Depuis la nuit des temps, l'Homme se pose une même question : sommes nous vraiment seul ?
Que ce soit sur terre ou bien ailleurs, dans l'au-delà, l'être humain à souvent chercher des réponses sans jamais en trouver. En quête d'une chose qui serait son égal, un être qui lui serait supérieur, un modèle, peut être, ou encore un ennemis, ses recherches, hélas, ont toujours étaient vaines.
Années après années, siècles après siècles, de nouvelles questions étaient soulevées, mais toutes restaient sans aucune réponses et ce malgré les incessantes recherches, les gigantesques et terribles inquisitions et les nombreuses battus. L'ignorance reignait.
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Soul's Breaking - ft. Liron
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MessageSujet: Soul's Breaking - ft. Liron   Sam 2 Avr - 2:26
Soul's breaking « Les sanglots longs des violons... »

ANDERSON Malory

CADENCE Liron

Le bois sous ses doigts ne chante plus, trop lassé par le temps, trop lassé par les gens. La couleur brune de la table du violon est terne, fatiguée. Et ses cordes trop usées ne savent plus émettre leur joli chant. Pourtant, cette fatigue de l'instrument n'est pas ce qui préoccupe le plus Malory. Si ce n'était qu'une question de bon soin, il se serait fait un plaisir d'en prodiguer autant qu'il le fallait. Non, ce qui l’embête est bien plus profond. Bien plus fin. Et il ne s'y connaît pas assez en instrument pur oser tenter de soigner celui-ci. Lorsqu'il avait compris que c'était l'âme même du violon qui avait besoin d'un traitement spécial et qu'il fallait à la rigueur toucher à la barre d'harmonie, il avait décidé de voir un spécialiste. Et c'est en discutant avec un client passionné de musique qu'il a récupéré une adresse. Un type en lequel il pourrait avoir suffisamment confiance pour lui confier ce petit. Alors assis sur son fauteuil, l'instrument reposant délicatement sur sa table d'atelier, le restaurateur se décide à y aller. Au moins pour se renseigner, établir un contact. Si le courant ne passe pas, rien ne l’empêche de se barrer. Parce qu'il a besoin d'un professionnel dans le domaine, mais surtout d'un type un peu perché comme lui, un peu trop passionné par son art. Un être dont il peut sentir la passion dans son travail. Pas seulement un commerçant.
Il se lève et récupère le tissu propre et doux posé sur la table pour venir envelopper l'instrument. Ses gestes sont précis et il a toujours cette délicatesse devenue naturelle après avoir manipulé autant de pièces. Le paquet ainsi fait, il le dépose dans l'étui acheté pour l'occasion. Puis abaisse ses manches et boutonne les poignets de sa chemise avant d'aller se saisir de son manteau noir pendu au portant près de la porte. Fin prêt. Il sort de sa boutique, son chargement sous le bras et ferme la porte à clé. L'écriteau indique fermé. L'après-midi déjà bien entamée, il n'est pas sûr de repasser avant le début de la soirée. Et range ses clés.
Si le luthier qu'il veut voir n'est pas vraiment tout près, cela ne l’empêche pas de marcher pour y aller. Le temps frai mais ensoleillé lui donne envie d'en profiter. Alors, son manteau bien fermé, il presse gentiment le pas dans les allées. Et les rues se suivent, son éternelle clope ayant depuis longtemps retrouvée ses lèvres. Les indications précises ainsi que sa bonne mémoire lui permettent de trouver rapidement, sans avoir besoin de demander son chemin. Le mégot rejoint le sol, entièrement consumé lorsque Malory l'écrase de son pied. Puis il pousse l'un des deux battants de la porte et entre.

La boutique est immense. Mais surtout pleine à craquer d'instruments en tous genre. Il ne cherche pas à trouver un type là dedans, trop absorbé par son observation. De tous temps, de tous lieux. Des instruments dont il n'est pas forcément certain du nom. Et d'autres qui semblent sorti d'une peinture de l'époque. C'est étrange. Il a l’impression d'assister à un concert de sonorités toutes différentes tant le visuel lui fait entendre des sons. Intrigué, il prend le temps de contempler. De sentir l'odeur du bois et du verni, de regarder l'éclat des cuivres. Posés ou même au mur, tout n'est que musique et instruments. C'en est presque perturbant. Mais surtout incroyablement captivant pour un mec comme Malow qui, bien que peu intéressé par le fait de savoir en jouer, apprécie chaque note de cet art.
Quand enfin il sort de sa contemplation, c'est pour s'avancer dans la boutique. Et remarquer enfin la présence d'un homme dans cet univers. « Bonjour. » Il s'avance, met l'étui en évidence devant lui, sans quitter le type des yeux. « Je cherche quelqu'un pour jeter un coup d’œil à cette pièce et voir si on pourrait lui redonner une voix. »  Aller à l'essentiel, oublier les formalités d'usages. Trop souvent avec Malory, pour qui les poignées de main et les présentations ne viennent pas toujours de lui. Il se contente de poser son paquet sur un bout de table proche et dégagée. Ça lui fait penser à chez lui. Un peu. Il ouvre et déshabille l'instrument avec précaution pour le présenter. « D'école allemande si je ne me trompe pas. Et du XIXè. Je pense. » Le violon repose devant lui, alors qu'il se tourne vers l'homme pour avoir son avis. Guetter sa réaction.
Mais son regard est happé. Par une autre beauté. De celle qui te font accrocher à leur aura avant même de comprendre pourquoi. Il bloque devant une vision, une rencontre. Des sonorités envahissent son esprit, un voyage sensoriel qui commence par un simple regard. Posé non loin, un magnifique luth. Dont il ne connaît ni l'histoire, ni quoi que ce soit. Mais le contact est fait, aussi facilement que cela. Il se tire violemment de ses pensées, se concentrant sur ce qui l'amène d'abord ici. Et si les sons d'une autre culture résonnent dans son inconscient, il n'y prêtera l'oreille que plus tard. Lorsqu'il en apprendra plus sur l'inconnu qui tient cette boutique et sur le sort qu'on réserve à son violon. Ensuite il laissera sa curiosité prendre le dessus.
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Chillin
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MessageSujet: Re: Soul's Breaking - ft. Liron   Lun 11 Avr - 20:52
J'avais emballé la harpe dans tant de papier bulle qu'on ne pouvait même plus l'apercevoir. J'aimais cet instrument, profondément. Je l'avais fait en 1953, je n'habitais pas encore Detroit. A l'époque je m'accrochais encore aux lumières des grandes villes et aux riches salles de spectacles, des endroits où trouver des clients était plus aisé. J'avais un certain renom dans le milieu de la lutherie et on reconnaissait ma faculté à créer des instruments de style ancien. Et surtout, j'étais connu pour posséder de vieux instruments « d'inconnus » - moi - de très bonne facture, ce dont les instrumentistes gourmands aimaient bien se vanter. Mes restaurations étaient dites aussi minutieuses que si j'avais pu assister à l'élaboration même des instruments ; on m'appelait « le génie de la lutherie », « celui qui peut tout réparer » ; on disait que je ne pouvais être aussi jeune et avoir tant d'expérience. Je répondais en riant que j'avais été bien formé. Je finissais tous les vingt ans à changer de nom, envoyer mes instruments et matériel dans une autre ville ou même un autre pays. J'avais peu de contacts, mais certains étaient bien pratiques pour m'aider à disparaître sans laisser de trace. Au final j'étais comme un mirage qu'on perdait rapidement de vue, juste en tournant la tête. Qui pouvait réellement attester que j'avais existé ? Ils n'avaient qu'un faux nom, une fausse identité leur portée. Leur seule certitude c'était un site web que j'allais sûrement clore dès que je devrais m'évanouir dans le paysage. Cette vie était insensée, compliquée, étouffante. Partager sa passion avec les autres, c'était suffoquer ; et malgré le manque d'air, la pression, le sel dans la gorge, la douleur, l'éreintement, je continuais sans plier le genou devant cette réalité qui voulait tant me prouver que je ne faisais pas partie de son monde.

J’avais joué un dernier morceau de Bach que j'avais moi-même transcrit. Les cordes au son cristallin avaient résonné une dernière fois, comme des gouttes de pluies qui tombent sur les carreaux d'une fenêtre ; et qui glisse sur le verre pour disparaître loin des yeux en laissant une trainée comme une larme. C'était comment sonnait cette harpe : comme des sanglots. Je n'avais aucun souvenir attaché à l'instrument. Je n'avais pas d'histoire d'amour derrière lui. Mais il allait me manquer ; je ressentais toujours une pointe de regret en voyant mes instruments partir, comme si je n'avais pas pu leur signifier quelque chose avant leur départ, comme un parent se séparant de son enfant sans l'avoir assez bercé.

La boîte était matelassée et tapissée de papier bulle, elle aussi. Il fallait être précautionneux, pour que rien de fâcheux ne puisse arriver. Je ne voulais pas une seule égratignure dessus. Fabriquer une harpe prenait vraiment trop de temps ; bien trop pour que j'en fasse souvent. Je devrais peut-être m'y remettre ?

Je venais de poster la harpe ; le pris était faramineux, ne serait-ce que pour l'assurance en cas de dommages. J'avais mis une vieille mix tape qui datait des années 80, une jeune musicienne bariolée qui avait tenté de me séduire avec insistance me l'avait offerte pour me remercier de lui avoir réparé sa guitare ; ce n'était pas mauvais. Elle avait des goûts hétéroclites, l'enchaînement des pistes me paraissait toujours aussi obscur qu'au moment où elle me l'avait offert, mais j'aimais bien le sortir de temps en temps et le passer dans la boutique. J'avais encore sauté le déjeuner ; j'avais perdu un peu de poids ces derniers temps. Je venais de finir un alto ; j'avais travaillé dessus pendant des semaines, et il était enfin en train de vernir.

Un client entre dans la boutique ; je le laisse contempler, s'adapter à l'atmosphère feutrée de la salle, se laisser bercer par les images et les parfums des instruments. Il s'avance, je le salue après lui. Je ne lui serre pas la main, je n'en esquisse même pas le geste, et je suis bien heureux qu'il fasse de même ; je n'avais jamais aimé les contacts physiques. Il me montre le violon.

« D'école allemande, XVIIIème, au moment où l'on tente de fusionner le style allemand avec la technique italienne. »

Je soulève le violon, le soupèse, observe ce qu'il reste de son vernis à la lumière.

« Klotz, ou bien une très bonne copie de l'un de ses disciples. »

Une bonne pièce, même si je préférais la technique italienne ; j'étais évidemment biaisé par mon apprentissage chez Stradivari.

Je retirais les cordes de l'instrument, alors que le client tombait amoureux ; le regard ne me trompait pas ; j'avais souri derrière le masque chirurgical me couvrant le bas du visage. Et j'avais observé les chevilles, elles étaient en mauvais état. Il faudrait les remplacer sinon les cordes ne cesseraient de se détendre. Je mis d'autres cordes cependant, je pris l'un des archets que j'avais fabriqué, et j'interprétais. La touche était en bon état, aucune déformation du bois. Mais le son ne sortait pas. Il était étouffé. L'âme était forcément abîmée, comme l'instrument ne pouvait même plus chanter. Un instrument triste.

Je dus interrompre l'amour naissant, la séduction, tout en reposant le violon allemand.

« Il faudrait l'ouvrir. Le démonter. La touche est en parfait état, la table est un peu fissurée, mais ce n'est pas compliqué à réparer. Je pense que l'âme est abîmée. Et les chevilles le sont un peu aussi. De plus, le vernis n'est plus régulier et s'est terni avec le temps. Il doit y avoir d'autres défauts minimes à l'intérieur. Je ne sais pas s'il faut changer l'âme complètement ou essayer de faire quelque chose avec celle-ci... une nouvelle âme changera légèrement la tonalité de l'instrument. Un spécialiste se rendra compte de la différence. Ce que je veux dire, c'est que la valeur de ce violon pourrait descendre après sa restauration. Les chevilles ne seront plus celles d'origine, ni le vernis, ni l'âme. C'est un facteur à prendre compte. Mais après... »

J'étais peut-être un peu trop sentimental. Ca allait sûrement avec le métier.

« Il vaut mieux avoir un instrument duquel on peut qu'un instrument qui ne peut servir que de décoration de peur de lui faire perdre son côté antique. Évidemment je trouverai du bois d'époque pour les chevilles, mais ça changera tout quand même pour certains. Ca dépend de vous. En plus, ça risque d'être coûteux de trouver le bon bois. Bref, faites comme vous le sentez. Et si le luth vous intéresse, vous pouvez l'essayer. »


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