Depuis la nuit des temps, l'Homme se pose une même question : sommes nous vraiment seul ?
Que ce soit sur terre ou bien ailleurs, dans l'au-delà, l'être humain à souvent chercher des réponses sans jamais en trouver. En quête d'une chose qui serait son égal, un être qui lui serait supérieur, un modèle, peut être, ou encore un ennemis, ses recherches, hélas, ont toujours étaient vaines.
Années après années, siècles après siècles, de nouvelles questions étaient soulevées, mais toutes restaient sans aucune réponses et ce malgré les incessantes recherches, les gigantesques et terribles inquisitions et les nombreuses battus. L'ignorance reignait.
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We don't need friends we need more wine | Jacob K. Schröder
Chillin
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MessageSujet: We don't need friends we need more wine | Jacob K. Schröder   Dim 26 Avr - 17:38

get shitfaced with class.

Les yeux encore rivés sur ses papiers, il tâtonnait le bureau à l’aveugle, de gauche à droite, sans jamais rien toucher. Les tapotements durèrent jusqu’à ce qu’il arrive pour la troisième fois à la ligne 46 du document, et il daigna enfin de lever les yeux au ciel, rencontrant le visage du sombre dr. Sharpe, couronnée d’un halo de fluorure de néon. La lumière blafarde lui fit plisser les yeux, mais il le voyait, là, à travers ses cils : le verre tant recherché, entre les doigts abimés de sa collègue. Le liquide carmin fut ballotté par son soupir. « Il n’est même pas encore cinq heure. » siffla-t-elle, sa main libre posée sur sa hanche. Il ne put s’empêcher de rêver du temps où le Dr. Sharpe ne sautait pas des questions aux affirmations et surtout n’essayait pas de lui inculquer une quelconque morale ; il ne put, non plus, s’empêcher de sourire face à son toupet, et il ne lui fallut que cela pour lui éviter de se faire étrangler. « Que dire ? ‘aide pour l’humeur. » répondit-il en rassemblant le paquet de mauvaise nouvelle entre ses mains avant de le faire claquer contre le bureau. Le Dr. Sharpe ne sursauta même pas, et son sourire à lui s’élargit davantage. Non, à la place, elle posa ses lèvres sur le rebord du verre à vin et prit une minuscule gorgée. Tout sur son visage se pinça alors qu’elle déglutissait péniblement, saisissant la bouteille par le col. « Vous réalisez qu’il est bouchonné ? » Son haussement d’épaule lui fit rouler des yeux, puis elle emporta la bouteille loin, loin de lui, jusqu'à l’un des longs éviers en fer. Il ne put ignorer le petit pincement au creux de sa poitrine en voyant le reste de la bouteille à peine entamée disparaître dans le siphon. Lorsqu’elle revint se poser devant sa paillasse, il s’était déjà à moitié vautré dessus, accablé par l’acte horrible s’étant déroulé sous ses yeux, mais elle n’en fit pas de cas. Giacomo rabattit alors son attention sur le paquet trônant sur la paillasse voisine. Les arabesques dorées du ‘En Chamberlin’  lui faisaient de l’œil, mais Sharpe s’interposa une nouvelle fois. « Ne vous avisez pas de toucher ça. C’est pour Heller. »

Au diable Heller ! Il pouvait rester en Antarctique et lui céder sa bouteille --et surtout, surtout ne pas venir se mêler de ses affaires avec Sharpe. Enfin, c’était probablement trop tard, se disait-il en observant la jeune femme enfiler son manteau puis disparaître derrière la porte, clef de voiture en main. Les claquements de ses talonnettes s’évaporèrent au fond du couloir et sa voix se réduit à un petit bourdonnement, lui intimant que son invité personnel arrivait enfin.

Exit Sharpe, enter Schröder. Immédiatement, Giacomo inversa sa position et mit ses pieds sur la paillasse, sa chaise en un équilibre hasardeux qui ne semblait même pas l’inquiéter. «  Ha, Herr Schröder ! » Son allemand était bien trop rouillé –et surtout tinté de son accent italien à couper au couteau- pour continuer la conversation sur cette lignée, mais ça n’était pas tous les jours qu’il recevait un autre germanophone. Il gesticula en direction de la bouteille En Chamberlain dans son bel emballage bleu roi. « Soyez un ange et apportez-moi ça. » Au diable Sharpe aussi, tient, et ses échantillons de fourrure. Il s’en débarrasserait encore s’il le fallait. Il s’en débarrasserait, Schröder ferait son boulot de son côté et le paquet de feuille entre ses mains deviendra du papier de brouillions.

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MessageSujet: Re: We don't need friends we need more wine | Jacob K. Schröder   Jeu 7 Mai - 22:28

SOME WINE AND SAY WHAT'S GOING ON

Calme. La journée avait été bien trop calme. Voilà le triste bilan que pouvait dresser Jacob, assis dans sa salle de bain, tentant de désépaissir sa barbe pour tromper l'ennuie. Le vrombissement de la tondeuse l’empêchait de passer de somnolence à véritable sommeil tandis qu'il exécutait les mêmes geste presque mécaniques depuis quinze minutes maintenant. De temps à autres, son regard croisait celui de son reflet et il ne pouvait alors s’empêcher de constater à quel point il ressemblait à un clochard avec sa barbe qu'il trainait depuis plus d'un mois. Certes, il n'était jamais rasé de près, mais il y avait une limite à la décadence capillaire. Sans non plus être outré par son apparence, le cavalier laissait simplement échapper un soupir, laissant cinq minutes de battement entre chaque. L'envie d'avoir l'air propre était là, mais pas celle de se battre. Bah, s'il trainait dans les quartiers branchés, il pourrait toujours prétendre appartenir à la race des Hipsters...
S'avouant vaincue par la lenteur de cette journée qui lui avait autant engourdi l'esprit que le corps, il reposa l'appareille sur le bord de l'évier. Les jambes lourdes, il traina ses pieds jusqu'au salon avant de se laisser mollement tomber sur le canapé qui grinça en recevant le corps de son propriétaire. Une bière à peine entamée sur la table basse lui servit d'excuse pour tromper la morosité de la journée. Trop habitué, peut-être, il porta la canette à ses lèvres sans réfléchir, avalant une gorgée, puis deux. Bordel. Elle était chaude. Se rendant compte avec un petit temps de décalage du goût immonde du breuvage, il toussa, lâchant dans un automatise tout à fait stupide et maladroit la boisson. Et bim, parterre la Heineken. Et un tapis à laver, un ! Le tout accompagné d'un magnifique « putain de merde » (et en allemand, s'il vous plait), Jacob se pencha, tentant de rattraper comme il le pouvait les dégâts.

Hélas, sa tâche fut bien vite stoppée par un nouveau vrombissement. Surpris, le cavalier se redressa tout d'un coup, frappant au passage sa tête sur le bord de la table basse. Et une tête parterre, une. La remettant sur ses épaules plus vite que son ombre, l'allemand atteint enfin la source de tout ce raffut : son portable. Bordel, mais qui l’appelait aujourd'hui ? Ah, fausse alerte. C'était juste un rappel. Oui mais un rappel pourquoi ?

Flash. Souvenir. Rendez-vous. Grandes mains. Accent italien. Mr. Bonavita.
Oh merde, Mr. Bonavita.

Son rendez-vous, comment avait-il pu oublier son rendez-vous ?! Se pressant comme jamais il ne l'avait fait avant, Jacob retourna littéralement son placard pour trouver une tenue digne de son nom avant de bondir hors de son appartement, attrapant le premier bus venu. Dix minutes plus tard et une bonne dose d'adrénaline dans les veines, il était enfin au point de rencontre, ou du moins dans le couloir. Visiblement, il était à l'heure, du moins c'est ce qu'il compris en entendant l’écho de talonnettes martelant le sol, le tout accompagné d'une porte que l'on fermait. Or, savante déduction, ce couloir ne donnant que vers un seul endroit, le bureau de l'italien, il devait avoir finit une précédente consultation. Ce qui voulait dire qu'il avait été trop occupé pour recevoir Jacob et donc, tout bénef pour l'allemand, qu'il n'avait pas dû se rendre compte de son absence. Hallelujah. Pour peu, Jacob se serait lui-même sacré nouveau Sherlock Holmes (enfin, s'il n'avait pas été aussi bête). Les bruits de pas se rapprochèrent et un silhouette féminine passa à côté de lui. Une cliente, hein ? Peu importait.
Sans plus attendre, le cavalier s'engouffra dans le bureau, accueilli par un Bonavita les pieds en éventail, tentant d’articuler un peu d'allemand. Seigneur dieu.

« Signore. » répondit-il avec un accent certainement aussi mauvais que celui de son hôte, lui rendant le plaisir d'entendre sa langue maternelle massacrée.

Mais sans avoir le temps de faire plus de politesses, il prêta attention à la demande qui venait de lui être faîtes, avançant d'un pas pas vraiment certains vers la bouteille avant de la saisir, encore moins convaincu.

« Je ne voudrais pas paraître désagréable mais... à cette heure-ci ? »

Non, Jacob n'était pas vraiment fin connaisseur, mais il savait que ce genre de boisson, on les réservait évidemment pour le repas, les dîner entre amis, ce genre de choses. Or, on était encore loin de l'heure du dîner et pour ce qui était des amis, disons qu'il n'y en avait pas un seul dans cette pièce. Le cavalier doutait d'ailleurs fortement que Giacomo le considère comme tel.
Ses yeux se posèrent alors l'espace d'un instant sur la bouteille entre ses mains. Les lettres dorées, le bel emballage, toutes ses informations montèrent un peu trop vite au cerveau bicentenaire de Jacob. ça, ça devait être du bon vin. Il tourna alors vivement la tête, crachant sur ses bonnes manières et ce qu'il venait dire il y a à peine une minute. Parce que franchement, s'il comptait la partager avec lui, pour le coup, peu importait l'emplacement des aiguilles sur l'horloge.

« Enfin, pourquoi pas, après tout. »

L'air bien moins perdu que tout à l'heure, il fit quelques pas avant de poser la bouteille sur la paillasse.

« Vous venez de gagner un dossier ? »

Arès tout, pourquoi boire, sinon ? Ah, oui, juste pour le plaisir. ça aussi c'était une bonne raison - du moins pour Jacob. Mais tout de même, il ne sirotait pas du vin toute la journée juste pour la beauté du geste, lui. Faut dire qu'il avait pas trop les moyens. Alors forcément, quand on sortait une belle bouteille, c'était synonyme de victoire. Était-ce d'ailleurs pour ça qu'il l'avait fait venir ? Jacob ne se rappelait pas bien. Pourtant il n'avait jamais eu le plaisir de déguster une réussite avec Bonavita.

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MessageSujet: Re: We don't need friends we need more wine | Jacob K. Schröder   Sam 9 Mai - 2:23

get shitfaced with class.

Le sourire de Giacomo resta inchangé, mais le regard qu’il lança à l’homme suite à sa remarque témoignait parfaitement de son avis sur la question. Quelle intention touchante et agaçante tout le monde avait à son égard aujourd’hui… Enfin, il n’eut même pas à faire le parallèle avec Sharpe, contrairement à elle, Schröder eut vite fait de changer d’avis et d’obéir bien sagement. Le zoologue attrapa l’objet de ses convoitises à l’instant où il fut à sa portée et le fit tourner amoureusement entre ses mains. Même pour un amateur, ça n’était pas tous les jours que l’on mettait la main sur une telle beauté. Dieu que sa collègue pouvait avoir bon goût quand elle le voulait. « Ha ! » s’exclama-t-il en réponse à la question ingénue de son collaborateur. Comme s’il avait besoin de cela pour braver les interdits et débouchonner une bonne bouteille. « Si c’était le cas, je ne serais pas ici, et vous non plus. » Surtout pas lui, à vrai dire. Jacob n’avait rien d’une compagnie appréciable ni intéressante. S’il avait gagné quoi que ce soit, il aurait invité Sharpe à diner, qui l’aurait envoyé balader mais se serait tout de même présentée, comme toujours.

Non, Giacomo n’avait pas invité Jacob en bon ami et n’allait pas l’emmener dîner plus tard, aussi mignon pouvait-il être avec son air de sans-abris. D’après la façon dont il reposa la bouteille après avoir rempli son verre, l’idée de partager ne lui avait même pas traversé l’esprit. La seule chose qu’il refila à son ‘invité’ fut le dossier, avant de reprendre sa position hasardeuse et de commencer à faire tournoyer le vin d’un geste nonchalant. Le sixième sens féminin ne tarda pas à se réveiller et à faire vibrer son téléphone –plus proche de la télécommande que de ces trucs tactiles- sur la paillasse-. Giacomo le dégagea d’un coup de pied et l’objet se désossa dans un bruit sourd.

Si Heller pouvait faire de même, il serait ravi.

L’italien fit la grimace et se pencha pour saisir à nouveau la bouteille, sa chaise toujours pas décidée à le faire chuter. « Allez vous chercher un gobelet. » La façon dont il secoua la bouteille finissait la phrase pour lui, bien qu’il n’attendit pas de pouvoir trinquer pour tremper ses lèvres. Ha, pour sûr, un gobelet en plastique de la fontaine à eau –toujours à sec, mais jamais à court de gobelets- faisait pâle figure à côté de son verre à pied, et ça n’était absolument pas tout à fait innocent de sa part. Schröder ne devait pas oublier que dans cette pièce, il n’était rien de plus qu’un gobelet jetable, contrairement à son hôte. Il lui fit tout de même l’honneur de lui verser son verre –toujours penché aussi dangereusement sur sa chaise.

« Si vous avez besoin d’une raison, vous pouvez revenir après vous êtres débarrassé de notre problème. »

Et sur ces belles paroles, le noiraud égalisa le contenu de son verre avec celui versé dans le gobelet. « Mais il ne risque pas d’y avoir de reste à votre retour. » Un brin d’euphorie empli la pièce, bien vite tu par une nouvelle gorgée de vin qui fit naître un grognement de satisfaction qui illustrait parfaitement ses propos. Giacomo se trouvait à des années lumières desdits problèmes. S’étendant un peu plus sur sa chaise, il observait le liquide carmin à la lumière des néons, l’air presque rêveur. « Il est encore meilleur quand on n’est pas censé y toucher. » Son rire fit sursauter le breuvage et son portable -aussi tenace que son propriétaire- manifesta de nouveau sa désapprobation.

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MessageSujet: Re: We don't need friends we need more wine | Jacob K. Schröder   Mer 27 Mai - 19:20

SOME WINE AND SAY WHAT'S GOING ON

Oui, décidément, le naturel revenait très vite au galop – voir au grand galop- chez monsieur Bonavita et avec lui, toute cette bile que Jacob aurait aimé décharger sur sa personne. Mais le cavalier se réconfortait dans l'idée qu'il n'était certainement pas le seul à vouloir cela. C'était au moins ça.

N'ayant pas vraiment son mot à dire, ni franchement l'envie de se battre, ce fut donc en trainant limite les pieds que Jacob s'en retourna vers le couloir, attrapant mollement un verre en plastique sous le regard intrigué d'une secrétaire se demandant bien quelle était la raison de ces vas et viens. Mais sans plus s'éterniser sous les néons blancs, le cavalier revint comme il était partie de cette odieuse salle remplie tout entière par l'égo de l'italien.
Heureusement, le vin qui coula dans le gobelet blanc eut au moins un effet positif sur son caractère. Un verre d'un bon vin, c'était déjà ça de pris, et boire un peu avant d'entamer une conversation avec Giacomo, c'était limite vitale. Enfin, le cavalier n'avait pas non plus la vie dure, même si le zoologue ne le traitait pas de la meilleur des façons, il n'allait pas mourir pour quelques piques et un manque total d'égard pour sa personne. Disons que ça le blasait simplement. Faut dire qu'être pris pour un con, ça faisait rarement plaisir.

Ainsi donc il se contenta d'un hochement de tête en guise de remerciement. Même si c'était noble de sa part de pour une fois partager, un véritable « merci » aurait laissé dans la bouche de Jacob un goût amer. Bref, après une vague prière pour que la chaise de son hôte finissent par lui faire faux bon, l'allemand avala une gorgée, tâchant de perdre son regard dans le verre histoire de ne pas laisser entrevoir sa frustration et son irritation.

« D'ailleurs, tant qu'à parler de ce ''problème'', le dernier dossier que vous m'avez donné risque de prendre un peu de temps avant d'être régler. »

Un peu beaucoup, même. La bestiole avait tout sauf envie d'être découverte - ce qui, quand on y pensait, pouvait être compréhensible, mais ne facilitait pas la tâche. Bref, annoncer une mauvaise nouvelle a son employeur n'était pas chose aisé, forcément, Jacob ne voulait pas s'attarder sur la question. Il pris donc une nouvelle gorgée, belle excuse pour ne pas prononcer un mot de plus à ce sujet.

« Ah. »

Ce n'était pas sa bouteille ?
Contrairement à son interlocuteur, le cavalier ressentit une vague de culpabilité le traverser. Oups, comme on dit. Bah, c'était pas vraiment sa faute, il s'en remettrait.
En tout cas, ça ne l'étonnait pas vraiment de la part de Bonavita. Jacob qui pensait malgré tout qu'il y avait une chose de sacré pour cet homme en ce monde, ce n'était visiblement pas le respect des possession d'autrui.

« Enfin, je suppose qu'en le laissant à votre bureau il devait bien s'y attendre. »

Petite pique envoyée. Enfin, à demi, si l'on pouvait dire. Pas folle la guêpe, Jacob s'était contenté de marmonner dans sa barbe - ou plutôt son verre. Après tout c'était son patron face à lui.
Bref.

« Cette femme qui sortait de votre bureau, c'était une cliente ? »

Waoh. Alors ça, c'était se mêler des choses qui ne le regardait pas ! Enfin, ce n'était pas franchement par curiosité maladive qu'il demandait ça, mais plutôt pour savoir si oui ou non plus de boulot allait lui tomber dessus.

Enfin, un énième vrombissement détourna cette fois pour de bon son attention. Le portable s'agitait entre les mains de l'italien, seulement ce n'était pas la première fois.

« Si vous attendez un appel urgent, je peux peut-être revenir plus tard. A moins qu'on vous attende chez vous, ce que je comprends aussi. »

En un sens, il croyait à peine à l'hypothèse qu'il venait d’émettre. Même si Giacomo avait son caractère, il ne faisait pas venir les gens pour rien et surtout pas pour leur faier boire un bon verre de vin avant de les expédier sans rien demander de plus. mais bon, mieux valait prévenir que guérir, Jacob préférait poser la question, au cas où.
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MessageSujet: Re: We don't need friends we need more wine | Jacob K. Schröder   Jeu 4 Juin - 0:29

get shitfaced with class.

Le ‘rapport’ inattendu de Jacob réussit presque à avoir raison de la tension de ses zygomatiques. Presque, car l’éternel sourire fut relancé de justesse par les marmonnements de l’homme en face de lui.
L’agacement des autres fait le bonheur d’un homme, et cet homme s’appelle Giacomo.

Ce qui le fit rire, et de façon traitre car il venait de prendre une gorgée et faillit s’étouffer –doublant l’hilarité, la chaise ne glissant pas malgré ses gesticulations-, ce fut la question, ou plutôt l’idée totalement absurde que Sharpe ait besoin de ses services pour une quelconque raison, lui qui se tuait à lui mettre des bâtons dans les roues pour l’empêcher de découvrir quoi que ce soit. En un sens, on pouvait dire qu’elle contribuait grandement à mettre du pain sur la planche de Jacob, mais pas dans le rôle de la demoiselle en détresse. Il se pencha pour ramasser son portable qui, aussitôt dans sa paume, se remit à vrombir, puis enleva ses pieds du bureau et croisa ses mains, prenant un air sérieux inédit, presque sombre, en dépit de son éternelle grimace déformée par cet air sinistre.  « Vous avez oublié ce que je fais aux fouineurs ? » Même le grésillement du néon se tut. Bien sûr qu’il ne le savait pas, mais Giacomo ne doutait pas que l’imagination de Jacob remplirait les blancs. Il n’en doutait pas une seule seconde, les yeux plantés dans les siens sans ciller, ni même briser le contacte d’un seul papillonnement de paupière.

Son sourire découvrit ses dents trop alignées et il baissa les yeux vers son vieux téléphone, avant d’articuler en fixant l’écran. « ‘S’il en manque une seule goutte vous feriez mieux de quitter la ville avant mon retour’ » Il appuya sur une touche, un petit bip sonore qui aurait rendu nostalgique tout amateur de vieille technologie retentissant entre les murs. « ‘je sais très bien que vous n’êtes pas Alzheimer : n’y. touchez. Pas.’ » Le petit écran affichait encore un message non lu, mais Giacomo s’arrêta là, exceptionnellement raisonnable. Sharpe devait mourir d’exaspération dans un embouteillage pour envoyer autant de message au volant. L’intuition féminine était un phénomène surnaturel bien plus préoccupant que tous les dossiers du monde. « Oup’s, n’est-ce pas ? » glissa-t-il en se penchant pour remplir son verre et le gobelet de son vis-à-vis. « Je doute qu’elle m’attendra chez moi un jour après ça. » Il rit, encore, mais un peu plus amèrement. Décidément, Jacob était un vrai killjoy, à faire vagabonder son esprit dans cette direction alors qu’ils étaient en train de boire. Il allait lui saloper le goût du vin à force.

Le téléphone vola en pièce contre le mur derrière mr. party pooper, se taisant pour de bon cette fois. « Ça fait deux problèmes pour vous, donc. » Ce retour subit au travail lui laissait un sale arrière-goût, celui de la petite voix qui lui soufflait ‘On n'est jamais servi si bien que par soi-même.’ ; une réalité qui prenait tout son sens vu l’incompétence flagrante de son collaborateur. Il rinça son amertume et poussa la bouteille vers Jacob, remettant ses pieds sur la paillasse tout en ce penchant pour ouvrir le compartiment. « Si vous allez boire en conséquence… » Il ressortit de là-dessous avec la petite sœur, de la piquette à côté du Chamberlain, mais du vin malgré tout et avant tout. Le morceau d’aluminium trônant sur la paillasse témoignait de l’amour égal qu’il leur vouait, ou prouvait que Sharpe et Schröder avait raison de ‘s’inquiéter’ de son problème d’alcool. « Na dann prost ! » déclara-t-il comme s’ils n’avaient pas déjà plus d’une demi-bouteille derrière la cravate, son accent bien moins rouillé qu’à sa première tentative. Sans doute le vin, ou les songes portés par le sous-entendu de Jacob qui l’avaient ramené en Allemagne. Mais ils se trouvaient toujours à Détroit, la première guerre enterrée par la deuxième, au même titre que Leona –probablement. Lui-même savait qu’on ne pouvait compter sur les gens pour rester sous terre.

« Vous savez ce que veut dire prost en roumain ? » Nouveau gloussement et la chaise se plaignit d’être à nouveau basculée en équilibre. « Idiot. » Il attendit une réaction de la part de son vis-à-vis, mais rien ne serait à la hauteur de ses attentes. Ça ne pouvait faire rire que lui et ses souvenirs ; jamais bon de traiter un roumain fraîchement débarqué et un peu sanguin –dans tous les sens du terme- d’idiot, même sans faire exprès. Ce n’était pas la belle époque, mais là, tout de suite, sa main lui démangeait de briser la bouteille sur la paillasse et d’improviser une bagarre de bar –sans le bar-, en l’honneur du bon vieux temps. « Ça ne vous manque jamais ? » Bien qu’il ne regardait plus que lui, l’italien ne s’adressait bien sûr pas à son verre, ni –étonnamment- à lui-même ; la réponse était catégorique de son côté, tout comme le fait qu'il parlait bien entendu de l'Allemagne. « Avec la pisse américaine qu’ils osent appeler bière. »

Au diable l'amérique.


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MessageSujet: Re: We don't need friends we need more wine | Jacob K. Schröder   Mer 22 Juil - 20:09

SOME WINE AND SAY WHAT'S GOING ON

Ce qu'il faisait aux fouineurs ? Non, Jacob n'avait jamais eu le plaisir de le savoir, mais il imaginait bien quel genre de sort les attendait. Or, il n'y avait rien de plus terrifiant que de se faire son propre avis d'une chose, l'esprit ayant toujours tendance à en rajouter des tonnes. Alors oui, le cavalier n'avait pas franchement envie de savoir, son imagination suffisait amplement à le tenir à sa place (enfin, outre la petite incartade d'il y a quelques minutes). Quoiqu'il en soit, le regard froid du zoologue n'aidait pas franchement non plus à apaiser cette soudaine montée de stress dans la tête de l'Allemand. Faut dire qu'il avait franchit la ligne à ne pas dépasser et qu'il s'en rendait compte – chose qui lui faisait à la fois un plaisir immense et, vous vous en doutez, une grande peur.
Saupoudrez le tout de messages tout à fait passif agressif de la part d'un inconnu concernant cette superbe bouteille de vin que tout deux étaient en train de siroter et vous obteniez l'état de panique de Jacob : très élevé.
Ses yeux regardaient un coup à gauche, puis à droite, ne sachant vraiment que faire. Boire ou ne pas boire, telle était la question ? M'enfin, encore une fois, elle fut vite résolue : boire. Se donnant (encore) du courage, il avala une nouvelle gorgée, tentant de la savourer, mais l'envie que l'alcool lui arrive directement dans l'estomac était bien trop forte (et puis, si Jacob avait fait partie de la fine fleur, ça se saurait su belle allitération en s. Non, quand on né dans une famille de paysans au XVIIIe siècle, on boit sa binette comme un homme). Bref, comme prévus, Jacob s'en prenait plein la gueule et s'était à moitié bien fait pour lui – qui sème le vent, récolte la tempête, comme on dit.

« Peut-être mieux vaudrait-il racheter une bouteille quand même. »

Dernier affront avant que le rideau tombe.
M'enfin, Schröder ne tarda pas à lever les mains en signe de paix et de défaite. Non, il ne ferait plus partager ses idées intempestives. De toute façon, qui était-il pour donner ce genre de conseil, lui qui n'avait pas un seul rond ? Quoiqu'il en soit, le téléphone qui s'écrasa contre le mur marqua pour Jacob la fin de sa carrière de donneur de leçon. Sursautant, il jeta un coup d’œil au débris électroniques, s'imaginant l'espace d'un instant à leur place. Ouais, ça faisait pas bien envie quand même.

« Pardon. »

Pardon de quoi ? Il ne savait pas, mais il s'excusait pour ce qu'il avait fait, ce qu'il ferait et ce que ses futurs enfants feraient. Non, attendez, il ne pourrait jamais avoir d'enfants. Dans ce cas, il s'excusait pour toutes les cents autres années à venir. Bref. En cet instant, le grand Hessois était aussi merdeux qu'un gamin punis à la cours de recrée. Faut dire que les colères de Mr. Bonavita faisaient froid dans le dos.
Bref, la bouteille poussée vers lui fit alors l'effet d'une main tendue, un véritable moyen d’échapper à cette situation par le biais de l'alcool. Le cavalier ne se fit donc pas prier, versant une partie du contenu dans son ridicule verre en plastique, avant de répondre à son interlocuteur.

« Na dann prost, chef. »

Trinquer en allemand, ça faisait un moment qu'il ne l'avait pas fait. Voir même plus de cinquante ans d'ailleurs, quand il y réfléchissait bien. Mon dieu, que ça pouvait lui manquer ! Enfin, il aimait l'anglais et le parler n'était pas un problème en soit, après tout, il y était habitué depuis. Mais c'est vrai que pouvoir ne serait-ce placer que quelques mots dans sa langue maternelle et se faire comprendre suffisait à son bonheur.
Enfin, la petite blague improvisée du patron ne tarda pas à quelques peu lui gâcher le plaisir. Mais contre toute attente, c'est un rire étouffé qui fit office de réponse. C'est vrai, la plaisanterie en elle-même ne volait pas trop haut et pouvait même être quelques peu insultante ( voir beaucoup), néanmoins, au stade où en était Jacob, il préférait en rire qu'en pleurer.

« Bon Dieu, mais combien de langues est-ce que vous parlez ? »

Le cavalier devait bien l'admettre, son comparse était un véritable puis de science. Lui qui n'avait eu que le plaisir de travailler dans le milieu agricole, il était bien admiratif des personnes telles que Giacomo. C'est vrai que le savoir n'avait (presque) aucun mauvais côté. En tout cas, c'était cette grande culture qui rendait la personne de Bonavita agréable aux yeux du Hessois.
Mais pas le temps de prolonger le trait d'humour qu'une question vint assombrir le tableau. Tout en l'écoutant, Jacob avala une nouvelle gorgée de vin, bien décidé à savourer celle-ci ( et lui donner l'excuse d'un silence avant sa réponse). Tranquillement -le vin lui faisait prendre ses aises - il se posa sur l'une des chaises, en face de la paillasse de son patron.

« Oui et non. Enfin, c'est compliqué. Quand je vivais en Allemagne, les temps étaient bien plus durs, alors très honnêtement, je ne sais pas si je regrette ma vie là-bas. Disons que c'est le pays qui me manque. La culture, la langue, les gens, la famille, tout ça... L'Amérique, c'est très différent de l'Europe. Enfin, je pense que vous êtes bien placé pou le savoir. »

Il est vrai qu'avec un interlocuteur européen et lui aussi immigré, qui plus est, il ne pouvait que s'entendre sur ce point.

« Disons que j'ai du mal avec la mentalité. On doit certainement être vieux jeu en Allemagne mais...Enfin bref, je vais peut-être arrêter de jouer au vieil emmerdeur. »

C'est vrai, Jacob ne voulait pas se mettre à dos la nouvelle génération. De toute façon, il le savait bien, le monde ne s'était pas arrêté de tourner quand Jacob Klemens Schröder était mort ! Et puis, il fallait accepter la vérité telle qu'elle était : l'époque à laquelle il avait vécu était morte et enterrée sous des couches et des couches d'avancées technologiques, de découvertes et certainement un futur bon gros paquet de guerres. Enfin bref, ça, c'était une autre histoire.
En tout cas, le cavalier ne manqua pas de rire de bon coeur à la mention des bières. C'est vrai que l'Amérique ne savait pas vraiment donner ses lettres de noblesse au houblon...

« Ah ça, pour sûr, elles sont dégueulasses - je veux dire immonde, pardon. Voir même imbuvable. Mais bon, on fait avec. En tout cas j'imagine qu'à ce niveau là, vous devez être à peu prêt dans le même bateau que moi. ça doit grincer des dents devant les bouteilles de vin et la nourriture en générales. »

Il est sûr que quand on venait d'Italie ou de France, la vie (entendez par là les repas) devait être bien fade à Détroit. Surtout à Détroit.

« Et vous, ça vous manque ? Enfin, j'imagine que vous êtes plutôt bien intégré, en tout cas vous en avez tout l'air. Un bon travail, un bon salaire...Les américains aiment bien ça.. »

La course à la réussite, n'y avait-il pas plus con et plus honorable comme idéal ? C'est vrai qu'au moins, ça donnait de bonnes idées à la populace, mais si c'était pour laisser les pauvres derrière, était-ce véritablement une bonne idée ? En tant que sans-papier, Jacob pouvait témoigner : non.
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MessageSujet: Re: We don't need friends we need more wine | Jacob K. Schröder   Ven 7 Aoû - 1:40

get shitfaced with class.

Combien de langue, hein ? La question fit résonner un éclat de rire entre les murs, bref mais tonitruant. Comme quoi mr. Schröder était doué d’humour, mais vu l’hilarité facile de son vis-à-vis, n’importe qui pouvait en avoir avec les bons mots, et surtout les bonnes questions. Combien ? Du Roumain à l’italien,  la transition avait été facile, merci aux racines latines communes. L’allemand avait été un véritable calvaire, et même son égo surdimensionné voulait bien admettre que jamais il n’avait tout à fait maîtrisé la langue. Assez pour obéir –plus ou moins- aux ordres et tenir un fusil, pour sûr ! Pas assez pour gagner la guerre, mais ça c’était la faute à ces incapables plus haut. Jamais mieux servi que par soi-même, éternellement !

Et l’anglais. Oh, l’anglais, n’en parlons même pas, un jeu d’enfant pour un pays d’enfants.

Enfin, on ne changeait pas une équipe qui gagnait, ni un éternel casseur d’ambiance. Ça ne lui serait pas passé par la tête que c’était la faute de sa question, faire creuser dans les bons vieux souvenirs qui vous pique à vif dans la nostalgie, le terrible mal du pays, mal de l’époque, mélangé à des souvenirs peu joyeux. Blergh, Giacomo préféra se rincer la gorge directement au goulot de la bouteille plutôt que d’écouter cela. Il ne manquerait plus que ça verse des larmes.  Et vieux jeux ? L’Allemagne, l’Europe ? Moyen-âgeux, oui ! Mais que la sombre époque du moyen âge devait être exaltante. Le prétendu italien se maudissait presque de ne pas être né et mort plus tôt.

Heureusement, la petite familiarité de son collaborateur ré illumina son visage. C’était toujours mignon, de lui rappeler qui méritait politesse et distinction dans cette pièce, il en mit sa main sur son cœur tant ça le toucha. « Infecte, ils ne savent rien faire ici. » Le zoologue ne donnait pas souvent raison aux autres, mais Schröder avait tapé particulièrement juste. Même sa piquette était importée. Tout ce qui poussait sur ce continent ne valait pas la peine d’être consommé après être passé entre les mains des américains. C’était gras et excessivement sucré, comme ce que mange, je vous le donne dans le mille, des enfants. Les seules bonnes choses en Amérique étaient ce qui ne venait justement pas d’Amérique. S’il n’avait malheureusement pas eut la joie de connaître l’Italie, la vraie, les immigrés avaient su insuffler un peu de qualité dans leurs quartiers désignés, et rendu l’Amérique presque attachante.

« Dois-je sentir une pointe de jalousie dans ce que vous ‘imaginez’, Schröder ? » Son sourire trop droit fendait son visage en deux, omniprésent. Il semblait même rester là lorsque l’homme portait la bouteille à ses lèvres, ce qui n’était qu’en partie faux vu sa grimace. Heureusement que les années lui avaient appris à boire sans s’en mettre partout. « Les américains sont stupides, Schröder. Il est très, très facile de gravir l’échelle sociale quand vos adversaires sont des singes. » C’était en mettant de côté Sharp. Sharp était l’exception purement américaine existant pour confirmer la règle. « Pas que vous ayez ce qui faut en vous pour, mais j’estime que vous comprenez le principe. »

Et ce fut le rire qui redémarra, secouant sa poitrine et faisant sauter le liquide dans la bouteille. La tête rejetée en arrière comme ça, c’était un miracle que cette chaise s’obstine à le tenir en équilibre. Un stupide journaliste amateur réussirait à mettre ça sur le compte du surnaturel. C’était la grande mode ces jours. Mais Giacomo finit par se calmer, cessant de défier les lois de l’univers doucement mais sûrement, allant jusqu’à enlever ses pieds de la paillasse comme s’il était conscient d’avoir poussé sa chance un peu loin. Il s’avachit sur la surface fraiche, la joue appuyée contre son bras et une main sur le dessus de sa tête. Il semblait presque pensif, favorisant le vide plutôt que son verre ou la bouteille, plongé dans ses pensées. Calme, même. Ça, c’était du phénomène surnaturel. « Ces choses n’arrivent pas en un jour. » Difficile à dire si le reste de sourire sur ses lèvres était nostalgique ou simplement son visage relaxé. Combien restait-il dans la bouteille ? A ce rythme, il devrait déjà en ouvrir une autre. « Et pour être franc avec vous, ce qui me manque, c’est de ne pas m’ennuyer. » Mon dieu l’ennui. « Vous croyez que vous buvez ce vin pour quelle raison ? » Pas besoin d’être une lumière, même Schröder pouvait trouver tout seul comme un grand, et se garder la réponse à cette question rhétorique. Ha pour sûr, la première guerre mondiale était plus exaltante, et on parlait de rester planté dans des tranchées comme des pots de fleurs pendant des semaines entières sans jamais tirer, jusqu’à ce qu’un suicidaire –souvent, Giacomo- en ait ras le bol et se mette à courir en direction de l’ennemi.

Tiens, voilà une chose qui lui manquait. Un souvenir en plus à arroser avec le fond de la bouteille.

« Vous savez ce qui manque à cette ville ? » commença-t-il à nouveau sous la paillasse, en train de fouiller son cabinet en quête d’une autre petite sœur. La famille s’agrandissait, mais l’italien prenait la peine de cacher les bouteilles vides à ses pieds pour ne pas commencer une muraille : ce serait dommage de louper toutes les nuances sur le visage de son vis-à-vis. « Des gens intéressants. Ils sont tous morts avec le 20e siècle ; enfin, presque. » Il parlait de lui-même, bien sûr, mais ce serait absurde de dire tout haut ce que tout le monde savait déjà. « Et on peut consacrer vie sur vie à une carrière, sans personne d’intéressant à qui passer ces connaissances-- » Rah, il en plongeait là où son esprit ne voulait pas aller. Un autre verre l’aiderait à faire passer ce moment désagréable. Il ne reprit le court de sa phrase qu’après l’avoir descendu. « -elle cesse de valoir la peine d’être vécue. »

Wow. Une seconde, Giacomo faillit piquer du nez là où il n’avait aucune chance de sortir sans un encore autre verre de vin. Décidément, cette conversation partaient là où elle ne devait surtout pas aller. « Avez-vous une famille, mr. Schröder ? » Lui qui lui enviait son bon travail, son bon salaire, sa bonne place dans la société, possédait-il seulement quelque chose qui pourrait retourner cette jalousie. L’italien commençait à glisser sur la pente de l’autodestruction, à croire qu’il voulait se donner une raison d’être déprimé : mais il pouvait toujours se convaincre que c’était une autre occasion de se moquer de l’allemand. Oui, oui ça, c’était bien mieux. « A quoi vous servirait mon travail, mon salaire, toutes les langues du monde et vos vieux souvenirs, sans famille ? C’est précisément de ça dont je parle. »

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MessageSujet: Re: We don't need friends we need more wine | Jacob K. Schröder   Mer 23 Mar - 17:14

SOME WINE AND SAY WHAT'S GOING ON

De la jalousie ? Oui, il y en avait peut-être dans sa voix. Sûrement, même, à vrai dire. Même si Jacob n'avait jamais mené la vie de château, même si sa plus grande richesse n'avait été que la rente de son service militaire, il aurait aimé être assez débrouillard pour tomber dans le bon train qui partait du quai de la routine vers la gare du succès. Mais voilà, le cavalier était un incorrigible raté, un homme qui ne sait pas bondir dans le bon wagon quand une occasion se présente. Jusque là, il avait plutôt raté sa vie, sa seule réussite en matière d'échec, et il était bien lancé sur cette pente à 80%. Au fond, à Detroit, il n'était rien de plus que ce qu'il n'avait jamais été : un type qui travaille, mais pas trop, un de ces gars dont le visage reste pas longtemps imprimé dans votre mémoire. Et encore, il n'était pas à la rue. Alors, même s'il ne se morfondait que rarement sur son cas, oui, il enviait Giacomo. Il enviait cet esprit que lui ne possédait pas, cette place dans la société, cet argent, ce téléphone, ces bouteilles à ses pieds... Tout ce qui soulignait l'écart entre sa situation et celle de ce type lui faisaient envie. Hélas, quand on est pas une lumière, on regarde simplement tout ce luxe vous tendre les bras en espérant au moins l'effleurer. Pour ça, ce contact avec le zoologue était une bénédiction : certes, c'était dur de voir tout ce qu'il aurait pu avoir en deux cent ans de vie, mais en même temps, c'était le seul moyen pour lui de poser les yeux sur un tel faste.

«  C'est p'têtre ça. C'est sûr que votre place fait envie. Enfin, je sais pas trop. »

La réponse était ridiculement courte, pas franchement très assurée. Faut dire qu'avec ce type, Jacob ne savait pas franchement sur quel pied danser. À chaque mot lâché, l'affreuse impression qu'une humiliation allait suivre pesait sur le cœur de l'allemand. M'enfin, il n'y avait pas grand chose à faire pour se défendre, même pas de quoi se débattre. Tais toi et marche, c'était un peu le mot d'ordre du cavalier quand il s'entretenait avec Giacomo. Mieux valait mettre son honneur de côté, de toute façon, Jacob n'avait pas assez d'esprit pour que ses mots aient le même tranchant que son vis-à-vis.
Mais comme prévus, Giacomo ne rata pas sa cible. Schröder regarda dans son verre l'alcool tourner, fronçant les sourcils de temps à autre quand les piques tapait un peu trop fort sur son ego, mais il ne disait mot. Silence, ton tour viendra, pensait-il.

Et la question tant redoutée tomba comme un couperet sur sa nuque. Le cavalier leva les yeux de sa boisson, regardant l'italien avec, l'espace de quelques instants, l'expression d'une biche apeurée devant les phares d'une voiture. Faut dire que ça faisait un bon bout de temps qu'il n'avait pas parlé de tout ça. La chose était presque tabou et, à part quelques très bons et vieux amis qui devaient se compter sur le doigts d'une main, pas grand monde n'était au courant des tenants et des aboutissants de sa vie passée. Ce n'était pas quelques chose qu'il aimait partager, premièrement parce qu'il trouvait ça terriblement personnel et deuxièmement parce que c'était trop douloureux. Toute sa relation avec celle qu'il considérait encore et toujours comme sa femme avait pris fin de façon aussi soudaine que mystérieuse. Partir sans un je t'aime, sans une preuve d'affection alors qu'il lui avait fait endurer tant de souffrance, était une chose que Jacob regrettait amèrement.

« Non, je n'ai plus de famille. »

Le ton était sec, mai ce n'était pas spécialement contre Giacmmo. Il avait le droit de demander, même si son interrogatoire était plus motivé par son côté pernicieux que par un véritable intérêt. Bah, Schröder ne pouvait pas lui en vouloir. Lui aussi, fut un temps, il avait été un véritable salaud.

« J'avais une femme à Hesse, mais j'imagine que ce n'est plus franchement d'actualité maintenant. En tout cas on a jamais pu avoir d'enfant. Tout ce que je fais, je le fais pour moi. Pour une fois, on dirait que vous vous êtes trompé.»

Un rire tout à fait innocent éclata dans sa gorge. Oui, Mr. Bonavita s'était planté, marquez donc ce jour d'une pierre blanche ! Enfin, peut-être qu'il voulait dire autre chose, mais pour le plus gros du sens, il avait raté sa cible. Alors, même si Jacob aurait aimé lui donner raison - oh oui, dieu qu'il aurait aimé ça - c'était peine perdue !
Tout seul. oui, il était tout seul. Mais il n'était pas à plaindre pour autant. Tout ça, c'était de sa faute après tout. Puis, c'était pas comme si les connaissances, l'amitié, l'amour d'une nuit, tout ça, ça n'existait pas. Non, on est heureusement jamais vraiment seul. Quoique, Schröder aurait bien fait une exception pour le zoologue. S'il y avait bien quelqu'un au monde qui s'était enfermé loin du bruit humain, c'était sûrement ce type. Pourtant, ça ne lui fait pas plaisir de penser ça, au cavalier. ça le rendait presque morose, à vrai dire. Faut dire que Giacomo n'était pas franchement différent de ce qu'il avait put être : un égoïste. Est-ce qu'il se reconnaissait en lui ? peut-être un peu, parfois, en tout cas, pour ce qui était de faire le mauvais choix, oui.

« En tout cas, je me hasarderai pas à vous poser cette question, parce que je crois bien qu'on est dans le même bateau, non ? Enfin, c'est peut-être présomptueux d'assumer ça, mais je vous ai jamais vu accompagné. On parle seulement de vous au singulier et le simple fait que vous soyez ici, à boire une bouteille si ridiculement chère avec un type comme moi, crie pas franchement "mariage" et "vie de famille réussie". J'veux pas vous faire de mal en disant ça, hein, sinon je vous aurais posé la question. »

Non, pour une fois, il n'y avait aucune animosité dans sa voix, au contraire. Jamais il n'avait été aussi calme, aussi précis et concret. Il savait bien trop à quel point le sujet pouvait être douloureux pour s'en amuser. Il ne lui voulait pas de mal, à son patron. Peut-être que parfois l'envie de le secouer lui prenait, mais de là à vouloir le voir souffrir, pour de vrai, il y avait tout un monde.

« Ça s'entend quand vous parlez. Et J'imagine que si vous êtes comme ça, c'est parce qu'un jour, enfin, j'veux dire avant, y avait peut-être autre chose. Vous avez pas l'air heureux pour quelqu'un qui a réussi. En tout cas, c'est pas l'image que je me faisais du sucés. Après, j'ai sûrement tort, je sais pas, j'vous connais pas franchement si bien que ça non plus.  »

En tout cas, le moins qu'on puisse dire, c'était que la conversation prenait une tournure plus qu'inattendue. Trop de franc parlé venait d'être balancé dans quelques phrases arrangées à la va-vite, Jacob s'en rendait bien compte. Il avait même sûrement dépassé les bornes et, honnêtement, ça lui retournait l'estomac de pensé qu'il était sorti de sa case. Mais bon, l'alcool avait ce don de vous délier la langue, ce p'tit quelque chose qui vous rendait parfois plus vrai et contre lequel on ne pouvait pas lutter.

« Je devrais pas vous dire tout ça, je sais, mais fallait que ça sorte. »

Un rire pincé marqua le point finale de sa phrase. Il était mal à l'aise, ça se sentait même jusque dans sa posture. Faut dire que c'était pas rien, ce qu'il vennait de faire. Mais Jacob n'avait jamais été doué pour assumer les conséquences de ses actes. Alors, là, maintenant, tout de suite, il aurait aimé être une souris pour pouvoir filer discrètement par le plus petit des trous.
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MessageSujet: Re: We don't need friends we need more wine | Jacob K. Schröder   Lun 25 Avr - 22:41

get shitfaced with class.

Rien ne pouvait égaler le contentement d'être jalousé, même par un raté indécis et mal-assuré; ça procurait le même petit rush de satisfaction quel que soit le statut social, et ça valait mille fois les papillons dans le ventre. La jubilation continua de flotter dans sa tête et sur son visage. Entre ça et la capacité du cavalier à endurer docilement en restant à sa place, Giacomo ne pouvait que l'adorer: Schröder réussissait à tenir son humeur au beau-fixe alors qu'ils s'enfonçaient dans les sujets les plus sombre et tabou de sa psyché. A moins que ce soit entièrement le mérite du vin; après tout il n'avait jamais eu l'alcool particulièrement mauvais. « Heh, touché. » lui accorda-t-il tout en accompagnant son rire de bon cœur. Entre égoïste, il pouvait bien admettre ne pas être infailliblement perspicace, surtout lorsque son vis-à-vis lui avait servi un tel regard avant de s'exhaler de lui avoir donné tort: l'italien n'aurait pas eu besoin de mots pour comprendre sa réponse, mais la subtilité n'était pas offerte à tous. Il aurait préféré qu'ils ne s'étalent pas sur le sujet, car si cette réponse cassante et ce petit air désemparé avait été tout à fait délectable, en apprendre plus sur le fond et la forme commença à donner raison de s'installer à la culpabilité, de quoi tuer son rire et le réduire à quelques derniers gloussement nerveux, la satisfaction laissant place à une introspection qui n'appelait que plus de vin: il rempli son verre et se pencha pour remplir le gobelet Herr rabat-joie, qu'il en veuille ou non.

Tout allait pour le mieux du monde jusqu'à ce que ledit rabat-joie ne décide de lui renvoyer sa question au visage. Même avec autant de maladresse et deni: les faits étaient-là. Giacomo leva les yeux vers Schröder sans lever le nez de son verre, toute trace d'hilarité, jusqu'à la dernière ride de ses joues effacée de son visage. Il ne l'invita ni à continuer, ni à arrêter: le cavalier pouvait se féliciter de l'avoir pris de court ET d'avoir piqué sa curiosité à vif. Pas par la nature de la question -se contenter de renvoyer la sienne comme n'avait rien de plus innovateur qu'une partie de tennis-, mais par son audace, non, son culot. Personne ne se serait attendu à un tel revers de la part d'un prolétaire qui venait d'admettre son infériorité. Et si Giacomo ne supportait pas quelque chose, c'était d'être psychanalysé, surtout par un sous-fifre. Et pourtant, il gardait le nez dans son verre, les lèvres sur le rebord et le reste du corps avachis sur sa chaise, le regard planté sur son psychiatre improvisé, lui demandant silencieusement s'il souhaitait réellement s'engager sur cette pente avec lui, tout en étant trop curieux de voir s'il irait jusqu'au bout de sa pensée pour l'interrompre.

Et qu'il y alla. Si on ne comptait pas que Schröder lui donnait l'impression d'être sur le point de rendre tout le vin qu'il lui avait offert ou de faire un syncope après avoir vidé son sac et sa tentative ridicule d'euphémiser son petit compte-rendu, Jacob était allé au bout, en travers et en dans chaque recoin de sa pensée. C'était donc ça qu'il complotait en silence en se laissant bien sagement ridiculiser ? Avait-il tout prévu, jusqu'à son petit rire de clôture, histoire de lui donner un avant-goût son propre venin ? Non non, Schröder n'était pas moitié assez malin pour élaborer ce genre de vengeance. Et pourtant, ça restait fulgurant; rien ne l'était plus que l'arrière-goût de la vérité. « Moi qui croyait que vous aviez perdu la tête, je vois que vous êtes encore capable d'être lucide. » Probablement que sa boutade aurait fait mouche s'il ne l'avait pas siffler entre ses dents et si le pied de son verre n'avait pas trembloté en se posant sur la paillasse. C'était mieux de le laisser là, le temps qu'il décide si oui ou non la réaction adéquate était de l'éclater sur la tête de Schröder -on ne pouvait jamais être trop sûr, avec ses impulsions-; car même si ça lui démangeait, ce serait admettre qu'il avait raison sur toute la ligne, et qu'il était réellement aussi pathétique et misérable que lui. Giacomo n'était pas malheureux, il pétait la forme depuis sa résurrection ! Oh, pour sûr, il avait quelques coups de blues, des moments d'égarement légèrement autodestructeur et plusieurs tentatives infructueuses au compteur, mais il ne s'était jamais senti plus vivant qu'après son décès. S'il n'avait jamais été gracié par l'immortalité, il n'aurait jamais vécu, et Schröder avait l'horrible défaut d'avoir ce point commun avec lui et de pouvoir comprendre. « J'ai bousillé mes chances avec elle pour ce qu'il y a dans votre gobelet. Pensez-y avant de m'insulter. » Un coup de menton vers le cadavre du portable suffisait à rappeler à qui appartenait la belle bouteille qu'ils torchaient joyeusement, et le claquement de langue qui ponctua son rappel aimable l'agacement qui aurait pu s'abattre sur son invité. Ils étaient tous plus ingrat les uns que les autres, autant Sharpe que lui, et le voilà Réduit à se lamenter autour d'une bouteille avec un type qui abhorrait sans doute sa compagnie; et bien, il allait la subir un peu plus longtemps. « Elle est morte, votre femme ? » hasarda-t-il en poussant la bouteille vers l'intéressé, des fois qu'il aurait aussi besoin de rincer l'arrière-goût amer du passé en se relançant le sujet. Giacomo, lui, s'y attelait déjà -surtout après le rappel de la défaite cuisante qu'était Sharpe-, avant de poursuivre: « C'est une connerie d'aimer quelque chose de mortel. » Et lui, il était un beau con pour s'être fait avoir trois fois, avec prescription pour la première: ce n'est pas comme si il s'était attendu à vivre plus longtemps qu'elle. Cette réalisation le fit soupirer comme si tous les malheurs du monde pesaient sur ses épaules, ses doigts s'occupant en faisant tournoyer son verre dans un équilibre tout aussi hasardeux que sa chaise auparavant. « Ils sont si obsédés par leur propre mortalité et l'idée de continuer à vivre à travers leur progéniture- comme si ça les rendait immortel-- » La simple idée le fit rire, les bras grands ouverts tant il n'en revenait toujours pas, même après des décennies. Quel genre de connerie pouvait vous ruiner un mariage parfaitement stable, hein ? Jacob pouvait le comprendre, il le savait -c'était probablement ce qui l'avait sauvé d'un lynchage après son affront éhonté, inconsciemment-, rien ne lui échappait, surtout pas au débouchage de la troisième bouteille. « -sales égoïstes. Enfin, vous savez. » C'était dit avec bien moins d'amertume que ce que le mot laissait sous-entendre. Les humains étaient juste fait ainsi, leur stupide naïveté faisait partie de leur charme. « C'est surmontable, tant qu'on ne se laisse pas contaminer. » souffla-t-il, son menton allant se nicher sans sa paume alors qu'un soupir plus lourd de sens qu'il ne l'aurait permis sobre affaissaient ses épaules. Que de discussions déprimantes pour un si bon cru.

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