstre tel que le Minotaure ne devrait pas avoir à se soucier de cela. Et pourtant … Alors que vous vous triturez déjà l’esprit du haut de votre jeune âge, imaginez les dégâts de plusieurs siècles de regrets, de tourments et de malheur … Arrivant devant les réfrigérateurs, elle ouvrit la porte dans le bruit caractéristique du décollement du plastique qui était resté accroché à cause du froid, elle prit deux bières dans une de ses gigantesques mains qui tintèrent.

C’est à ce moment même qu’en écho, la cloche retentit de nouveau. Au début, Mina n’y accorda aucune importance, mais lorsqu’elle ferma la porte et se retourna, le coin de sa vision fut attiré par quelque chose. Bleu. Si certains bovidés sont excités à la vue de la couleur rouge, chez le Minotaure, c’est cette couleur bleue qui la titillait. Ce qui était souvent exacerbé si c’était une couleur de cheveux. Portée par une femme à la peau pâle et les lèvres tintées de rouge, qui a une étrange odeur de cabot … Ses paluches se resserrèrent sur le verre marron des bouteilles de bière, qui tintèrent de nouveau. Schrödinger. Ce nom résonna si fort dans la tête de la « jeune » femme grecque qu’elle crut l’avoir hurlé dans tout le magasin.

Continuant ses courses comme si de rien était, elle ne pouvait ignorer que son sang bouillonnait dans ses veines. De désir ? De colère ? De tristesse ? Elle-même l’ignorait. Des scènes lui revinrent en mémoire. Des moments agréables … très agréables … Et d’autres beaucoup moins. Elle était mitigée entre l’envie de l’embrasser chaudement ou de lui coller son poing en pleine figure pour la faire valser à travers la devanture de la boutique. Oui, c’était comme cela que l’on pouvait résumer la situation. Tenaillée par la fatigue et nauséeuse, elle n’avait cependant pas envie d’aller lui parler, ou de tout simplement la regarder, et se contenta de continuer à errer dans les rayons, comme si les chips, les bières et les sucreries allaient l’aider à enfin trouver le sommeil.
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MessageSujet: Re: the ghost inside my head it keeps a floating on, and all night long I pray him gone. || feat. Schrödinger   Jeu 4 Fév - 16:08

Schrödinger plonge la main dans la poche de sa veste, la remue, fini par la refermer sur son paquet de cigarette. Elle le sort et y jette un coup d’œil circonspect, avant de pousser un grognement guttural ; plus qu'une. D'un geste machinal elle coince la cloque entre ses lèvres avant d'en balancer l'emballage (pas à la poubelle, évidemment) et se remettre en marche d'un pas rapide. D'après son téléphone il lui reste encore une bonne heure avant de commencer son service, Harry l'ayant lâchée exceptionnellement tôt ce soir, ce qui devrait lui permettre de passer refaire le plein de toxines cancérigènes. De toute façon, horaires ou non, elle serait allée en acheter. Pas question qu'elle passe une soirée sans fumer.

Marchant droit devant elle sans s'inquiéter des passants qui s'écartent précipitamment de son chemin, Cerbère allume la dernière de ses cigarettes et tire dessus d'une longue inspiration désespérée. Vivre longtemps c'est sympa sur le papier, ça l'est vachement moins en vrai. Quand tout fout le camp autour de vous et que vous vous obstinez à rester aussi immuable qu'un putain de roc dans une tempête. À la fin, tout ce qu'il vous reste, c'est quelques souvenirs et beaucoup de cicatrices. Enfin, au moins, Schrödinger a ses addictions pour palier au manque, c'est déjà ça.

L'épicerie est miteuse et sans doute malfamée, comme toutes les épiceries de nuit, mais elle fera l'affaire. Après avoir négligemment écrasé son mégot du talon de sa bottine cloutée, la pseudo jeune femme s'y engouffre d'un coup d'épaule dédaigneux. À peine entrée elle se félicite déjà de s'être brouillée l'odorat avec la fumée, le sol en lino brille tellement qu'il lui pique les yeux et elle n'ose même pas imaginer l'odeur que doit avoir le lieu. Un mélange de renfermé, de produits ménagers et des fragrances diverses et variées de tous les clients qui y passent chaque jour, sans doute. Cerbère chasse cette idée d'un haussement d'épaule et se dirige vers le comptoir dans la ferme intention de demander une cartouche de la marque la plus mortelle, avant de se raviser. Elle se prendrait bien un truc à boire, tiens.

Guidée par sa soif, elle prend la direction des frigos dont la place semble la même dans toutes les supérettes du monde et hésite quelques secondes avant de faire son choix. Bière ou tequila. Bière, tequila ce sera plus tard. Elle tapera dans les réserves de la boite, personne ne le verra, comme d'habitude. Nettement plus enjouée à cette perspective, Schrö se retourne dans la ferme intention d'acheter son but et filer hors d'ici, quand au passage d'un rayon une ombre immense lui cache la lumière des néons.

Il y a quelque chose d'ironique dans le fait de mesurer moins d'un mètre soixante-cinq sous forme humaine alors qu'en réalité on est un chien géant à trois têtes. Plus encore quand votre ex vous domine de deux têtes. Mais étrangement, venant de Mina, ça ne la dérange pas. Cette dernière lui tourne le dos dans un rayon voisin (mais elle est tellement grande que ça revient au même) et ne l'a sans doute pas remarquée. Instinctivement, sans savoir pourquoi, Cerbère retient sa respiration. Dans son corps c'est la panique, elle sent ses organes vitaux s'affoler et partir dans des directions opposées, sans sens ni logique, en même temps que la présence de la minotaure s'impose à elle.

Peu de gens ont eu la chance de tomber amoureux plusieurs fois de la même personne. Parce qu'ils ne s'en ont pas donné l'opportunité, parce qu'ils n'ont pas eu le temps, parce qu'ils n'en avaient pas envie. Schrödinger, elle, l'a eue. Au fil des siècles et des rencontres, retrouver toujours la même personne au hasard des chemins, la trouver changée, réapprendre à la connaître, tomber amoureuse une nouvelle fois, avoir le cœur brisé une nouvelle fois. Son sang bouillonne soudain et elle ne sait plus très bien si elle veut l’interpeller le temps de la couvrir d'injures ou juste lui demander de ses nouvelles. Mina est bien la seule à lui faire ça, à la troubler autant, à presque lui donner l'envie d'être gentille.

Bouleversée et ayant horreur de ça, la chienne des enfers décide de prendre le taureau par les cornes, mais pas sans aide. Avant tout il lui faut chasser ces horribles souvenirs qui lui reviennent en mémoire et qui ont la sale habitude de lui faire ressentir des « émotions ». Berk. Avec un demi-tour parfait qui fait couiner ses semelles sur le sol en plastique, elle s'engouffre dans le rayon des pilules. Il paraît que certaines ont un effet marrant mélangées à l'alcool.


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MessageSujet: Re: the ghost inside my head it keeps a floating on, and all night long I pray him gone. || feat. Schrödinger   Ven 5 Fév - 19:54

Malgré les siècles qui séparaient ce jour de celui de leur rencontre, Mina ne pouvait oublier le jour de leur rencontre. Elle ignorait alors qu’il s’agissait du fameux chien à trois têtes, et nous étions encore à l’époque des toges et autres vêtements légers … Comme ces robes lui allaient bien, par rapport à ces vêtements trop modernes, trop couvrants … Au détour d’un marché en plein air, près d’une échoppe de fruits et légumes. Tout s’enchaîna très vite entre elles, comme si elles s’étaient toujours connues. Et puis, chaque décennie, elles avaient de nouveau un coup de foudre l’une pour l’autre, de nouveau un amour intense et déchirant … Car Mina avait toujours eu, à croire que c’était à cause du sang de Dieu de l’Olympe qui coulait dans ses veines, un faible pour les mortelles.

Pourtant, elle n’avait jamais éprouvé de sentiments aussi forts que ceux qu’elle avait pu successivement ressentir pour Cerbère. Elles formaient à elles deux un couple atypique, d’un côté une géante bien bâtie à la peau halée, de l’autre, une jeune femme aérienne, pâle et délicate … C’est ce qui avait tout de suite plu au Minotaure, qui avait longtemps hésité à la demander en mariage, sans jamais l’oser, car, non seulement elle s’en sentait incapable, mais, de plus, la peur de faire souffrir son âme-sœur la saisissait toujours. Et ça ne loupait jamais : presqu’à chaque fois qu’elles s’étaient quittées, Mina était à l’origine de la rupture.

Après être restée de longues minutes immobile, la géante grecque prit son courage à deux sabots et s’avança vers Schrödinger, qui s’était dirigée vers le rayon des médicaments, qui, aux États-Unis, étaient en libre-service, vendues comme de simples bonbons. Faisant mine de s’intéresser aux pilules entreposées – alors qu’elle savait (et Cerbère aussi) que les médicaments, piqûres et autres médecines modernes ne fonctionnaient absolument pas sur elle – Mina s’approcha d’elle discrètement. Humant un peu l’air, elle eut une grimace lorsqu’elle sentit l’odeur de cigarette qui émanait de la belle jeune femme dont elle était tombée amoureuse et qui, à son grand regret, avait perdu son parfum de fleur et de fraîcheur qu’elle avait, ce jour où leurs chemins s’étaient croisés.

Les deux monstres sacrés étaient restés longtemps ensemble, et formaient le duo terrible des enfers. Il s’était passé de longues années avant que les premières disputes éclatent, les premières ruptures s’enchaînent, et les réconciliations sur l’oreiller se multiplient, se diversifient, s’intensifient. Elle la connaissait par cœur, mais, au fil des années, la modernité de la société avait, aux yeux du Minotaure, un impact néfaste sur sa bien-aimée. Rien pourtant ne présageait qu’elles continuent de se fréquenter pendant tant de temps, cependant, elles s’étaient toujours retrouvées, à croire que leurs destins étaient intimement liés pour l’éternité de leurs interminables existences. Maintenant juste à côté de Schrödinger, et, après avoir réfléchi de longues minutes à la réplique qu’elle allait sortir, Mina prononça ces mots :

« Je vais finir par croire que tu m’espionnes. »

Elle lui adressa un sourire, fatigué, certes, mais sincère. Malgré toutes les crasses qu’elle avait pu lui faire au fil des siècles, elle n’avait jamais réussi à être foncièrement méchante envers elle. Aussi ne l’avait-elle jamais insultée verbalement, ni frappée. Sa corpulence et sa nature monstrueuse pourrait pourtant laisser transparaître une violence innée, il n’en était pourtant rien. Au fond d’elle, Mina était une véritable guimauve. Surtout auprès d’une telle créature enchanteresse, surtout envers celle qu’elle avait toujours considérée comme le véritable amour de sa vie.
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MessageSujet: Re: the ghost inside my head it keeps a floating on, and all night long I pray him gone. || feat. Schrödinger   Dim 7 Fév - 17:54

Mina, Mina, toujours Mina. Schrödinger grince des dents en même temps que ses yeux parcourent sans les voir les étiquettes des différents médicaments alignés devant elle. On pourrait s'attendre à ce que ce soit rare, un taureau mythologique. On pourrait s'attendre à être reconnaissant jusqu'à la fin de sa vie d'avoir eu un jour l'immense chance de le croiser et se contenter d'en rêver le soir en soupirant. On pourrait, mais non. Ou alors peut-être que Cerbère est infernalement chanceuse, puisqu'apparemment il ne peut se passer six mois sans qu'elle lui rentre dedans dans une épicerie déserte. Quelle plaie.

De tous ses exs (et il y en a eu beaucoup, ne nous voilons pas la face), Mina a toujours été celle qu'elle appréhende le plus de revoir. Parce qu'on oublie pas son grand amour, quand bien même on le veuille vraiment, quand bien même elle nous ait fait pleurer sang et larme, quand bien même on ait rasé des villages entiers pour elle. Elle pourrait sans doute écrire des livres complets avec tous les coups de pute, volontaires et involontaires, que Mina lui a fait (et plus encore en prenant en compte sa mémoire défaillante), et malgré ça elle trouve toujours le moyen d'avoir les entrailles qui se nouent à la simple mention de sa présence. Pathétique.

Cette incapacité qu'elle a de simplement l'ignorer énerve Schrödinger au plus haut point. Elle ne devrait pas se sentir fondre comme ça sous son regard. Ni même s'égarer sans le vouloir sur les muscles de son dos. Et surtout pas avoir envie de se jeter à son cou. Cette femme à elle seule l'a faite plus souffrir que n'importe qui, et pourtant elle a vécu plus de trois milles ans putain.

Certes, Cerbère n'est pas tout à fait honnête quant à ses souvenirs. Elle a bien évidemment sa large part de responsabilités dans de nombreuses ruptures et d'abondants défauts à son actif. Que ce soit maintenant ou il y a deux millénaires, cette même soif de violence a toujours coulé dans ses veines, bien qu'un peu plus douce dans sa prime jeunesse. Il serait inutile de tenter de compter les vies qu'elle a détruites, ni même les coups qu'elle a donné et les injures qu'elle a craché. Mina elle-même en a plus d'une fois été victime, parfois parce qu'elle l'avait bien cherché (selon Schrö) d'autres par pure et inexcusable gratuité. Aimer un chien des enfers, c'est aimer la sauvagerie qu'il renferme et la supporter au quotidien, au risque de se faire briser par celle-ci. Schrödinger n'avait jamais compris qu'elle reste malgré tout cela, avant de se dire qu'elle aussi été bien restée. C'est comme ça l'amour, ça rend con et ça fait oublier tout instinct de survie.

Bien sûr, il n'y a pas que cela. Il y a de merveilleux moments, du bonheur à la pelle, du plaisir à n'en plus finir, mais à tout ça elle ne veut pas repenser. Elle l'a déjà fait, de trop nombreuses fois, et ça a toujours fini de la même manière : dans un lit, avec un nouveau départ à la fin prédestinée à l'horizon. À chaque fois elle se dit qu'elle apprendra de son erreur, à chaque fois elle retombe dans le même schéma que son corps semble appeler toujours plus fort. Mais c'est terminé, elle ne succombera pas à nouveau à ce cercle vicieux. Alors quand elle entend Mina s'approcher discrètement d'elle dans le magasin, Cerbère se prépare toute une panoplie de noms d'oiseau (en anglais et en grec ancien) à lui jeter à la figure à la moindre tentative de conversation. Le minotaure s'approche encore un peu, la fumée de cigarette dissipée lui permet de sentir son odeur (son cœur rate un battement), ouvre la bouche, la chienne contracte les mâchoires prête à exploser en vulgarités... avant que toute velléité ne quitte instantanément son être au simple son de sa voix.

« Je vais finir par croire que tu m’espionnes. »

Quelques secondes passent dans le silence, sans que Schrödinger daigne la regarder, avant qu'elle laisse échapper un long soupir. Tant pis, Mina a gagné, encore une fois. Elle est incapable de s'énerver ; elle ne peut pas lutter contre elle. Elle se pince l'arête du nez à cette constatation, se frotte un instant les yeux, puis rend les armes.

« Tu aurais pu trouver moins bateau pour m'aborder. »

Son regard s'attarde sur la boite de comprimés qu'elle tient dans la main, des somnifères, super-planants avec un peu d'alcool fort. Elle se souvient que Mina ne l'aime pas quand elle est sous drogues, qu'elle est partie plus d'une fois pour cela, avant de revenir. Une petite part au fond d'elle se souvient de tout cela et de ce que ça lui fait, quand elle la blesse, d'à quel point elle se sent mal après. Alors elle repose la boite avec résignation (obligée de s'avouer qu'elle s'en fait toujours) et se tourne vers Mina. Son sourire lui fait presque mal, mais elle ne peut s'en empêcher de lui sourire en retour.

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

Puis elle suit la ligne de son bras jusqu'aux bouteilles, toutes petites dans sa grande main.

« Ah, c'est une soirée comme ça. »

Toutes les deux savent bien ce qu'elle entend par là. Pas besoin d'être éternel pour savoir que l'alcool, ça fait du bien, parfois.


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MessageSujet: Re: the ghost inside my head it keeps a floating on, and all night long I pray him gone. || feat. Schrödinger   Dim 7 Fév - 21:31

Cela sautait aux yeux qu’elle était loin d’être ravie de la revoir. Son attitude, son corps entier criait à Mina de fuir, de partir, de s’en aller sans se retourner. Et cela avait le don de retourner les tripes du taureau mythologique, car elle voulait être la raison pour laquelle son âme-sœur souriait, riait, respirait le bonheur … Au lieu de ça, elle buvait, fumait, et se shootait même aux médicaments tous plus nocifs les uns que les autres, comme si elle voulait mourir, mettre fin à son immortalité. Serrant la mâchoire, le Minotaure retint le moindre mot, la moindre remarque qui pourrait faire détaler Cerbère, alors que ses mains la démangeaient et qu’elle souhaitait saisir ses poignets, la forcer à la regarder et lui déblatérer tout ce qu’elle pensait de ça. C’était sa faute, après tout. Elle n’avait pas tendance à culpabiliser ou à se morfondre, mais c’était évident : rien de tout cela ne serait arrivé si elle avait assuré.

Parce que Mina avait chié dans la colle, et dans les règles de l’art. Elle ne compte même plus le nombre de fois où Schrödinger avait passé le pas de la porte de leur chambre pour la surprendre avec une autre, intercepté une lettre, un sms d’une amante en manque d’amour, ou toutes les fois où elle l’avait laissée seule tandis qu’elle s’envoyait en l’air avec une – ou plusieurs – autres. Tout cela était pourtant fade à ses yeux, car la seule fois où elle avait vraiment pris son pied, c’était avec l’amour de sa vie, celle qui restait là, pantoise devant elle, lassée et dégoûtée de sa présence. Les seules émotions puissantes qu’elle avait éprouvées, c’était à ses côtés. Et elle ne pensait pas qu’au sexe, oh non. Toutes les chamailleries, les moments de rire, ou tout simplement les scènes du quotidien : un film à deux, posées sur le canapé, préparer le repas ensemble, tous ces souvenirs gravés à jamais dans sa mémoire étaient, à ses yeux, les plus beaux de ceux de sa longue vie.

Car Cerbère était arrivé à un moment de sa vie où plus rien n’était beau, ou tout était vain, et ou la confiance n’existait plus : elle lui avait redonné goût à la vie, et Mina se haïssait profondément pour lui avoir fait vivre l’enfer – le vrai – et bien pire que celui qu’elle avait pour mission de garder. Serrant les poings pour se retenir, elle déglutit plus ou moins discrètement avant de soupirer. C’est alors qu’elle obtint une réponse, cinglante, celles dont son ex avait le secret. En retour, elle eut un sourire, et émit un petit rire en clignant lentement des yeux.

« Tu sais très bien que les mots ne sont pas ma tasse de thé, je suis bien plus douée pour exprimer ce que je ressens avec mon corps. Je ne suis qu’un tas de muscles sans cervelle, après tout. »

Un centième de seconde après avoir prononcé cette phrase, le regret se fit déjà sentir. Elle ne voulait pas se rabaisser, se sous-estimer face à Schrödinger, car cela ne lui faisait aucun effet, bien au contraire, ça avait le don d’exaspérer la femme aux cheveux bleus. Et pour cause : c’était toujours la ruse que Mina utilisait lorsqu’elle avait fait une bêtise. Des phrases-types, du genre « je suis une ordure », « tu mérites mieux que moi », « tu devrais trouver quelqu’un qui soit digne de toi », étaient ses crédos lorsqu’il fallait une défense, un argument. Pourquoi l’avait-elle trompée ? Elle n’avait jamais émis la moindre hypothèse à ce sujet. Elle aimait les femmes, le sexe, c’était tout. Et sa libido, sa soif de séduction, débordaient en permanence. C’était dans ses gênes, et c’étaient de mauvaises habitudes dont elle n’avait jamais réussi à se débarrasser.

Pourtant, en la voyant là, devant elle, Mina avait de nouveau cette sensation – la sensation qu’elle ne pourrait jamais fréquenter ou aimer une autre qu’elle. C’était arrivé, à moindre échelle. Nombreuses étaient celles qui avait partagé sa vie, mortelles ou non. Et elle ressentait toujours cela avant qu’elles se remettent ensemble pour la millième fois, avant de se déchirer de nouveau. Ce cercle vicieux, elle n’en voulait plus. Pourtant, elle avait besoin de Cerbère, et ce désir de la prendre dans ses bras, de l’admirer dormir dans le lit au lever du jour, de vivre à ses côtés, était, lui, immuable au fil du temps. Comme si les fils tortueux de leurs destins s’étaient emmêlés à force d’explosions émotionnelles, pour ne jamais se défaire.

Alors que Schrödinger avait pris une de ces boîtes orangées au couvercle blanc contenant des pilules qui avaient un effet assommant, quelque chose crissa dans les oreilles de Mina : elle n’aimait pas ça. Si bien que lorsqu’elle la reposa à sa place, il y eut un soulagement. La cornue savait pertinemment qu’elle n’avait plus aucune emprise sur les décisions de son ancienne petite-amie, pourtant, de vieux réflexes revenaient, de temps en temps. Comme la chercher du bras au réveil et se rendre compte que ce n’était pas elle – ou, pire, qu’elle était seule dans ce grand lit déprimant et bien trop froid. Le chien à trois têtes lui posa une question, à laquelle elle n’eut pas le temps de répondre. Elle sentit trois paires d’yeux se poser sur les bouteilles de bières qu’elle avait prises entre ses immenses doigts charnus. Haussant les épaules à sa remarque, elle ne put le nier : c’était en effet une de ces soirées où elle buvait de tout son saoul avant de sombrer dans un sommeil aussi profond qu’agité.

« Tu as vu juste. Je vois que tu as les mêmes perspectives, toi aussi. – dit-elle en montrant de la tête vers ses bouteilles à elle – Drôle de coïncidence. Tu as prévu une soirée, ou tu comptes la passer en tête à tête avec tes autres têtes ? – elle rit à sa propre blague, ridiculement – Parce que, tu sais … Ça fait un bail que tu n’es pas venue à la maison. Et … Tu ne vas pas en revenir, mais … J’ai fait le ménage. Et puis – elle avança d’un pas, avant de dévier sur le côté pour se diriger vers la caisse, frôlant des doigts le bras de la femme aux cheveux bleus, et de murmurer – tu me manques, tu sais. »

Mina avait prononcé cette dernière phrase d’une voix sensuelle et chaude, celle à laquelle – elle le savait pertinemment – Schrödinger ne résistait jamais. Se dirigeant vers la caisse, elle posa lourdement ses six bouteilles de bière, toisant l’ado de l’autre côté du comptoir. Derrière la morveuse, une étagère où étaient entreposés les alcools forts, interdits aux mineurs.

« Avec deux bouteilles d’ouzo s’il vous en reste, ou de la vodka, ça fera l’affaire. »

Le Minotaure ne se retournait pas, ne souhaitait même pas ajouter autre chose de ce qu’elle voulait dire, car elle savait que, si elle insistait, cela ferait fuir la bellâtre. Alors elle ne forcera pas la patte de Cerbère, car qui s’y frotte … Meurt dans d’atroces souffrances.
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MessageSujet: Re: the ghost inside my head it keeps a floating on, and all night long I pray him gone. || feat. Schrödinger   Ven 12 Fév - 12:31

« Tu sais très bien que les mots ne sont pas ma tasse de thé, je suis bien plus douée pour exprimer ce que je ressens avec mon corps. Je ne suis qu’un tas de muscles sans cervelle, après tout. »

Cette réplique lui arrache un rictus que Mina semble à peine remarquer. Un tas de muscles sans cervelle, hein ? Que dire d'elle dans ce cas ? Après tout, elle n'est qu'un chien. Un chien géant certes, avec trois têtes, une crinière de serpents et une queue de dragon. Un chien terrible et immortel, mais un chien tout de même. Enfant d'une créature plus innommable qu'elle encore et d'un titan craint de tous, son apparence semble pourtant la douceur même alors qu'elle a été dressée pour tuer. Tandis que Mina, Mina, avec sa stature toute en muscles et malgré sa constitution monstrueuse, reste tout de même fille de reine et de dieu. On pourrait se demander qui est vraiment la bête dans ce cas là et qui se rabaisse inutilement en guise d'excuse, mais c'est une conversation qu'elles ont déjà trop eu et dont Schrödinger connaît déjà trop bien la conclusion.

Parce que des excuses du Minotaure, elle en a bouffé. Par tous les temps et à toutes les sauces. Des excuses qui en devenaient insultantes à force de répétition, bancales, accompagnées de déclarations d'amour larmoyantes quand elle réalisait qu'elle avait vraiment merdé sur ce coup. C'est un fait que l'infidélité coule dans les veines de Mina (un héritage de son père d'après elle, Schrö n'a eu que son nombre anormal de têtes du sien, quelle injustice) et c'est une chose qu'elle a toujours su et avec laquelle elle a cru se résigner à vivre. Après tout, il lui était arrivée de la tromper également, la monogamie n'ayant jamais fait partie de sa nature canine, mais elle avait toujours eu le courage d'assumer ses choix une fois au pied du mur. Le courage de dire que oui, elle l'avait fait, et que même si elle le regrettait (ou non) c'était une décision qu'elle avait prise consciemment et non avec ses gènes. Si Mina s'était montrée ne serait-ce qu'un petit peu plus honnête, leur histoire aurait pu être tellement différente. Mais il ne sert à rien de ressasser le passé, Cerbère le sait. Elle l'a fait bien plus qu'à son tour au cours des trois derniers millénaires et a fini par haïr cette sensation qui vous noue les tripes lorsque l'on repense à un événement douloureux et immuable, bien que lointain. Elle ne supporte pas son état d'esprit dans ces moments-là et s'empresse en général de le noyer sous l'alcool ou de le diluer dans la fumée d'une cigarette. Elle déteste ça et pourtant, à chaque fois que Mina recroise son chemin, elle rechute comme une conne.

On pourrait dire que c'est l'amour qui lui fait perdre les pédales, mais Schrödinger n'a jamais très bien compris comme ça marche ces choses-là (on ne lui a pas appris). L'amour. Elle l'a toujours divisé en deux ; les petits et les Grands. La plupart des gens ne connaissent qu'un unique grand amour au cours de leur vie, deux pour les veinards, mais la plupart des gens n'ont qu'une minable espérance de vie de quatre-vingt ans. Quand on est éternel, c'est une autre histoire. Cerbère, elle, s'en souvient de cinq (même s'il doit sans doute il y en avoir plus que sa mémoire n'a pas retenues). Les premiers furent bien entendu ses maîtres, Hadès et Perséphone. Elle les a aimé d'un amour puissant et inconditionnel, d'une fidélité à toute épreuve, un amour qui aurait pu durer jusqu'à la fin des temps s'ils ne l'avaient pas trahie. Un amour de chien. Mina était venue juste ensuite. Cela ne faisait pas longtemps qu'elle avait quitté les Enfers et le monde extérieur lui semblait encore un enchantement perpétuel à l'époque. Et puis Mina était apparue, rajoutant des feux d'artifices à sa vie déjà en fête et jamais Schrödinger n'avait cru pouvoir être plus heureuse. Jusqu'à ce que ça se termine. Ensuite était venue une valkyrie, belle au milieu du champ de bataille, assassinée par un lapin jaloux à coup d'éclair. Et puis Mina. Et après un humain, emporté par la maladie, leurs enfants avec lui. Et puis Mina, toujours elle, la seule constante dans son chaos.

« … Parce que, tu sais … Ça fait un bail que tu n’es pas venue à la maison. Et … Tu ne vas pas en revenir, mais … J’ai fait le ménage.

La phrase la fait brusquement sortir de ses pensées, avec un sursaut désagréable. Elle sait parfaitement où son ex veut en venir, et elle n'aime pas cela.

_ Et puis tu me manques, tu sais. »

Schrödinger frissonne, bien sûr, quand Mina la frôle comme cette dernière l'avait sans doute prévu. Elle a horreur quand elle fait ça. Quand elle exploite ses faiblesses avec la claire certitude que ça va marcher, qu'elle va avoir exactement ce qu'elle veut – et qu'elle a raison. Cette arrogance, cette assurance, cette prétention. Ça la met hors d'elle. Et pourtant, Cerbère sent son corps se réveiller à l'entente de sa proposition, mille souvenirs agréables resurgissant aussitôt pour saturer ses sens de sensations passées mais toujours vivaces dans son esprit. Furieuse (contre elle-même), elle sert les poings et s'enfonce les ongles dans la paume pour se forcer au calme.

Mina est déjà sortie quand elle passe en caisse, jetant des billets froissés sur le comptoir pour régler sa bière et trois paquets de cigarette. Dehors, l'air glacial lui fait du bien et elle n'attend pas une seconde avant d'allumer une clope, narguant sa compagne du regard. Elle sait qu'elle n'aime pas ça, mais elle n'est plus sous son emprise désormais. Ou du moins, assez pour s'intoxiquer librement.

« T'es pas chiée de débarquer comme ça, l'air de rien, et de m'inviter chez toi comme si rien ne s'était passé. »

Schrö décapsule sa bière d'un coup de briquet et en prend une gorgée, tentant de calmer sa gorge sèche et son cœur qui bat la chamade.

« On avait dit qu'on arrêtait. Qu'on referait plus ça, que c'est des conneries. (Elle essaye d'avoir l'air froide, insensible, et tape un caillou du bout de sa bottine) Et puis de toute façon, je bosse ce soir. »

Ok, elle pourra plus jamais jeter la pierre à Mina après avoir sorti une excuse pareille. Même si c'est vrai, elles savent toutes les deux qu'une conception aussi éphémère que le travail ne les a jamais arrêtées dans leurs élans. Seulement cette fois, Cerbère a besoin de s'accrocher à quelque chose pour résister. À ses yeux rouges, qui la fixent sous l'intensité de ses sourcils et...

« Mais on peut boire un verre après, si tu veux. »

Au fond, elle a toujours été faible.


Cerbère, créature mortelle et terrifiante:
 
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MessageSujet: Re: the ghost inside my head it keeps a floating on, and all night long I pray him gone. || feat. Schrödinger   Mer 17 Fév - 20:12



Dès qu’elle arriva à l’extérieur, Mina soupira un grand coup, créant un nuage de fumée dû au froid, et se recroquevilla dans sa petite veste en cuir. Même si elle avait pour nature d’être un véritable radiateur ambulant, l’hiver américain n’avait rien de comparable aux hivers grecs où l’on descendait très rarement en dessous des quinze degrés Celsius. Elle savait que tout cela était une idiotie, au final, un caprice qu’elle faisait afin de se convaincre qu’elle plaisait encore à d’autres personnes qu’à de vieilles mangeuses de moule mortelles de quarante balais. Surtout que Schrödinger était son défi, sa réussite ultime.

Faisant volte-face, elle admira la scène avec un brin d’amusement. Cerbère avait toujours le don d’être très froide, presque violente, avec les humains. Cela avait pour effet de faire rire son ex petite-amie, à défaut de ses victimes qui, elles, regrettaient bien souvent d’être au mauvais endroit … Au mauvais moment. La morsure du froid se faisant sentir, et le Minotaure se vouta un peu plus, paraissant encore plus massive qu’elle ne l’était déjà.

À peine eut-elle mis un pied dehors que Schrödinger mit le feu à un de ces « bâtonnets de mort », comme aimait les appeler Mina. Le regard de cette dernière s’alluma, comme la cigarette, d’une teinte de colère, rouge. Elle haïssait ce comportement de provocation, mais ce qu’elle supportait le moins, c’était de la voir s’acharner à raccourcir sa vie infinie. Comme si elle voulait passer le moins de temps possible à ses côtés, comme si rien ne comptait dorénavant. Une voix froide et sèche comme la météo de Détroit ces jours la ramena à la raison, elle qui avait ses deux yeux rouges flamboyants fixés sur le mégot.

Un sourire arrogant illumina le visage carré du monstre antique tandis qu’elle regardait avec intérêt Cerbère décapuchonner sa bière avec un geste trahissant son habitude et son aisance. Mina, elle, avait gardé ses bouteilles à la main, immobile, presque statique. L’écoutant toujours dans un silence quasi religieux, elle ne put cependant se retenir de pousser un gros pouffement de rire quand elle entendit l’excuse du gardien des enfers. Se calmant lentement, mais sûrement, elle reprit son sérieux dans un raclement de gorge, avant de s’assurer qu’elle avait terminé de parler, pour répliquer du tac-au-tac :

« Bien sûr, comme si quelque chose d’aussi mortel et artificiel que la notion de travail avait une quelconque importance à tes yeux. Comme si cette même chose avait plus d’importance que moi – elle posa sa main à plat contre son propre torse, musclé malgré sa poitrine – et surtout, comme si tu avais déjà été sérieuse dans n’importe lequel des métiers que tu as écumé tout au long de ta vie. Je n’y crois pas. Et je suis sûre que même toi, tu n’y crois pas. Enfin, bref, qu’importe. »

Levant les yeux au ciel, elle haussa les épaules, lasse des rejets qu’elle a accumulé de la part de la belle aux cheveux bleus, et, s’apprêtant à tourner les talons, elle entendit, comme un bruit lointain, une dernière interjection. De nouveau, un sourire narquois se dessina sur ses lèvres. Mina compléta son demi-tour, et, sans la regarder, s’adressa à Schrödinger :

« Rendez-vous ici dans deux heures ? Couvre-toi bien, ma poule. »

Elle fit un signe de la main se voulant moderne accompagné d’un claquement de langue et, les bouteilles dans la main, l’autre dans sa poche, elle s’engouffra dans la rue pour retourner chez elle.




Deux heures après – ou, devrais-je dire, une heure, quarante-cinq minutes et dix secondes après – le monstre sacré grec était de retour, mais cette fois-ci, un casque vissé sur la tête, sur lequel étaient dessinées deux immenses cornes dorées, chevauchant une monture, mais pas n’importe laquelle, une Harley Davidson customisée par ses soins faisant un bruit tonitruant, qui, tel un séisme, provoquait un tremblement de buildings et une vibration de vitres.

Impossible pour la belle gardienne aux cheveux bleus d’ignorer que son ex était arrivée. Mina savait à quelle point Schrödinger aimait ses motos, car elle connaissait son amour pour tout ce qui était tape-à-l’œil, il n’y avait qu’à voir sa coupe de cheveux. Impatiente comme une enfant que l’on emmènerait à Disneyland, le Minotaure attendait, son casque calé entre son avant-bras et sa cuisse, l’autre, destinée à sa passagère pendant nonchalamment sur le guidon de la bête. Tel un prince charmant, elle attendait alors sa princesse sur son cheval blanc.
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ava par Ash & Rehana & Harry & Mina (thx♥️♥️)
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MessageSujet: Re: the ghost inside my head it keeps a floating on, and all night long I pray him gone. || feat. Schrödinger   Dim 28 Fév - 23:24

Mina ne dit rien, et pendant un instant Schrödinger se demande même si elle écoute. Elle est là, à la fixer, pendant qu'elle déballe ses craintes et ses pensées sans fioritures, presque ininteressée. Pour peu elle la frapperait bien, jusqu'à ce qu'elle prenne la parole.

Bon, apparemment, elle faisait attention à ce qu'elle disait. Ou du moins à la partie qui l'intéresse (à savoir son excuse bidon, madame a l'attention sélective il faut croire). Cerbère pourrait s'énerver, elle souffle d'ailleurs un nuage de buée dans l'air glacial, mais elle connaît trop bien sa compagne pour cela. Ne l'a-t-elle pas dit elle même un peu plus tôt ? Mina est mauvaise avec les mots. Elle semble assurée quand elle parle, presque provocante, un peu trop sans doute. Elle ne sait pas doser, distiller des touches d'émotions ici ou là quand il le faut, elle ne sait pas quand laisser tomber la carapace et quand la garder ostensiblement fermée. Néanmoins, dans son mutisme, elle n'a pas niée que se revoir était une connerie. Le fait qu'elle semble en avoir conscience adoucie légèrement Schrödinger. Elles sont toutes les deux des causes perdues, apparemment.

Mais avant qu'elle puisse ajouter quoique ce soit elle est déjà partie, disparaissant dans le tumulte de la nuit comme le héro d'un mauvais film. Le minotaure a toujours été une fan de ces genres de petits effets, pire qu'un gamin, et Cerbère ne peut s'empêcher de rouler des yeux. Elle est mignonne à lui donner rendez-vous dans deux heures, mais elle ne termine qu'à six heures du matin passés elle. Une seconde elle hésite à lui poser un lapin (tant pis pour elle, elle avait qu'à attendre au lieu de vouloir à tout prix en jeter), avant de se raviser. Qui pense-t-elle tromper avec un comportement pareil ? Elle a envie de revoir Mina. De passer la soirée avec elle, de parler, de boire, de lui faire l'amour, comme avant. Se voiler la face serait inutile et stupide. Depuis quand préfère-t-elle la raison à l'envie, de toute façon ?

Après une dernière lampée de bière et un soupir vaincu, Schrödinger prend la direction de son lieu de travail.

*

Il est minuit passé quand elle quitte son poste. La foule de fêtard à l'entrée de la boite se fait de plus en plus dense mais elle quitte son collègue sans un regard en arrière. Il se démerdera bien sans elle. Elle sait bien qu'elle n'est pas loin de se faire renvoyer mais s'en contre-fiche (elle pourra même sans doute leur tirer du fric, grâce au coup de couteau qu'elle s'est pris à son poste il y a quelques mois), si son maître a bien une utilité, c'est celle de subvenir à ses besoins.

En parlant du loup, Cerbère jette un œil sur son téléphone aux enregistrements des caméras qui entourent l'appartement de Harry, puis à celles du labo. R.A.S. Il semble absorbé dans un truc (sans doute) glauque, comme d'habitude. Il ne devrait pas avoir besoin de ses services cette nuit. Après un bref crochet à son casier pour récupérer ses affaires, Schrödinger se dirige d'un pas nonchalant vers l'épicerie miteuse où Mina doit déjà certainement l'attendre depuis un moment. Son blouson de videur lui tient chaud, bien plus que le sien, et elle se félicite de l'avoir gardé. Une cigarette allumée, elle est fin prête à aller retrouver son ex. Que va-t-elle lui dire exactement ? Elle n'en a aucune foutue idée. La préméditation n'a jamais été son domaine (même lors des assassinats de ses divers maîtres elle n'a jamais vraiment brillé par son organisation), alors appliqué au domaine amoureux c'était même pire. Mais était-ce réellement du domaine amoureux ? Oui, même des millénaires plus tard elle ne pouvait en douter. Alors quoi ? Lui demander ce qu'elle devient ? Si son garage tourne ? Si elle s'est trouvée une nouvelle copine ? Lassée par ses élucubrations, Cerbère poussa un grognement avant d'accélérer le pas. Tant pis, elle verra sur place. Après tout, elle a toujours fonctionné comme cela, c'est pas maintenant qu'elle va changer.

*

Mina est là, appuyée contre sa moto. Si tape-à-l’œil, Schrödinger ne peut s'empêcher de laisser échapper un rire qui attire son regard. Immobile de l'autre côté du parking, elle détaille un instant sa Harley Davidson (elle a du style, il faut l'admettre), son casque personnalisé, sa moue de crâneur, la musculature de ses cuisses sous son jean tendu à l'extrême. Elle tire une dernière fois sur sa clope avant de la jeter au sol, expire une dernière bouffée de fumée, prend son souffle une dernière fois avant de s'avancer vers elle. Le tabac doit encore s'accrocher à sa peau et ses vêtements mais peu importe, si Mina la veut vraiment, elle la prendra comme elle est.

En deux enjambées Cerbère est devant elle, engloutie par l'ombre immense de sa silhouette massive. Même assise contre sa bécane elle reste plus grande qu'elle. Il n'y a plus aucune question dans sa tête, seule la présence toute proche de Mina s'impose en maître. Alors naturellement, puisque lutter contre son instinct n'a jamais été dans sa nature, elle cède. Schrödinger se dresse sur la pointe de ses pieds, passe ses bras autour de son cou taureau et plaque ses lèvres aux siennes.

Quitte à faire une connerie, autant ne pas la faire à moitié.

Le baiser est sauvage, comme dans ses souvenirs, mais elle fini par se détacher d'elle. L’œil qui brille et le poil luisant.

« Alors, on fait quoi ? »


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