Depuis la nuit des temps, l'Homme se pose une même question : sommes nous vraiment seul ?
Que ce soit sur terre ou bien ailleurs, dans l'au-delà, l'être humain à souvent chercher des réponses sans jamais en trouver. En quête d'une chose qui serait son égal, un être qui lui serait supérieur, un modèle, peut être, ou encore un ennemis, ses recherches, hélas, ont toujours étaient vaines.
Années après années, siècles après siècles, de nouvelles questions étaient soulevées, mais toutes restaient sans aucune réponses et ce malgré les incessantes recherches, les gigantesques et terribles inquisitions et les nombreuses battus. L'ignorance reignait.
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Le pouvoir n'apporte ni la joie ni le bonheur ◊ Soliman Al-Tahim (En cours)
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MessageSujet: Le pouvoir n'apporte ni la joie ni le bonheur ◊ Soliman Al-Tahim (En cours)   Ven 19 Fév - 16:01




Soliman Al-Tahim

Bien plus de 2000 ans - Arabe – commerçant – Djinn  – Wanna fight

Pouvoirs : Si l’on devait vraiment décrire les pouvoirs de Soliman, on pourrait dire qu’ils sont quasiment infinis, puisque son rôle est d’exhausser les vœux de son maitre, dans la limite du possible, bien entendu. Mais soit, soyons plus clair en ce cas :

-Ordonne, et j’obéirai (Exhausser les vœux) :Comme dit précédemment, ils possèdent bien évidemment une limite. Mais au delà de celle-ci, quasiment rien n’est impossible à exhausser pour un Djinn. Les contreparties peuvent être lourdes pour celui qui réclame un vœu de grande ampleur, mais cela reste au choix de celui-ci. Tu veux la richesse, Soliman te l’apportera en un claquement de doigt. Tu veux le pouvoir, à coup sur le Djinn te guidera vers les bonnes personnes et sur les bons chemins pour que tu l’obtiennes. Si ce n’est pas quelque chose qu’il peut fabriquer simplement par la pensée, alors il te l’apportera par l’intelligence et la manipulation. Comme on dit, rien n’est impossible pour un Génie, pour peu qu’on en paye le prix. Car en vérité, rien n’est totalement gratuit.

-Le temps n’a pas d’emprise (immortalité) :Le temps n’a pas d’effet sur un être comme Soliman. Il n’est pas humain, le sang qui coule dans ses veines n’est qu’un sable chaud qui se reforme inlassablement. Ses cellules n’existent pas, ses organes ne sont qu’illusion. Des pieds à la tête, Soliman est un être différent. Et de ce fait, les âges passent sur lui, sans le marquer. De la même manière, il n’est pas sensible aux attaques qui peuvent être portées contre lui. Blessé, oui, tué, non. Cependant, la souffrance, elle, demeure présente.

-La force au delà des montagnes (force physique décuplée) : Puisqu’il n’est pas un être humain, en plus de ses pouvoirs étranges, le Djinn est un être capable de faire preuve d’une grande force, pouvant écraser des métaux ou défoncer des murs d’un coup de poing.

-Le charme du feu (contrôle) : Soliman est un Djinn du feu. Né dans les flammes d’une vengeance et d’une malédiction, cet élément est le sien, et de fait, il peut le contrôler à son bon vouloir. Le façonner venu de nul part ou l’utiliser alors qu’il brule à ses côtés, rien ne lui est interdit de ce côté là. Le feu aura même tendance à le régénérer plus facilement.

-Oracle, le troisième œil (vision) : Un pouvoir plus incontrôlé que véritablement décidé. Néanmoins, Soliman est capable de percevoir des brides du futur, lointain ou proche, il n’en sait rien. Affaiblissant toutes ses défenses, les visions viennent et repartent comme si de rien n’était, l’obligeant ainsi à effacer sa conscience dans l’autre monde pour y percevoir l’appel qui est lancé. Incapable de réagir dans le pan dimensionnel où demeure son corps, il est piégé dans une transe forte qui ne s’éteint que lorsque la vision prend fin.

Faiblesses : Disposer de grands pouvoirs signifie aussi avoir une contrepartie avec ceux-ci. Biens des légendes ne mentent pas sur les plus grandes faiblesses des Djinns. Laissez moi vous expliquer :

-La prison de la lampe : Le terme Lampe est un mot générique pour désigner la prison d’un Djinn. C’est dans cet objet qu’il sera enfermé jusqu’à ce qu’un nouveau maitre tombe sur celui-ci et décide de le faire sortir. Rare son les Djinn à être libérés des chaines de leurs lampes, les humains préférant user de leurs vœux par égoïsmes plutôt que les relâcher. Bien évidemment, Soliman a la chance d’être tombé sur un maitre qui à décidé de lui donner sa chance, mais hélas, un Djinn n’est jamais réellement détaché de la lampe qui l’a vu depuis toujours enfermé. Même si Soliman est libre, il sent toujours le poids de l’objet peser autour de ses chevilles, comme des chaines qui ne disparaissent pas. Il redoute qu’un jour ou l’autre, elle l’aspire à nouveau en elle et qu’il retrouve cette prison de flamme pour plusieurs décennies.

-Les trois règles immuables : Car un grand pouvoir ne peut exister s’il n’est pas bridé par des limites. Ce n’est pas tant qu’il soit impossible pour Soliman d’aller à l’encontre de ces règles, puisqu’il l’a déjà fait une fois pour chacun d’entre elle, mais la punition qui en résulte est sans commune mesure. Telles sont les lois des Djinns lorsqu’il s’agit d’exhausser les vœux : Il est interdit de tuer quelqu’un, il est interdit de rendre la vie à un mort et enfin il est interdit d’influer les choix du cœur d’une autre personne.

-La rage du Djinn : Une caractéristique qui est loin d’être commune à tous les Djinns, je vous rassure. Le cas de Soliman est un peu particulier, puisque s’il est aujourd’hui un véritable de Djinn, il est né des flammes d’une malédiction contre sa propre personne. Devenu prisonnier d’une lampe, il est aussi devenu prisonnier et victime d’une malédiction. Plus il use de ses pouvoirs, et plus la flamme de la haine embrase son cœur pour le pousser à l’agressivité, la violence, l’emportement. Lui qui est pourtant d’un naturel calme pourrait se retrouver à dévorer n’importe qui de ses flammes, aveuglé par la colère, sans qu’il ne puisse la tarir. Incontrôlable, incontrôlé et surtout incompréhensible pour lui même et les autres. Cette malédiction pèse sur lui comme un couperet.

-Les ordres du maitre : Même s’il ne s’agit pas réellement de vœux à proprement parler, tant que ceux-ci ne sont pas entièrement exhaussé, un Djinn est au service d’un maitre, et de ce fait, il lui doit totale obéissance et obédience. Qu’importe si l’ordre donné peut paraître stupide ou irréfléchi, il ne peut y déroger. Par ailleurs, lorsque quelqu’un devient le propriétaire de la lampe d’un Djinn, celui-ci obtient pour première priorité de protéger son maitre, quitte à souffrir pour lui.

-La douleur des chaines invisibles : Même si elles ne sont plus là pour le rattacher à sa lampe, elles demeurent comme un souvenir impérissable dans son esprit. C’est aussi la contrepartie pour être libéré de la prison du Djinn : désormais, utiliser ses pouvoirs est comme un poids, une douleur, une souffrance… variable selon l’utilisation qu’il fait de sa magie, Soliman souffre quand même quoiqu’il arrive. C’est peut être aussi l’une des raisons qui le pousse à ne plus vraiment en faire usage, en plus de la malédiction qui continue de peser sur lui. C’est un cercle vicieux duquel il doit s’échapper. Hélas, quand on est habitué à la magie, on a du mal à s’en séparer.


Miroir de l'âme

▌Description du caractère : Il est toujours difficile de définir le caractère d’un être qui aura vu le monde défiler sous ses yeux pendant des millénaires sans pouvoir vraiment s’y mêler. La première chose qu’on remarque chez Soliman, c’est son dépit et un air légèrement blasé. La vérité est que rien ne parvient à le surprendre. Ou presque. Il sait certaine chose à l’avance et à tendance à comprendre facilement le mental humain pour l’analyser et ne plus être étonné de quoique ce soit. Ce n’est pas véritablement conscient, mais les siècles à obéir à des Hommes lui ont apprit qu’il faut toujours se méfier d’eux. Ainsi, c’est un être observateur, malin voire même manipulateur au besoin. Mais il n’est pas maléfique. Une autre époque, un autre monde aurait sans doute dit le contraire sur lui, mais aujourd’hui, Soliman n’aspire qu’à une forme de paix égalitaire pour chacun. Il a vu trop de chose pour désirer la vengeance. C’est pour cela qu’on dit de lui qu’il est blasé, car rien n’a vraiment d’attrait à ses yeux sinon la liberté. Et maintenant qu’il la possède ? Il se sent sans doute perdu, désabusé et peut être même déçu.

Le Djinn est peut être ampli de déception, mais ça ne fait pas de lui un compagnon négatif à toujours broyer du noir. Si il y a bien une chose qu’on peut donner à Soliman, c’est sa capacité à accepter la Fatalité et l’utiliser pour peut-être la contourner. S’il reconnaît la force du Destin, il n’est pas homme à se laisser dominer par celui-ci. Le mal arrive, c’est une chose, mais il y a toujours une lumière de bien pour contrebalancer les choses. C’est ce qu’il croit, et de fait, il voit rarement le mauvais côté d’une situation. Optimisme en toutes circonstances ne serait pas le bon mot, chacun à connu ses mauvaises périodes, mais il n’est pas défaitiste et abandonne rarement.

Le passé lui aura connu un certain orgueil et une passion dévorante pour le pouvoir. Si le temps lui aura fait oublié cette dernière, il n’en reste pas moins quelqu’un de fier. Mais pour autant, ce n’est pas de la vanité mal placée, il sait où vont les limites de son talent et n’est pas narcissique au point d’arguer une quelconque suprématie. Mais Soliman est orgueilleux, assez pour son égo, assez pour ne pas froisser celui des autres. Le juste milieu en quelque sorte. On peut dire de lui aussi qu’il est plutôt sage et réfléchit. Cela peut cacher à l’occasion des tendances manipulatrice pour un désir quelque peut égoïste, mais le Djinn reste quelqu’un d’excellent conseil qui écoute toujours ceux qui en on besoin. N’allez pas le croire altruiste et bonne poire, c’est tout le contraire. Il y aura même souvent des intentions cachées derrières les actes de Soliman, qu’ils soient bons ou mauvais. Et s’il n’est pas lui même égoïste, il n’est pas généreux au point de donner son aide n’importe qui. Il s’est trop longtemps fait trainer dans ce genre de mensonge pour aujourd’hui laisser une naïveté d’antan lui pourrir sa liberté.

Bon vivant, généralement souriant et plutôt joyeux, Soliman n’est cependant pas quelqu’un que l’on peut qualifier d’homme de confiance. Ou du moins, tout dépend de la personne à qui il s’attache. Certains bénéficieront de sa bénédiction, d’autres au contraire seront les jouets de ses plans personnels. On ne peut pas le qualifier de bon ou de méchant, ce serait trop manichéens et loin de lui ressembler. Mais il reste un Djinn, et de ce fait, ils ne sont pas totalement honnêtes et franc. Soliman n’échappe pas vraiment à cette règle.

▌Aimez vous votre condition de monstre ? Il y a bien longtemps qu’il a cessé d’y songer. Plus qu’un Destin, c’est une Fatalité à assumer. Depuis le jour où il s’est fait enfermé dans une lampe magique, Soliman a accepté d’être ce qu’il était, un monstre mystique destiné à obéir aux ordres égoïste et vaniteux d’une humanité jeune et intrépide. S’il aime sa condition ? Il ne peut pas dire ce qu’il en est réellement. La magie et l’immortalité lui siéent bien, mais la contrepartie vient forcément avec. L’un ne peut aller sans l’autre. C’est ainsi et ça ne changera jamais. Et puisqu’il est un Djinn et qu’on ne peut réellement aller contre sa nature, alors il l’accepte. Le temps lui aura montré la sagesse de se contenter de ce que l’on a, et agir en conséquence pour améliorer sa situation.

▌Que pensez-vous des humains ? Question difficile. Soliman ne les déteste pas, ce serait un bien grand mot. Mais… il ne les aime pas plus que ça non plus. Il a rencontré beaucoup d’humains, obéit à beaucoup de maitres, et nombreux furent ceux à faire des promesses sans jamais les tenir. Combien de fois a-t-il entendu « je te libérerai après mon second vœu » avant d’exhausser le troisième qui n’était pas à son avantage ? Soliman trouve les humains particulièrement égoïstes et orgueilleux, désireux de pouvoirs et de richesses. Peu furent ceux à user de ses pouvoirs pour améliorer le monde… les vœux qu’il a eu a exhausser étaient toujours poussés par un besoin personnel, jamais pour le bien commun, jamais avec altruisme. Ou alors rarement… Si c’est le cas, il ne s’en souvient plus vraiment, ce temps est lointain, effacé à sa mémoire.

▌Êtes-vous bien intégré à la société ? Si oui, avez-vous un métier ? Et si vous êtes étudiant, qu'étudiez-vous ? Si vous ne faites rien de cela, que faites-vous ? Bien intégré à la société, ce n’est pas tout à fait vrai. Soliman a encore des expressions et des tendances qui ne collent pas avec la mode d’aujourd’hui. Il faut dire qu’avec les millénaires passés dans sa lampe, il n’a pas vraiment eu l’occasion de se tenir au courant des dernières tendances. Néanmoins, il a vite compris comment marchait le monde, et pas totalement idiot, il s’est rapidement trouvé un emploi à Dédroit. Engagé officiellement comme simple vendeur dans une boutique de vieux bibelots, il tient en secret un commerce un peu particulier connu par les monstres seulement, un genre de boutique à souhaits. Bien évidemment, le prix de telles réalisations n'est pas... négligeable.

Souhaitez-vous dévoiler votre véritable nature au reste du monde ? En un sens, oui. Soliman espère que les créatures et les monstres se révèlent et soient mis sur un pied d’égalité avec les Hommes. Il trouve assez injuste que chacun soient rétrogradés au silence pour le simple profit d’une humanité bien faible. Si Soliman espère mener une petite vie tranquille, il n’approuve pas pour autant le fait de rester silencieux et de ne pas agir. Alors si nécessaire oui, il révélerait sa nature au monde. Si cela implique de changer les choses en la faveur de chacun.

Quelles sont vos activités favorites ? Avez vous une passion ? Soliman est un très grand lecteur et apprécie aussi les jeux de stratégie. De là a dire qu'il s'agit d'une passion, il existe un monde entre ces deux conceptions. Le Djinn est quelqu'un d'assez blasé de la vie en soi, et on ne peut pas dire qu'une chose plus qu'une autre le transporte réellement. Il apprécie certaines choses, c'est vrai, goûte au plaisir des instants différents de son quotidien, mais rien ne le surprend ou l'attire réellement. Si l'on devait lui donner une activité favorite - admettons ce terme - ce serait sans doute méditer tranquillement au calme, un bon livre à la main et un narguilé pour se détendre.

Décrivez l'endroit où vous passez le plus de temps (une pièce chez vous, au travail, un endroit à l'extérieur, etc). Il serait normal de dire que l'endroit où Soliman a passé le plus de temps est l'intérieur de sa lampe. Bien évidemment, il n'apprécie guère celui-ci même si les années l'on obligés à s'y accommoder. Depuis qu'il est libre, il sort somme toute assez rarement. L'intérieur de sa boutique est un lieu calme et paisible, il s'y retrouve tranquillement et apprécie d'y rencontrer quelques rares clients.

Quel est le bien auquel vous tenez le plus ? Pourquoi lui accordez-vous tant de valeur ? C’est assez paradoxal, mais Soliman est particulièrement attaché à sa lampe bien qu’elle n’est plus d’utilité pour lui actuellement. Contrairement à ce que le nom semble indiquer, sa lampe est un magnifique bracelet d’or et de pierres précieuses, un ornement de roi qui avait du lui appartenir par le passé. Serti de jade, d’ambre, de rubis et de turquoise, finement taillé dans un or poli et richement sculpté, le bracelet à l’air aussi ancien et poussiéreux qu’il l’est réellement. Pour autant, Soliman ne le quitte jamais, bien trop attaché à celui-ci pour l’abandonner dans un coin de sa maison. Il faut le comprendre, cet objet représente en un sens toute sa vie, la seule attache qu’il lui reste à un passé lointain et révolu, enfuit dans les profondeurs de sa mémoire. Et même si cela représente aussi la prison qui l’a vu enfermé pendant des millénaires, il ne parvient pas à s’en séparer, c’est tout.

Qu'est-ce qui vous met le plus en colère ? Il y peu de choses qui parviennent à mettre Soliman en colère, mais il y en a une qui attise sa haine : la trahison. Soliman n’a que trop connu ce sentiment et cette déception qui a tendance à le faire sortir de ses gonds. S’il ne cède pas immédiatement à la rage flamboyante et bruyante, la froideur de ses réactions fait peur à voir et mettent souvent dans une ambiance lourde et pesante. Oui, la trahison est bien ce qui le met le plus en colère.

Quelle est votre plus grande peur ? Est-ce véritablement un secret ? Cela semble pourtant évident. Soliman redoute plus que tout de retourner dans sa lampe. Après tout, c’est une prison pour Djinn, et même si un vœu l’a libéré de ses entraves, rien ne dit qu’une nouvelle fois il ne prenne pas place dedans. C'était après tout le fruit d'une malédiction, celle-ci n'est peut être pas réellement terminée...

Que faites-vous pour pallier au stress ? Curieuse question. Et il est assez difficile d'y répondre puisqu'en soit, Soliman n'est pas quelqu'un de particulièrement stressé. Vous ne le verrez jamais se ronger les ongles, faire les cents pas, grogner dans l'attente ou dans la peur de quelque chose. D'un naturel calme et patient, il n'est pas celui qui doit s'en faire ou se stresser pour tel ou tel problème. Après tout, il n'était que le Djinn, celui à qui l'on donnait des ordres et qui, le reste du temps, attendait bien sagement. De fait, le stresse n'est pas une chose qui le touche. Peut être parfois quelques angoisses, mais rien qui ne passe pas avec le temps.

Quelle est la routine d'un jour normal pour vous ? Comment vous sentez-vous si cette routine est rompue ? Si cette routine est rompue, alors c'est un bon jour. Soliman aime les choses qui ne sont pas parfaitement linéaires où carrées, il apprécie les changements, les cycles qui tournent, qui trouvent un début et une fin. Le train train quotidien est une chose nécessaire, mais il est d'autant plus appréciable quand l'inattendu vient le quereller.
Néanmoins, la routine de Soliman est assez simple, il se laisse porter par le moment présent, dans le calme et la patience. Il se lève le matin et profite de sa liberté sans trop se soucier des conséquences. Enfin... tant que ce ne sont pas de grosses conséquences.

Vous aimez-vous ? (question d'amour propre) Il y a encore quelques millénaires, Soliman se détestait. Il trouvait sa présence dans ce monde intolérable et qu'il méritait le châtiment qui lui avait été infligé. Avec les années, il a calmé sa rancoeur contre sa propre personne, décidant de jouer d'humilité et d'accepter sa pénitence en améliorant les choses. Aujourd'hui, il voit encore bien des travers dans ce qu'il est, notamment sa malédiction qui le rend à ses yeux réellement monstrueux, mais de manière générale, Soliman n'est pas dénué d'une certaine fierté et d'un orgueil volontaire.

Listez trois choses  dans lesquelles vous vous considérez bon, et trois choses dans lesquelles vous ne l’êtes pas. Difficile de faire le choix dans les multiples possibilités et surtout de paraitre véritablement objectif... en l'étant vraiment, on pourrait dire que Soliman est doué pour :
-Exhausser les voeux des autres, ce qui en soi semble une évidence.
-Comprendre les gens.
-La résolution d'énigme.

A l'inverse, il y a surement bien des choses dans lesquelles le Djinn n'est pas vraiment doué, à commencer par :
-La gestion d'une maison ou d'un appartement. S'il n'avait pas la magie, Soliman vivrait dans une véritable porcherie et s'en accommoderait très bien...
-Tenir l'alcool.
-Être une véritable catastrophe avec la technologie moderne.

Quelque chose à rajouter ? Même s'il n'en fait pas étalage particulièrement, Soliman manie très bien les armes blanches. Autrefois il possédait un cimeterre d'une facture magnifique.
Soliman assimile par nature la langue maternelle de son maitre et la garde ensuite en mémoire. De fait, il doit bien connaitre une dizaine de langues, pour certaines mortes aujourd'hui. Vrai que ce serait pas pratique pour un Djinn de ne pas comprendre son maitre.

▌Physionomie : Certains inspire le respect par leur visage. D’autre l’admiration. Soliman est un peu de ceux là, car il est loin d’être un homme vilain à regarder. Pourtant, ce corps qu’il revêt aujourd’hui est celui qui appartient au passé, une apparence lointaine recherchée dans le fin fond de ces souvenirs. En ce temps là, il était courtisé bien plus pour ses richesses que pour la beauté de son regard. Celui-ci n’a pas changé, il est doux, franc et ne se détourne que rarement. Deux pépites d’un or profond, à la fois calculatrices et joyeuses. Bien des expressions passent dans ce regard, Soliman n’est pas de ceux pouvant cacher ses réactions. Un visage plutôt carré mais harmonieux vient entourer ses beaux yeux, teinté d’une peau finement hâlée. Encadré par une grande chevelure couleur prune lui tombant jusqu’au bas des reins, il n’est certainement pas vilain à voir.

Sa silhouette n’est guère surprenante, elle va avec son statut même si le commun des mortels l’ignore réellement. Loin d’être chétif, il aborde une musculature plutôt marquée quoique pas particulièrement voyante. Les muscles de ses bras souvent laissé dénudés sont de belles natures, ainsi que son torse finement sculpté.

Au niveau du style vestimentaire, on peut lui reprocher de ne pas être tout à fait au goût actuel de la mode. Mais il fait des efforts. Quand il est chez lui tranquillement, il n’hésite pas à se vêtir de la même manière que l’époque et le lieu qui l’a vu naitre. Des vêtements amples et richement brodés, d’un style plutôt oriental, accompagné de nombreux bijoux riches et d’une valeur inestimable. Quand il travail, il préfère se fier aux classiques qu’il a pu voir à la télévision.

Autre apparence : Il s’agit surement de la forme qu’on lui a le plus connu au cours des siècles. Pourtant, l’apparence du Djinn n’est pas très différente de l’enveloppe humaine qu’il s’est créé après coup. Le même corps bien taillé, seulement vêtu d’un pagne qui laisse à l’air libre son torse marqué de tatouages aux arabesques étranges d’un rouge de sang. Ses cheveux sont pris d’une teinte elle même pourpre et semble accompagnés de plumes de la même couleur, se fondant dans la masse de sa tignasse. Son front est marqué par deux petites cornes, le centre de celui-ci pourvu d’un troisième œil au regard de sang. Ses bras et ses jambes sont couplés à des griffes plutôt acérées et sa peau se voit presque vêtue de plumes qui prennent racine sous l’épiderme. Enfin, divers bijoux d’un or fin et clinquant viennent habiller son corps : boucle d’oreille, colliers, bracelets autour des poignets et des chevilles.

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MessageSujet: Re: Le pouvoir n'apporte ni la joie ni le bonheur ◊ Soliman Al-Tahim (En cours)   Ven 19 Fév - 16:01
Histoire

Naissance sur l’or du désert :



Chaque histoire trouve son origine en un lieu que l’on n’aurait parfois pas soupçonné. Je ne vous apprendrais rien en disant que l’histoire de Soliman n’est pas différente du schéma classique d’une autre. Mais puisqu’il est aujourd’hui question de lui, laissez moi vous raconter ce qui lui est vraiment arrivé et comment tout a commencé.

La date exacte est inconnue, mais l’histoire prend place dans ce qui est aujourd’hui toute la région du Moyen Orient. Imaginez un instant cette époque lointaine, ces lieux emprunts de mystères et de légendes, ces plaines sableuses s’étendant jusqu’à l’horizon et ce soleil de plomb écrasant sur votre visage des rayons avides et brulants. C’est sur ces terres qu’est né Soliman il y a plus de deux siècles. Lui même ne se souvient plus vraiment de ce passé, mais il se rappelle très bien du goût âpre de la nourriture et de l’eau brulante des oasis qui coulait dans sa gorge. C’était un temps de pauvreté et de difficulté. Son peuple était un peuple nomade, vivant du voyage et parcourant la terre en fonction des saisons et des prières aux dieux. Ainsi, le soleil avait mainte fois frappé sa peau et la lune mainte fois refroidit ses membres. C’était pourtant une époque lointaine, Soliman ne devait pas avoir plus de cinq ou six ans à bien y réfléchir. Mais cela représentait une période assez marquante de sa vie, et plus encore, c’est ce qui suivi qui fut un véritable bouleversement.

Les guerres arrivaient rarement. Puisque le pays n’était en soi gouverné par personne, les peuples nomades vivaient au gré des journées, généreuses ou égoïstes. Pourtant, il est arrivé bien des massacres lorsque deux clans ennemis se rencontraient et se disputaient le même oasis sans trouver le moyen de s’entendre et de partager. Ainsi, bien des morts furent laissés à l’abandon dans les entrailles du désert. Bien des amis et même de la famille disparurent. Et incapable de supporter encore et encore des pertes, Kassim Al-Tahim, père de Soliman se décida à agir. Il n’était pas plus bon ou plus mauvais qu’un autre. Mais il était jeune et avec lui demeurait un sordide espoir : la paix. C’était son vœu le plus cher et avec de nombreux efforts, des pertes conséquentes et des larmes de sang, il y parvint. A quel prix ? Telle était la question. Il faut savoir que toutes demandes ainsi exhaussées demandent une contrepartie souvent bien plus lourde qu’on ne le croyait. Pour Kassim, ce fut la vie de sa femme bien aimée et de ses deux derniers fils. Ne demeura que Soliman, bien jeune lui même, mais plus robuste que ne le furent ses frères, les malheureux.

Kassim Al-Tahim unifia ces terres, rassembla les différents clans et fit de ce pays une communauté soudée où les guerres et les oppositions n’existeraient plus. Pour beaucoup, c’était une utopie qui ne durerait pas. Et si ceux qui le pensaient eurent finalement raison, le règne du Roi Kassim ne fut pas totalement malhonnête et dénué de vérité. Son but d’origine était noble, soucieux d’une paix durable qui cesserait de briser des familles. Aujourd’hui, il créait un peuple sédentaire qui s’appuierait sur son prochain pour vivre, comme une entente normal, un échange simple… Et ce n’était pas une si mauvaise idée au fond… jusqu’à ce que la haine vienne à nouveau s’immiscer dans les cœurs. L’attrait du pouvoir attire inexorablement une certaine démence. Ou tout du moins était-ce le mal qui finit par ronger le Roi Kassim. Peu à peu, cet homme de bien sombra dans la noirceur, pour ne devenir qu’un homme tyrannique, égoïste et insensible. Son peuple souffrit de sa soif de pouvoir, beaucoup tentèrent de fuir, nombreux furent ceux à mourir en essayant.

On se souvint de ce Roi comme d’un homme mauvais, qui pourtant parvint à unifier son monde sous une même bannière avant de l’acculer et l’étouffer. Mais curieusement, on se souvint bien plus de lui que de son propre fils…

Sans doute vous demanderez-vous pourquoi ce long discours. Sachez que pour Soliman, cet homme qui fut surnommé avec le temps Roi des tyrans était son modèle mais aussi sa hantise. Le jeune garçon, propulsé prince sans qu’il ne compris vraiment comment, perdu sans sa mère et ses frères, n’avait plus que pour seule attache ce père que tout le monde avait fini par haïr. Le pire pour Soliman fut sans doute de se rendre compte qu’il haïssait aussi son père pour tout le mal qu’il faisait, mais qu’une part de lui était incapable d’aller à son encontre. Prisonnier de sa cage dorée, il ne pouvait qu’observer en silence un peuple qu’il aimait et avec qui il avait grandi se faire voler sa vie par la tyrannie d’un seul homme. Son père. Kassim.

« Ô Grand Roi, quand cela cessera-t-il ? Comptes-tu affamer ton peuple par le seul désir du pouvoir ? N’entends tu pas les gémissements et lamentations ? La famine gronde, je t’en prie Ô Grand Roi réfléchit. Rend au peuple l’or et la force que tu lui as dérobé pour qu’il puisse à nouveau s’envoler, rire et chanter. »

Prières vaines, elles n’accueillaient que refus ou silence. Les mots du fils n’avaient pas d’influence sur les décisions du père, et celui-ci quand il répondait d’une voix autoritaire ne laissait place à aucune contestation. La froideur avait empli son visage et les ténèbres enseveli son cœur.

« Silence Fils, tu ne sais pas de quoi tu parles. Le peuple ne connaitra la paix que par une autorité maintenue d’une main de fer. Leur état ne leur permet pas d’exiger colère auprès de son prochain, la guerre et les conflits sont écartés, n’est-ce pas là l’utopie que nous avons toujours désirée ? »

Paroles dénuées de sens sorties des lèvres d’un esprit fou et corrompu. Etait-ce une malédiction qui régnait sur l’or qu’on finissait par accumuler dans les profondeurs du désert ? Personne n’en sut jamais rien. Pourquoi le Roi Kassim avait-il sombré, lui qui avait été si bon et si sage par le passé ?

« Ô Grand Roi. L’amour a déserté votre cœur. »

Desséché par le sable et la solitude, le Roi avait pleuré trop longtemps la perte de ceux qui lui furent chers sans que jamais il ne se retourne pour s’appuyer sur son fils, le seul qu’il lui restait. Et ainsi Soliman en vint à le détester, car il n’était plus ce père qu’il avait aimé.

Le jeune Prince disparu alors du royaume de son père. La prospérité avait périclité pour laisser place à la pauvreté d’antan. Espoirs de bonheur et d’égalité envolés, il ne restait à ce peuple qu’à périr dans la misère dans laquelle elle était enfermée. Soliman parti loin, très loin. Il marcha peut être une quinzaine de lunes dans le désert, avec pour seule compagne la solitude. Et finalement, au bord de l’épuisement, il tomba sur eux : les marcheurs du sable, les Grands qui possédaient les secrets de ce pays. Leur légende était souvent racontée aux jeunes enfants peu sages qui ne souhaitaient pas écouter leurs parents. On disait d’eux qu’ils étaient des sorciers capables de fondre les sables pour former des entités magiques et puissantes, réalisant autant de miracles que de malédiction. Peut-être était-ce le Destin qui mena le jeune Soliman vers ce peuple craint et redouté. Pourtant, ces gens n’hésitèrent pas à lui venir en aide, voyant dans son futur ce que lui même ne pouvait encore percevoir.

Il demeura plusieurs années en leur compagnie. Elevé comme un de leur fils, il ne fut cependant pas mis dans la confession de leurs secrets. Ceux-ci devaient rester entre les mains de leur peuple, ce que le jeune Prince compris très bien. Jamais Soliman ne révéla son identité à ceux qui l’aidèrent et le prirent sous leur aile. Son seul désir ? Oublier sans doute, mais ce droit ne lui fut octroyé que pour un temps. Bien vite, le sceau du secret fut brisé, le chef de la tribu lui fit bien comprendre qu’il n’était plus temps de se cacher.

« Du Roi Tyran nous avons entendu parlé. Le peuple qu’il couve meurt de plus en plus de faim et sa soif de pouvoir le mène peu à peu à s’étendre sur des terres encore libres de sa tyrannie. Soliman, tu t’es caché de nous, mais nous savons bien qui tu es, Fils du Roi, Prince de ces terres. C’est à toi de t’élever contre lui pour le mener plus bas que terre.

-Je ne peux aller contre les choix de mon père. Il y a longtemps que je l’ai abandonné, pour lui aujourd’hui, je ne suis plus qu’un traitre. Jamais je ne pourrais y retourner. Et je ne le désir pas.  

-As-tu peur de ton père, Soliman ? Ou simplement peur de le tuer ? »

Un silence s’installa, pesant devant ce feu crépitant dans la nuit muette. Le jeune homme reprit, le malaise dans la voix, la souffrance dans le regard.

« Je ne peux tuer le Roi parce qu’il est pour moi encore un père.

-Mais n’es-tu pas courroucé par le traitement infligé au peuple qui te reviendra ? Toi qui n’es pas comme lui, tu dois te battre pour les gens qui comptent encore sur toi.

-Ils m’ont sans doute oublié.

-Mais toi les oublieras-tu ? »

Un nouveau silence, un silence de vérité.

« Soliman, nous t’aiderons à mettre fin au règne du Roi Tyran. Mais c’est à toi et toi seul de porter le coup qui le fera tomber du trône. Car c’est à toi que revient le droit d’être Roi.

-D’autres seraient surement plus à même de mener cette tâche.

-Tu ignores beaucoup de chose sur le Destin Soliman. Nous t’aiderons, aie simplement confiance. »

Le choix lui était-il laissé ? Pas réellement, mais les convictions du jeune homme s’étaient retrouvées amplifiées devant cette aide providentielle qui lui était tendue. Et prendre la place de son père, il le ferait. Quand bien même il s’était toujours convaincu de son impuissance face à cet homme qu’au fond de lui il aimait autant qu’il le haïssait. Plusieurs nouveaux mois passèrent, avec eux de nouveaux secrets qui ne seront pas révélés ici. Mais ils étaient tel un entrainement de choc pour le jeune prince destiné à défaire son père. Puis quand le glas sonna, il fut temps de repartir pour la cité du Tyran.

C’est accompagné que Soliman prit la route de son passé. Une jeune femme du nom de Zaga vint avec lui. Fille du peuple des Sorciers, elle était jeune femme capable et aventureuse, compétente et même très douée. Belle comme le soleil, sauvage comme le désert, à ses côtés, Soliman garda confiance en ses capacités. Et grâce à son aide, il parvint jusqu’à son père, prêt à le détrôner. Le chemin jusqu’à lui ne fut pas aisé, mais nul sang à ce moment ne fut versé.

« Ô Grand Roi qui unifia nos peuples, ton règne est terminé. Ta tyrannie aura eu raison de chacun au sein de cette ville. Abdique s’il te plait, rend à cette terre sa liberté.

-C’est ma place que tu souhaites, Soliman mon fils. Tu ignores tout, je te l’ai déjà dis, ta naïveté te perdra, enfant hypocrite. Je ne donnerais pas cette couronne, elle est mienne, c’est moi qui est fait de ce peuple ce qu’il est aujourd’hui. Ô mon fils si tu veux cette place, tu devras me la prendre. »

Incapable de tenir tête à son père sur l’instant, ce fut cette femme, Zaga, pleine de fougue répondit :

« C’est pourtant ce que souhaite l’avenir de ce monde. Le Destin prendra une vie aujourd’hui. Et ce ne sera pas celle du Prince. »

Le jeune Soliman sembla hésiter en regardant la lame qu’il tenait dans son poing. Le rire du père le fit reculer de quelques pas. La main de cette femme sur son épaule le poussa à continuer. Une impulsion, peut être magique, frappa pour lui, mit fin à cette vie entre ses bras. Le Roi Kassim n’était plus, son joug s’effondrait pour être rattrapé dans les mains ensanglantées de son fils.

« Ô Grand nouveau Roi, je ne te félicite pas. Soliman mon fils, je ris de ce Destin qui t’a choisi. Car tu es comme moi. Oui… comme moi. Tu finiras comme moi. »

Malédiction, prophétie ? Des mots qui s’encrèrent dans le cœur de Soliman tout juste couronné. Des mots qui seraient la première graine du mal qui viendrait à son tour le ronger.

Son règne commençait.

Au nom du père :



Dix années passèrent suite à la mort du Roi Kassim. Couronné dans le sang de son père, Soliman fit tout ce qui était en son pouvoir pour que son règne ne ressemble pas à celui de l’homme qu’on appela le Roi Tyran. Avec l’aide du peuple sorcier Maitres des Djinns, il fit de ses premières années dans le royaume un havre de paix et de douceur. Le peuple longtemps laissé sous le joug tyrannique de l’ancien Roi pu de nouveau respirer et vivre, chanter les louanges d’un nouveau cycle et d’un espoir naissant. Tout le monde acclama Soliman, jeune souverain sage d’à peine trente ans. Bien que le poids des erreurs de son père pesait toujours sur ses épaules et que les mots prononcés à sa mort ne l’avaient jamais quittés, il parvint avec force de sagesse et l’aide de Zaga à régner avec honnêteté et droiture. La nourriture et l’eau coulèrent à flot sous l’œil clément du désert. Les dieux avaient décidé que ce peuple pourrait vivre dans la félicité.

Mais pour combien de temps ?

Car le mal rongeait. Silencieusement, insidieusement, mais il était là, bien présent, comme la gangrène maladive pourrissant de l’intérieur les chairs et le cœur du Roi Soliman. Bien qu’il lutta longtemps pour ne pas y céder, avec le temps, ses humeurs commencèrent à changer. Lui si doux s’énervait pour quelques mots maladroitement prononcés. Sa générosité glissa vers l’avidité avare. Ce n’était que de simples détails, assez peu visibles et encore rare, mais Zaga, qui avec le temps avait fini par le connaître s’étonna de ces changements qui n’indiquaient rien de bon.

« Soliman m’écouterais-tu mon Roi ?

-Je suis toujours à ton écoute, ma chère Zaga. Que puis-je pour toi ?

-Tu es doux et sage Soliman, pourquoi parfois la colère terni t-elle les beautés de ton cœur ? Tu changes lentement, mais derrière ça, j’y vois quelque chose de permanent. M’écoutes-tu mon Roi ? Tu changes, comme Kassim le fit avant toi. »

Un grand regard, un étonnement palpable, un malaise naissant. Zaga, cette femme digne de toutes les sagesses et d’une grande gentillesse n’avait jamais hésité à parler directement sans jouer de détours inutiles. Son affection pour Soliman n’était pas un secret, et c’était bien pour cette raison qu’elle ne lui cachait pas cette vérité qu’elle décelait.

« Suis-je en train de devenir comme lui Zaga ? Un monstre sans cœur qui dévore les espoirs et désirs de son peuple ?

-Oh non mon Roi. Mais comme le fut celui avant toi, tu changes pour devenir plus froid. Combien de temps reste-t-il avant que les mots prononcés lors de son trépas ne ronge définitivement les chairs de ton esprit ? Pense s’y je t’en prie, tu vaux mieux que ça.

-J’y songerai, je te le promet. »

Un sourire doux, sincère. Une chose dont il était encore capable, mais Soliman savait que cette femme avait raison. Il le sentait, il le voyait, mais il ne pouvait rien faire contre la déchéance de son propre caractère. Comme une maladie, il se sentait sombrer dans ce mal qui avait dévoré son père avant lui. Le mal du pouvoir, le mal de la tyrannie.

Il fallut encore quelques temps avant que les choses ne sombrent réellement. Une nouvelle fois, Zaga vint voir Soliman, lui faisant part de ses craintes. Mais son accueil fut bien plus froid.

« Que veux-tu Zaga ?

-Ô mon Roi, mes mots ont-ils été si vides de sens pour que tu ne les entendes pas ?

-Au contraire, sorcière du désert, j’ai parfaitement compris ce que tu m’as déjà dit. Je suis las cependant de toutes ces inepties. Cesse tes critiques ou j’en finirai avec toi. Ta sagesse n’est visiblement plus aussi éclairée qu’elle le fut autrefois.

-Tu sais que je ne puis garder silence devant la déchéance qui se profil devant moi. Je t’en prie Soliman, n’agit pas comme lui l’a fait.

-Suffit ! Tu as assez parlé. Je n’ai plus besoin de toi Zaga, je vais te demander de partir.

-Mais mon Roi…

-Je ne me répéterai pas. Part Zaga. »

Peut-être qu’un cœur se brise. Deux même, sans doute, bien que la glace venue prendre celui de Soliman l’empêche d’y voir le mal qu’il s’inflige à lui même et à cette femme qu’il a aimée. La tendresse de leur regard n’avait laissé de doute à personne au sein de cette cour. Elle avait été sa plus fidèle alliée, une amie jusqu’à devenir l’être qu’il chérissait. Puis vint le mal qui ronge, un mal que la sorcière haït du plus profond de son être… tout autant qu’elle se détesta de ne pouvoir rien faire pour l’homme qu’elle aimait. Ainsi se terminait cette histoire qui mourut avant de naitre.

Elle partit alors, retournant à son peuple pour ne jamais revenir. Du moins, c’est ce qu’elle croyait.

Soliman, dévasté sans le savoir, laissa la colère grimper dans son cœur, l’amertume tenir ses songes, la culpabilité froisser son esprit. Des ces sentiments naquit la tyrannie. Puisqu’il n’avait su saisir ce bonheur si proche de lui, comme son père avant lui ayant perdu ce même bonheur, alors il tomberait dans le mal absolu de l’avidité. Seul le pouvoir, croyait-il, serait à même de le satisfaire, de l’épancher.

Grave erreur que d’imaginer le pouvoir digne de combler les vides laissés par un cœur brisé. De ce jour là jusqu’à sa propre déchéance, Soliman changea. Comme l’avait prévu Zaga, la douceur se mua en terreur, la justesse et tyrannie, la sagesse en vanité. On pensait que le Roi Kassim était le pire d’entre tous, mais son fils n’était guère mieux. Le mal qui en vint à le ronger lui fit faire des choses qu’il réprouva pour les siècles à venir. Un monstre à forme humaine, dévoré par l’avidité du pouvoir et de la richesse, trompé par ces joyaux qui semblaient réchauffer une âme morte et solitaire. Peu à peu, le peuple fuit la terre unifiée. Ceux qui fuyaient mourraient dans les pièges du désert, les autres, trop apeurés restaient auprès de se Roi qui les étouffait.

Et puis, comme pour son père avant lui, il entendit parler de la tribu des sorciers venir en aide aux réfugiés enfuis de la cité. Mais peu désireux de connaître le même sort, il prit le devant, ce qui se révéla être sa plus fatale erreur. Anéantis. Disséminés. Brulés. Détruit. Il ne resta plus rien de ce peuple fier et brave, dont la vie fut arrachée par les soldats obéissants du Roi. Il ne resta rien, sinon une femme, sinon Zaga. Zaga qui serait sa perte. Zaga qui serait la pierre de la vengeance. Zaga qui serait sa malédiction. Soliman le savait, il l’avait compris. Et il eut beau se terrer dans son palais pour éviter de ne jamais la revoir que nul ne fut suffisant pour l’arrêter. Quand elle arriva devant lui, les larmes séchées sur ses joues émaciées, sa voix résonna avec le courroux de la colère et de la rancœur.

« Ô Roi. Grand Roi. Monstrueux Roi. As-tu vu le mal que tu as fait ? Te rends tu compte du mal et des tourments que tu as engendré ? Je ne te pardonne pas, Soliman. Toi qui fus mon ami, toi que j’ai aimé, je te maudis pour avoir tué tout ceux qui un jour pour moi ont comptés. Je te maudis oui, pour des siècles… des millénaires… non, une éternité. ROI ! M’entends-tu ? Je vais te maudire comme jamais personne n’à maudit quelqu’un. Qu’importe le sang de mes ancêtres que je vais souiller, qu’importe le mal qui naitra de mes plaies, je te maudis, Soliman qui n’a su s’arrêter, Roi dont l’or fut plus important que l’amour. Roi, comme ton père, tu n’as qu’un cœur de sable. »

De sa main, elle trancha son poignet, laissant gerber au sol une mare de sang qui bientôt s’anima de milles éclats sous mélopées d’une voix saccadés. Ce ne fut rien quand d’entre ses doigts, une flamme éclata, d’abord douce et sautillante, bientôt ardente et violente.

« De mon sang, je t’enchaine à la servitude d’un maitre toujours plus grand que toi. Tu fus le Roi, tu tomberas bien bas. »

Le sang étalé sur le sol sembla alors poursuivre une route vers Soliman, tétanisé par la scène qui sous ses yeux se déroulaient. Pas une fois il n’avait été capable de prononcer un mot, une parole. Car il savait… il savait que rien ne pourrait l’arrêter. Que la punition cette fois là était méritée. Trop tard… il était bien trop tard pour s’en rendre compte.

« Des flammes, pour bruler ce corps de chair impie. Tu renaitras des cendres et du sable, car ton cœur est à l’image du désert, solitaire et aride. »

Souillé par le sang, il vit alors arriver vers lui le feu invoqué par la sorcière, qui sans crier gare attaqua la peau et les os du Roi. Les flammes léchèrent sa chair, dévorèrent son corps. Et alors qu’il sentait son corps s’effondrer petit à petit dans le brasier, sa conscience elle continuait de souffrir des milles tortures engendrées.

« Zaga…

-SILENCE, ROI ! Ma vie, une âme pour contraindre la tienne. Te voilà Soliman détruit de toute ton humanité, car jamais tu ne le fus, tu as préféré t’en détourner. Ainsi te voilà maudit, Roi tu deviens servant, Djinn tu es, attaché à jamais tu seras. »

D’un corps fumant de flamme et de cendre se releva Soliman. Différent, changé à jamais. Son corps n’était plus qu’un léger mélange de braise et de sable, caché sous la peau factice d’une chair tendre. Il n’était plus humain, il le savait. Et des chaines invisibles semblaient désormais l’entourer. Investit d’une grande force, gonflant son cœur de sable, il semblait resplendir de puissance, soutenu par le poids d’une maillon de fer déposé sur ses épaules. Dans les mains de Zaga, un splendide bracelet, lequel il lui avait été offert par Soliman peu après qu’il fut couronné Roi. C’était un cadeau.

« Tu voulais la puissance, celle-ci réside désormais en toi. Mais c’est pour les autres que tu en disposeras, et non jamais pour toi. Telle est la première malédiction que je te fais Soliman. Tu apprendras que la magie implique toujours un coup, rien n’est gratuit, et surtout pas pour toi, c’est là la seconde malédiction que je fais peser sur toi.

-Est-ce donc là toute la haine que tu as pour moi Zaga ?

-Je n’ai pas terminé, Ô Roi. Avant que je ne m’éteigne, toi qui est un Djinn, moi qui suis ton premier maitre, je t’ordonne de m’exhausser un souhait, le seul que j’aurais à t’adresser. Je veux que tu effaces ce royaume des mémoires. Sa naissance, ses deux règnes successifs, la folie, la misère, tout cela doit disparaître. Jamais l’histoire ne se souviendra de toi, Soliman. C’est la troisième malédiction que je te donne. »

Et il fut obligé de s’exécuter, car telles étaient les règles d’un Djinn et des chaines qui désormais pesaient sur lui. Ainsi, c’est l’histoire de toute une vie, d’une utopie, d’un chemin malheureux qui fut effacé par le souhait de Zaga. Elle mourut l’instant d’après, ayant offerte les derniers souffles de sa vie pour emprisonner le Roi à jamais. Quant-à Soliman, enfermé dans le bracelet jusqu’à ce qu’un nouveau maitre ne vienne à lui, il attendit.

Son voyage ne faisait que commencer. Et avec lui, les serments de Zaga pour le détruire à jamais.

Le cœur à ses raisons que la raison ignore – transgresser une règle :



Combien d’années ? Combien de décennies avaient pu s’écouler ? Passer de main en main, de maitre en maitre, tel un serviteur, obéissant sans sourciller… le compte lui avait échappé depuis longtemps, pas que cela l’avait intéressé une première fois cela dit. Soliman n’était qu’une ombre, un Djinn destiné à servir sans distinction, une entité de loyauté parfaite qui jamais ne transgressait les règles que sa nouvelle condition lui avait imposé. Il avait eu vite fait de les apprendre dès ses premières rencontres. Tel un instinct le guidant, lorsque son maitre l’appelait pour la première fois, une phrase toujours résonnait entre ses lèvres :

« C’est un honneur pour moi de te rencontrer, cher Maitre. Je suis un Djinn, mon devoir est de te servir. De trois vœux tu disposes, tout ce que tu souhaites, tu peux l’avoir. L’impossible n’est pas permis tant que cela ne va pas au delà des trois lois qui persistent au dessus de moi : Je ne tuerais pas pour toi, je ne ferais pas revivre les morts pour toi et je ne guiderais pas le cœur d’un autre pour toi. Mais ordonne Maitre, et j’exhausserai tes souhaits. »

Un a un ils avaient ordonnés. La richesse, la gloire, le pouvoir, la vie éternelle… parfois des choses farfelues, d’autres superflues. Rien qui ne paru aux yeux de Soliman digne d’intérêt. Plus il voyait les Hommes et moins il les appréciait. Curieusement, il avait presque fini par oublier qu’il en avait été un. Puisque son chemin avait fini sur la pente du déclin, tel un monstre sans cœur et sans scrupules, il avait cessé de ce voir comme un homme autrefois. Il se disait que finalement, l’Humanité n’était pas loin de ce qu’il avait été. Peut-être était-ce pour ça d’ailleurs qu’il ne les appréciait guère. Ils lui rappelait trop ce fut, ce qu’il a été et ce qu’il aurait pu continué d’être si Zaga ne l’avait pas arrêté. La Guerre, la folie des hommes pour le pouvoir faisait rage dans bien des contrées, toujours poussé par l’avidité maladive… il n’avait pas été le seul à succomber à ce mal. Mais bien l’un des seuls à en être puni…

« Soliman, à quoi penses-tu quand les jours vont mal ? »

Une petite voix fluette, celle d’une enfant, avait posé cette question alors que sous le couvert d’un vieil abris de fortune, lui et sa jeune maitresse attendaient que la pluie cesse. La question, il ne l’avait pas vu venir et il devait avouer que cette demoiselle arrivait toujours à le surprendre. C’était la première fois que sa lampe tombait dans les mains d’une pauvre enfant de rue et de surcroit si jeune. Tamie ne devait pas encore avoir dix ans, elle était faible et fragile, particulièrement naïve mais d’une grande gentillesse. Les précédents maitres qu’il avait eu n’avaient pas tant fait preuve de sympathie à son égard, beaucoup (pour ne pas dire tous) avaient usé de leur vœux dans leur seul intérêt et une fois les trois réalisés, la lampe s’étaient éclipsée de leur main pour aller dans une autre.

« Je pense aux jours sombres que j’ai connu, et je me dis qu’un jour mal n’est pas si grave finalement. »

L’enfant eut l’air de songer, déçue sans doute de cette réponse suintant la tristesse et le dépit. Il ne pouvait lui retirer cet état de fait : Tamie était une optimiste. Malgré sa situation plus que misérable, à vivre dans les bas quartiers de la ville, elle n’en restait pas moins souvent joyeuse et gardait le sourire. Elle avait déjà usé de deux vœux jusqu’à présent. Deux vœux qui n’avaient pas manqué de surprendre le Djinn.

« Que souhaites-tu, Ô mon Maitre ?

-Je veux que tu sauves ma maman de la maladie. Elle tousse, elle crache et elle ne se lève plus. Dis-moi que tu peux la guérir, génie ! »

Le Moyen Age européen n’était pas connu pour apprécier outre mesure les manifestations magiques et autres sorcelleries du genre. Beaucoup de possesseurs de la lampe du Djinn à cette époque avaient balancés l’objet loin de leur vue par peur de déclencher l’ire du divin. Cette enfant pourtant avait préféré se faire foudroyer par une quelconque colère divine que de laisser sa mère mourir. Ce premier vœu, le Djinn lui avait accordé non sans mal. Sauver des vies n’était pas interdit, c’était seulement couteux. Les Maitres oubliaient souvent que la magie avait toujours un prix à payer, les conséquences finissaient toujours par leur retomber dessus. La mère de l’enfant avait survécu à ce mal une année de plus. Hélas, le temps reprit son cours et la faucheuse lésée une première fois ne tarda pas à reprendre la vie qu’elle avait laissé échapper une première fois. Elle mourut dans son sommeil, sans souffrance ni cris, seulement emportée par un souffle de vent.

« Je suis toute seule maintenant…

-M’en veux-tu Maitre de n’avoir pu la sauver ?

-Tu aurais pu ?

-Seulement si tu me l’avais ordonné. Mais parfois, on ne peut que repousser la mort. La vie humaine est aussi fragile qu’éphémère.

-Que vais-je faire maintenant ? »

Des larmes avaient commencé à couler sur les joues roses de l’enfant, déjà rougies par de précédents pleurs. Les sillons se creusaient sur son visage et rien, non rien ne semblait pouvoir les arrêter. Soliman ne pensait plus être capable de ressentir de la peine, de l’empathie et de l’affection. Persuadé que son cœur était de sable, maudit pour de telles raisons, il avait abandonné tout espoir et toutes pensées sur des possibles sentiments venant de sa part. Pourtant, il se trouva ému et désolé de voir son jeune Maitre dans un tel état de détresse. Sa main doucement s’était posée sur la tête de l’enfant qui sans attendre vint se blottir contre la créature du désert, moins humaine qu’étrange, mais dont la monstruosité n’avait guère l’air d’effrayer Tamie. Alors Soliman la laissa pleurer contre lui, la berçant doucement pour la calmer. Et quand enfin les larmes se tarir, un second vœu fut prononcé.

« Soliman, je souhaite que tu restes avec moi jusqu’à ce que je rejoigne ma maman. Ne m’abandonne pas s’il te plait. »

Le vœu avait paru étrange aux yeux du Djinn. Puisqu’il était de son devoir de veiller sur son Maitre, il n’avait jamais eu l’intention de l’abandonner jusqu’à ce que les trois vœux soient prononcés. Il compris néanmoins que la demande n’était pas de cet ordre là. Elle avait besoin de quelqu’un. Plus que d’un protecteur, elle voulait quelque chose de semblable à un ami… un frère… un père.

« Ce vœu t’es accordé, mon Maitre. »

Sa forme physique avait reprit celle d’un humain lambda, cette même apparence qu’il avait porté autrefois avec fierté. Non qu’elle lui fasse horreur aujourd’hui… mais elle avait tendance à lui rappeler de bien tristes souvenirs. Mais soit, il avait besoin de cette apparence pour veiller sur elle. Ce qu’il fit, car tel était le vœu de son Maitre, telle était sa volonté.

Et bien qu’il ne n’avait jamais osé l’avouer, Soliman s’était prit d’affection pour cette enfant.


« Quand les jours vont mal, je pense aux jours meilleurs que j’ai vécu et je me dis qu’il y a toujours moyen d’arranger et d’embellir les choses. »

Un petit sourire d’enfant, une naïveté palpable et presque détestable aux yeux si sérieux de Soliman. Un léger soupir traversa ses lèvres.

« Une façon bien naïve et stupide de voir les choses. »

Un autre rire d’enfant, elle s’était blotti contre lui en attendant que la pluie passe. Mais il sembla presque qu’au son de sa voix, une éclaircit se fit.

Comme elle l’avait souhaité, Soliman était resté à ses côtés. En tout temps, à chaque instant, quelques soient les jours difficiles ou bienveillants, il veillait sur Tamie toujours avec ce regard protecteur. Bien des choses étaient arrivées, trop peut-être quand l’on considère la faiblesse d’une simple vie humaine. A noter qu’elle vécu sans doute plus longtemps que ce que le Destin lui avait réservé à l’origine, avec un Djinn à ses côtés. Doux gardien de sa vie, condamné à la préserver, mais un vœu qu’il avait fini par consentir. Parce que Soliman en était venu à l’aimer, cette petite. Non avec l’amour passionné d’un homme pour une femme qui n’avait cessé de grandir et de se former. Mais avec un amour familiale fort et solide, loyal et serein. Une curieuse relation était née entre eux, une relation que Soliman n’avait jamais vécu, pas même dans cette autre vie qu’il désirait plus que tout effacer de sa mémoire. Tamie avait su lui montrer de bien belle chose, lui rendre quelques espoirs pour l’humanité qu’il n’affectionnait guère. Elle était vivante, pleine de vie malgré le Destin s’acharnant sur sa chance et sa situation. Pauvre, elle l’était et rien ne semblait vouloir changer cet état de fait malgré tous les efforts qu’elle mettait dans ses actes. Elle aurait pu souhaiter une meilleure situation, plusieurs fois Soliman s’était attendu, dans les jours de désespoir, à la voir quémander le dernier souhait qu’il lui restait. Mais jamais elle ne le fit, elle resta pure et forte, consciente que les choses obtenues par l’abus n’étaient qu’une illusion passagère qui finirait par s’évaporer dans un souffle de vent.

Jusqu’à ce que le cœur vienne jeter son grain de sable dans l’engrenage machinalement orchestré  d’une vie.

Le cœur. Une chose que Soliman n’osait même plus comprendre avec les siècles. Une chose qui lui avait fait trop de mal, qui avait été la pierre branlante de l’édifice de son existence. Il avait fini par comprendre que ce même cœur était la cause de bien des tourments chez l’Homme, une erreur guidant à la déchéance. Et bien qu’il le remarqua, il ne put rien faire pour en préserver sa cher maitresse du Destin qui l’attendait. Etait-ce sa faute d’avoir cédé aux caprices innocents, au regard suppliant d’une enfant qu’il aimait ? Sans doute avait-il bien des choses à se reprocher… mais Soliman n’était que le Djinn, il n’était qu’un être destiné à obéir. Et lorsqu’on lui ordonnait, il se devait de s’exécuter.

Sauf en ce qui concernait les trois lois immuables qu’on ne devait briser.

Mais c’est bien souvent l’interdit qui donne envie de désobéir. Et pour l’amour qu’il avait donné à Tamie, refuser ce dernier vœu lui était bien difficile…

« Je t’en prie Soliman, c’est la seule et dernière chose que je te demande !

-Je te l’ai dit… je n’ai pas le droit de contraindre le cœur d’un autre, c’est impossible.

-Non ! Rien n’est impossible, surtout pas pour toi et tu le sais très bien ! J’ai besoin que tu exhausses mon vœu. Je t’en prie… pour moi. »

Combien de fois avait-il fait face à ce regard larmoyant et suppliant, une demande venue du fond du cœur mais que le Djinn savait souillé par le désir du pouvoir. L’amour disait-elle… oui l’amour. Oh Tamie était belle et bien amoureuse. Un homme beau, un homme bon. Et surtout, un homme riche, un homme de pouvoir. Ce n’était pas cet attrait qui l’avait fait une première fois tourner les yeux vers lui, mais bien vite, un sentiment noir et impie commença à pourrir son cœur. Ces mêmes meurtrissures que Soliman avait connu dans cette autre vie, si lointaine et qui pourtant se rappelait à lui sans cesse. Plus il regardait son Maitre, et plus il constatait la déchéance. Dans ces conditions, pourquoi lui accorder un vœu pourtant interdit ?

Parce que le cœur avait parlé pour lui. Ce cœur qui devait être fait de sable et de pierre, fondu dans les flammes de l’égoïsme, solitaire comme le désert… mais telle était aussi la malédiction de Zaga, celle de vivre mais d’obéir. De regarder le monde petit à petit se corrompre par le désir et le pouvoir.

« Si je t’accorde ce souhait, qu’en feras-tu ?

-Je vivrais heureuse avec lui ! Je ne serais plus la pauvre petite paysanne vivant dans les taudis…

-Ne souhaitais tu pas progresser grâce à tes actes ?

-Le Destin ne le veut pas, alors je le forcerais. Si je t’ai un jour eu en ma possession, c’est pour qu’un jour tu m’accordes ce coup de pouce tant attendu, j’en suis certaine. Je ne suis plus la gamine que j’étais, et j’aime cet homme, je veux qu’il m’apporte ce que j’ai toujours désiré. Et toi, tu peux m’ouvrir cette porte, Soliman. »

Ces mots… il croyait presque les entendre sortir de sa bouche, comme si cet autre lui les avait un jour prononcé, d’une manière différente mais le fond était lié. Maudire le Destin… cela semblait si simple. Aller contre lui, c’était une autre affaire, et le Djinn le savait.

Pour elle, pour toute l’affection qu’il lui portait, pour ce Destin qui toujours oeuvrait, il accepta finalement de céder. Car le cœur est faible. Il est si facile à contrôler…

« Je vais t’accorder ce souhait, maitre. Mais n’oublie pas, si le Destin est repoussé, il trouvera toujours un moyen de te contourner. Une telle demande n’est pas sans conséquences. »

Et comme lui autrefois l’avait parfaitement ignoré, Tamie exigea de continuer sur cette voix. Son vœu lui fut accordé. Cet homme riche, beau et plaisant s’était vu contrôlé, son cœur prit dans un étau interdit destiné à le diriger vers une autre. Bientôt son regard se tourna vers la jeune femme, et sans s’attarder sur les détails, ils finirent par s’aimer et en dépit des convenances se fiancèrent et se marièrent.

Mais une telle demande n’est pas sans conséquence.

Ainsi l’avait t-il, ainsi l’avait-il prédit. Soliman, aussi coupable que Tamie pour avoir exhaussé ce souhait se retrouva plongé plusieurs mois dans une indescriptible souffrance. Des maux qu’il n’avait jamais connu, pas même lorsque sa peau et sa chair avaient brulées lorsque Zaga l’avait maudit la première fois. Il n’y avait pas de mot pour définir la souffrance, et chaque seconde avait un gout d’éternité. Lorsqu’enfin sa punition pour avoir dérogé aux trois lois immuables fut terminée, il apprit une nouvelle qui, si elle ne le surprit pas, le laissa dans une profonde tristesse. Le mariage de Tamie et de cet homme avait été placé sous un profond doute et les mois passants, les gens avaient fini par accuser la jeune femme de sorcellerie. Ce qui n’était pas tout à fait faux. Ce jour là, un tribunal inquisiteur – quelle stupidité de la chrétienté – avait mit sur le bucher la jeune femme incapable de se défendre, accusée de tous les maux de cette terre sans raisons aucunes. Et alors que les flammes commençaient à dévorer le corps de celle qui dans cette ère fut sa maitresse, Soliman l’accompagna dans le dernier souffle de sa vie, comme l’exigeait le second souhait qu’elle avait, il y a de cela dix ans, prononcée.

« Ne te l’avais-je pas dit Tamie, que le Destin se moque bien du détour prit dans un chemin ? »

Et finalement, celui-ci se trouve être souvent bien cruel. Mais qui peut réellement prétendre l’arrêter. Pas Soliman en tout cas qui n’avait le pouvoir que de le retarder. L’immuable finit toujours par repasser. Et tandis que les cendres éparpillaient les restes du cadavre de la jeune femme, Soliman fut rappelé dans sa lampe, prêt à de nouveau servir un autre maitre.

Le poids de l’amitié et de la trahison – transgresser les deux autres règles :

A partir d’ici, je vais reprendre le récit et vous expliquer clairement les grands moments de ma vie. Comme vous l’aurez sans doute remarqué, ce n’est pas une histoire particulièrement drôle, mais cela dit, elle n’est pas particulièrement épique, aventureuse ou que sais-je encore. Chaque instant que je vais désormais vous conter est inscrit dans ma chair comme une marque laissée par un fer rouge chauffé à blanc. Laissez moi alors vous raconter une époque lointaine, mais qui au fond ne l’est peut être pas tant que ça.

La première histoire se passe il y a de cela… oh je dirais bien quatre ou cinq siècles. Il faut me pardonner, la mémoire me fait parfois défaut et je dois reconnaître que cette histoire ne reste certainement pas dans les meilleurs moments de ma vie. A vraie dire, je ne crois pas avoir de très beaux moments à raconter… mais c’est autre chose. Nous nous situons donc au 16ème ou 17ème siècles, en Europe. A Londres. Ou peut-être était-ce Paris… ? Je vous avoue qu’en plus de l’histoire, la géographie n’est pas mon fort. Mais pardonnez moi, je divague. Ainsi donc, je prenais place à nouveau dans les mains d’un énième maitre. C’était un homme, plutôt jeune, il n’avait pas encore passé les vingt ans et sa situation était des plus convenable. Fils d’un noble reconnu par la couronne, ami de sa Majesté et plutôt bien loti en plus d’un physique avenant. En bref, un garçon comme j’en avais rencontré des centaines. Fier et arrogant, mielleux et vaniteux du nom qu’il portait et du pouvoir qu’il était capable d’exercer. Le croyait-il du moins. Mais le fait est que lorsqu’il tomba sur ma lampe, devenant le nouveau maitre du Djinn, ses désirs que je croyais nombreux furent au contraire bien risibles quand je comparais aux demandes qui par de nombreuses fois m’avaient été demandé. Nulles envies de richesse et d’abondance, de pouvoir et de puissance, de luxure et de gourmandise. Rien de tout cela, et il fallut plusieurs longs mois pour qu’il se décide un jour à prononcer son premier souhait. Adam, tel était son nom, ne manqua pas de me surprendre à bien des reprises, et ce n’est pas pour rien qu’il fait parti des souvenirs les plus marquants que j’ai.

(En cours)

Ce monde admiré par des yeux libres – faire un choix :




Et vous êtes ?
Pseudo Panteraa

Age 21 ans

Comment vous êtes vous retrouvé sur DM ? Grace à une amie qui m’a demandé de venir pour jouer avec elle :p

Personnage sur l'avatar : Sinbad de Magi

Un mot de la fin, une suggestion ? Nope rien de particulier.
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MessageSujet: Re: Le pouvoir n'apporte ni la joie ni le bonheur ◊ Soliman Al-Tahim (En cours)   Ven 19 Fév - 17:05
Heya, welcome to you <3
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MessageSujet: Re: Le pouvoir n'apporte ni la joie ni le bonheur ◊ Soliman Al-Tahim (En cours)   Ven 19 Fév - 20:19
Ma Biquette de mon Coeur <3 Roh, comme on va s'amuser !
J'adore te lire... comme toujours <3
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Chillin (admin)


Merci Alec pour ce magnifique dessin *-*

▌Espèce :
Nixe — Transformation en ondin — Charme par la voix (non maîtrisé) — Sensible aux chocs thermiques — Déshydratation rapide — Régénération aquatique.

▌Messages : 617
▌Double(s) Compte(s) : A venir :booty:

MessageSujet: Re: Le pouvoir n'apporte ni la joie ni le bonheur ◊ Soliman Al-Tahim (En cours)   Dim 6 Mar - 22:34
*8 000 ans de retard plus tard*

BIENVENUE SOLIMAN ! Un Djinn, c'est génial, d'adore les Djinns *-* En tout cas, courage pour ta fiche que tu as déjà pas mal avancée à ce que je vois ! Si tu as besoin de quoique ce soit, n'hésite pas à MP ♥


DON'T LET THE WATER DRAG YOU DOWN
©️ okinnel


incredible:
 
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MessageSujet: Re: Le pouvoir n'apporte ni la joie ni le bonheur ◊ Soliman Al-Tahim (En cours)   Lun 7 Mar - 8:33
Welcome ici, Soliman ♥



they say dragons never truly die
she's free in her wildness, she's a wanderess, a drop of free water. She knows nothing of borders and cares nothing for rules or customs. 'Time' for her isn’t something to fight against.
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Chillin
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▌Localisation : Juste derrière toi, chaton...
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MessageSujet: Re: Le pouvoir n'apporte ni la joie ni le bonheur ◊ Soliman Al-Tahim (En cours)   Lun 7 Mar - 10:48
Well, ta fiche est un pur régal. J'adore Soliman, et j'aime beaucoup comment tu t'es approprié du mythe. *Q*
Et puis... nan, les personnages torturés, y a pas à dire je les adore. *w*

Bienvenue ici, sweetie. ♥♥o♥♥
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I dream of you amid the flowers
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Such a beautiful day
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MessageSujet: Re: Le pouvoir n'apporte ni la joie ni le bonheur ◊ Soliman Al-Tahim (En cours)   Lun 14 Mar - 12:59
Bienvenue à toi!
Ton perso est absolument bad-ass + fabuleux.
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MessageSujet: Re: Le pouvoir n'apporte ni la joie ni le bonheur ◊ Soliman Al-Tahim (En cours)   
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Le pouvoir n'apporte ni la joie ni le bonheur ◊ Soliman Al-Tahim (En cours)
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