Depuis la nuit des temps, l'Homme se pose une même question : sommes nous vraiment seul ?
Que ce soit sur terre ou bien ailleurs, dans l'au-delà, l'être humain à souvent chercher des réponses sans jamais en trouver. En quête d'une chose qui serait son égal, un être qui lui serait supérieur, un modèle, peut être, ou encore un ennemis, ses recherches, hélas, ont toujours étaient vaines.
Années après années, siècles après siècles, de nouvelles questions étaient soulevées, mais toutes restaient sans aucune réponses et ce malgré les incessantes recherches, les gigantesques et terribles inquisitions et les nombreuses battus. L'ignorance reignait.
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[Sujet Libre] Ain't nothing to do
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MessageSujet: [Sujet Libre] Ain't nothing to do    Ven 25 Mar - 1:19
Les gens étaient ravis de sortir et de pouvoir de nouveau ré-apprécier des températures plus appréciables, malgré la froideur plutôt générale du climat non-météorologique. C'est le genre de choses qui arrive tout les ans, pour la fin de la déprime hivernale je veux dire, mais que je re-découvrais totalement, ici.

Après avoir enfin repéré où se situait le magasin de tatouage, je décidais de consacrer cette après-midi à une promenade seul ( synonymes: errance et ennuis) dans les quartiers connus de Detroit, comme j'en avais pris l'habitude. Mon sac à dos du lycée remplis de conserves de légumes à bas prix et les tibias en marmelade, je comptais aller donner ma lettre, puis rentrer en croulant littéralement sous trois kilos et demi. Contacter mon "contact", et passer au jour suivant. Vivement.

Il n'y avait plus personne, apparemment. Je me demandais comment le seul shop du coin avait pu mettre la clef sous la porte avec la demande actuelle. Je me demandais si je pourrais être un jour, dans un futur proche, derrière ces murs, derrière le bureau de l'entrée, ou au sous-sol et être une personne intégrée. Je me revoyais m'arrêter net, et ne savoir pas quoi faire ni de mes bras, ni de ma chemise cartonnée bleue, ni de moi-même tout entier. Je ne savais pas quoi penser des trois heures que j'avais passée à écrire une lettre écrite à la sueur de mon front, sur une feuille de papier impeccable dans un anglais impeccable, dans laquelle j'expliquais de manière conventionnelle mais avec une fantaisie sobre dans le choix des adjectifs qualificatifs, que j'aurais voulu être son apprenti, aka le coller pendant deux ans aux baskets comme un chiot perdu, lui demander de m'apprendre au mieux en échange de ma présence utile et aussi productive qu'il le faudrait, à titre gratuit. Je repensais à tout ça, il était 23h 40 la dernière fois que j'avais ouvert le clapet de mon téléphone, surement midi-quelques-chose d'hier la dernière fois que j'avais ouvert mon clapet tout court.

Maintenant, je pense très fort à ce que quelqu'un vienne pour me divertir en attendant que le "facteur" arrive. Je commence à manquer cruellement de distraction, j'ai refais le tour de ma journée, déjà, de mes pensées de la journée, en un éclair de deux ou trois quarts d'heure, et l'envie de reprendre la rêverie de ce matin là où je l'avais interrompue était plutôt tentante. Mais laisser ma conscience s'engouffrer dans cette partie sinistre et pourtant si douce de mon imagination n'aurait pas été la meilleure idée que je puisse avoir dans l'état actuel des choses, et de l'état actuel de mon moral, c'est à dire: pas si mauvais à ne pas détériorer bêtement.

Je repense alors à ce fait d'appeler ce genre de voyou un facteur, et je ne sais pas, la fatigue peut-être, ou les nerfs, mais je repense à ce jeu que je trouvais stupide étant gosse, et des voix d'enfants se sont mises à chantonner trop joyeusement dans ma tête, ça avait l'air d'une psychose de film d'horreur. Ce genre de passage dans les films d'horreurs ou des enfants se mettent à chanter. N'importe quel film ou des enfants chantent en fait.

Je rêve d'une petite fille perdue qui se prendrait le réverbère d'en face, de quelqu'un qui débarque et me fasse un numéro de jonglage et me procure une discussion riche sur mes sujets préférés sans être gêné par un enthousiasme qui me ferait surement un peu perdre mon nouvel accent américain. Je commence à me dire que ce bougre ne viendra pas, il a dû s'endormir comme un boulet dans son canapé en regardant "Euhmewican idol " , et du coup, ce-qu'il-devait-me-donner-moyennant-trente-cinq-dollars, je me le mettais où je pense pour ce soir. J'ouvrais de nouveau mon cellulaire archaïque, surtout dépité d'avoir perdu du temps dans le froid. Une heure du matin, et toujours en perpétuelle introspection. C'est sûr, le prochain qui passe, j'essais de l'accoster.

Je tord mon bras, je met la main de ce bras dans la poche de mon sac, saisis une blonde entre mes lèvres, je garde le paquet dans ma main.
Je me sens alors comme un parfait cliché, avec ces pauvres clopes pré-roulées de flemmard prétentieux et propre-sur-lui, mon manteau long et ces fichues chaussures plates qui ne me grandissent pas d'un pouce, au passage. Même mes talons sont glacés, j'ai envie de rentrer, accompagné.
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MessageSujet: Re: [Sujet Libre] Ain't nothing to do    Jeu 14 Avr - 13:29

20:59:56, 57, 58, 59...
21:00.

Derrière la porte, la cacophonie s'arrêta net et un tonnerre de cris se fit entendre. On imaginait nettement les coupes de champagne levées, les coiffures déjà échevelées, et les masques remonter subrepticement sous les sourires de rapaces qui se dessinaient. La voix grave et pincée de son voisin s'entendit dans un écho inintelligible et tandis que les rires polis ponctuaient son discours, on remonta le son de la chaîne hi-fi, dans une pression lente et artificielle qui ne faisait que souligner l'aspect sordide de la fête qui se profilait. Rapidement, tout ne fut plus que notes sirupeuses et jeu de rôle composé essentiellement d'onomatopées.

Avec précaution, Sully enfonça les deux écouteurs dans ses oreilles et poussa au maximum le volume de son MP3.
Les premières mesures du thème principal de Requiem for a Dream lui firent lâcher un soupir de soulagement.

En d'autres temps, il aurait apprécié avoir une journée de congé tombée de nulle part. Il aurait même planifié une tonne de trucs à faire, une to-do-list irréalisable mais motivante. Il aurait pu en profiter pour voir Suzie aussi, et lui demander de l'aide en français, seconde langue dont les cours lui paraissaient à présent lointains et gâchés. A l'époque, il avait des rêves de célébrité, de tour du monde, de séduction, et d'autres conneries qu'il n'était plus capable de nommer. Finalement, rien ne lui avait servi ni ne lui servait aujourd'hui et il ne pouvait plus que se morfondre avec une partouze d'une sophistication des plus triviales en fond sonore. Clairement, rien des bonnes et dociles choses auxquelles il avait jusque-là accepté de se prêter ne lui avaient rendu quelque faveur sur son karma.

Alors voilà à quoi il en était réduit: passer une journée entière sur sa couche, à enchaîner clope sur clope, faire tomber de la cendre brûlante sur les draps déjà miteux, sans trouver l'énergie d'être un tant soit peu productif.

Ce matin, en arrivant au restaurant, il avait trouvé le grillage baissé, et une unique lumière dans la cuisine. Frika, une jeune femme de vingt-cinq ans chargée du service en salle l'avait accueilli, en tenue ordinaire et queue de cheval en bataille, une Lucky Strike au bout des lèvres. Elle lui avait tendu le paquet, l'invitant à se joindre à elle. Il avait refusé: cigarette au petit matin, mauvais départ jusqu'au lendemain. Elle avait haussé le sourcil et il avait dû reconnaître qu'il venait d'inventer ce dicton. Bah de toute manière, il le pensait vraiment. Et puis, avait-elle ajouté, tu n'as pas tort, Tonio a fait un malaise, on a dû appeler les secours, l'hôpital et toute la clique. En attente de nouvelles, il allait falloir renoncer à ouvrir pour cette fois. Sully avait donc acquiescé, inquiet mais n'osant pas insister. Frika n'avait rien appelant à la sociabilité et même si aucun ne nourrissait d'animosité envers l'autre, il préférait éviter de la déranger. Il percevait une force en elle dont il se sentait totalement démuni.

Depuis huit heures, donc, il flottait esseulé entre le paysage de son plafonnier et celui de son bureau. Il avait bien tenté de crayonner quelques cases de BD mais le sort de Tonio le taraudait trop, en plus mêlé aux divers sujets de préoccupations qui pouvaient lui bouffer l'esprit - entre autres la question de sa famille. Il aurait donné n'importe quoi pour serrer Petra dans ses bras et s'excuser auprès de Laurette et Jan de son irresponsabilité des derniers mois. Il voulait aussi montrer à sa mère qu'il était capable de gagner des sous et pas seulement jouer au voyou.

Le bourdon commençait à se faire trop important et Sully prit enfin le parti de se redresser, décidé à sortir. Ca n'allait pas. Et si ça n'allait pas à l'intérieur, peut-être que ça irait mieux de ne pas aller mais à l'extérieur. Il n'y avait pas beaucoup de logique dans cette réflexion mais l'excuse était excellente: sa musique avait cessé, l'appareil menaçant de s'éteindre faute de batterie. De ce fait, plus rien ne lui permettait de faire abstraction des activités se déroulant de l'autre côté du couloir. Roulant sur le flanc à la recherche de ses chaussures, le garçon eut tôt fait de rabattre sa capuche sur son crâne et claquer son battant.

Il faisait tard et les rues, bien qu'encore encombrées, ne faisaient pas spécialement mine de se désemplir. Il décida de marcher au hasard, s'autorisant à découvrir de nouveaux escaliers et de nouvelles échoppes de fast-food. Tout était à la fois familier et distant, une sorte de songe éveillé et cotonneux dont il ne parviendrait pas à s'extirper. Les mains plongées dans ses poches, il tritura ce qui se glissait sous ses doigts, des vestiges d'un temps passé qu'il s'efforçait à présent d'oublier, et le réconfortant stylo qui traînait toujours au cas où.
Le nez en l'air et la tête un peu engourdie, il enchaînait les immeuble, les tags, les caniveaux débordants et tout le décor habituel. Ce qu'il y a de plaisant à détroit, c'est que c'est trop moche pour faire carton-pâte. Au détour d'une ruelle, il y a cette grande vitrine qui affiche "FERME", un tissu blanc opacifiant le verre et son reflet épuisé, les cernes marquées, qui se renvoie à lui, comme pour le narguer.

Vaguement, il murmura que c'était n'importe quoi.

Il pestait encore, jouant avec ses mèches blanchies et abîmées, passant ses doigts, ses ongles entre les épis, lorsqu'une silhouette longiligne attira son attention. Immédiatement, il cessa ses mimiques et voulut se redonner contenance. Il n'avait pas fui ses démons à Chicago pour les réveiller ici. L'opportunité pour ces derniers, en fait, apparut vaine. En plissant les paupières jusqu'à n'avoir que deux fentes lui servant à ajuster sa vision, il pouvait presque préciser le visage absent de l'individu dans son dos. Mais il avait beau chercher, celui-ci semblait désespérément vide. Sans doute baillait-il aux corneilles... D'ailleurs, était-ce une fille ou un mec? Scruter les gens n'était pas poli mais tout étant bon pour se distraire, Sully se permit de construire bout à bout une histoire pour l'illustre inconnu, et cela débutait avec un genre, repère qui lui semblait comme un point d'honneur.
Un quart d'heure passa. Une demi-heure.

Ils devaient offrir un drôle de spectacle, lui minuscule, l'autre comme une araignée le surplombant; lui contre la devanture abandonnée, l'autre adossé contre son poteau. Il n'avait pas du le voir, dans la configuration de l'espace, et puis l'adolescent trouvait plus mesmérisant de construire sur l'abstraction, une demi-figure; sûrement.
Lumière finit par se faire lorsqu'il ne fit plus soir mais nuit profonde. A une heure si obscure, il ne lui restait plus qu'une raison pour être dehors. Il se revoyait lui-même, comme en demande d'une dernière lueur, la dernière solution pour s'échapper et tout résoudre. Il se souvenait des planques et des rendez-vous improbables. Il se souvenait des gens, des ombres.

Chasse-les.

- T'as pas froid comme ça?

Finalement, c'était un type.

- C'est de la merde, tu sais. Tu vivras mieux sans. Parole d'ami.

Ils n'étaient pas du tout amis, et ça ne lui ressemblait pas de faire charité de conversation. Il n'avait pas non plus envie de s'approcher ou lui taper la bise. Comment les Français faisaient ça, au fait? Au vu du spasme qui agita le corps de son antagoniste, il n'allait pas être plus disposé à partager une intimité. Surgir et parler de nulle part pouvant être une explication. Mais tant qu'à faire, autant lui faire prendre son mal en patience et jouer la carte de celui qui savait où il allait.

- Un bonbon?



Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: [Sujet Libre] Ain't nothing to do    Mar 16 Aoû - 1:43
- De... De quoi ? répétais-je en anglais avec un accent fade et d'une maladresse sans nom dû de ma surprise.

Sans quoi? pensais-je.

Pouvait-il se douter de la raison de mon attente désespéré, mon air las de ces derniers jours de froideur et de vide difficile encore apparent en disait-il si long? Peut-être était-ce l'odeur du marocco qui avait dû imprégner ma veste en velours.
Je détestais quand les gens devinaient quel genre de personnage j'étais en général, ou pensaient le savoir par délits de sale gueule, comme on dit. Quand c'était des gens que j'avais plutôt envie de prendre en sympathie, je me sentais désolé pour eux, d'une manière.

Je mettais presque toujours cette veste pour sortir, elle me donnait quelques chose qui aurait pu s'apparenter à de la prestance. Je l'avais trouvé faîtes pour moi, même si elle ne faisait que renforcer le fait qu'on m'appelais encore beaucoup trop "mademoiselle".

Tout ça pour revenir au fait que j'avais été plutôt stupéfaits de se perspicacité à mon égard. Et plutôt touché par son bon-sens et sa sympathie.

Il me proposa même un bonbon. Je trouvais ça exquis. Je ne voyais personne faire ça de cette manière, à part moi peut-être, ou des gens bien plus jeunes. C'est vrai que déjà, dés la première impression il m'avait rappelé le moi d'avant. En plus charismatique, je l'avoue. C'était peut-être sa tignasse peroxydée couplé à un air d'innocence général.

- Herm.. Volontiers, enfin si... si y'a pas de gélatine animale dedans ça me va.

Ne voulant pas l'embarrasser, j'ajoutais que dans le pire des cas, cela ne serait pas la première entorse que j'avais pu faire à mon sens de l'éthique depuis que j'étais à Detroit. J'acceptais donc la sucrerie en espérant que ça composition ne soit pas trop tordue.


[b]- Je pense que vu l'heure qu'il se fait, c'est un lapin!


Maintenant que j'avais la certitude qu'attendre ici ne résoudrait rien, j'étais encore plus embarrassé. Je n'osais pas directement l'inviter chez moi, même si cette idée me vint de suite. J'avais pas envie de rentrer seul, regarder les affiches du plafond en fumant cette marque de clope que j'aimais moins que les autres, en discutant silencieusement avec personne et m'enfoncer encore un peu plus dans les eaux troubles de l'isolement.

- C'est quoi ton nom du coup? Fis-je en riant car c'était en général ce que les gens demandaient en premier, du moins il me semblait.

- Moi c'est Tristan, et je suis pas très doué avec les gens. Tu faisais quelques chose de particulier? Tu rentrais chez toi, peut-être?

J’espérais seulement qu'il ne prendrais pas peur.





(désolé pour le rapport qualité+quantité/temps.......)
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