Depuis la nuit des temps, l'Homme se pose une même question : sommes nous vraiment seul ?
Que ce soit sur terre ou bien ailleurs, dans l'au-delà, l'être humain à souvent chercher des réponses sans jamais en trouver. En quête d'une chose qui serait son égal, un être qui lui serait supérieur, un modèle, peut être, ou encore un ennemis, ses recherches, hélas, ont toujours étaient vaines.
Années après années, siècles après siècles, de nouvelles questions étaient soulevées, mais toutes restaient sans aucune réponses et ce malgré les incessantes recherches, les gigantesques et terribles inquisitions et les nombreuses battus. L'ignorance reignait.
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Sully Morpeth
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MessageSujet: Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high   Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high EmptyJeu 30 Avr - 21:06

carte d'identite






Nom : MORPETH
Prénom(s) : Sullivan, Camille
Âge : 17 ans

Nationalité : AMERICA TEAM FREE WILL
Métier : Commis  
Groupe : Really curious (hll yh)

miroir de l'ame


▌Description du caractère :

"T'es pas plus con qu'un autre putain! Alors qu'est-ce que tu fous?! Arrête de rêver un peu."

Maman, Timothy. Les professeurs aussi. On lui dit que ça suffit, qu'il faut redescendre sur terre, qu'il a plein de potentiel mais trop d'étourderie; que sa tête est perchée dans les nuages et qu'il imagine trop de choses qui n'existent pas, qu'il voit des monstres là où il n'y en a pas, que faut stopper le régime aux dessins animés, et tant que vous y êtes; bouclez les films, les jeux, les livres et les BD. Sully tu n'as plus le droit de t'échapper.

Il est psychiquement halluciné. Un rien peut le terrifier. Ou pas. Ce n'est pas tout à fait vrai.

D'accord peut-être qu'il exagère à vouloir débusquer la Petite Souris et tous les autres personnages de contes dont on l'a bercé. Mais aujourd'hui, ceux dont il a appris à se méfier, ce sont des humains avant tout. Parce que l'homme est une créature laide, bouffée, corrompue, altérée. Parce que l'homme se rengorge d'orgueil et de prétentions arbitraires et orientées. Parce que l'homme peut torturer ses congénères jusqu'à les briser.
On l'a traîné chez des dizaines de psys, sur des prétextes faits en carton-pâte, et ça n'a jamais vraiment abouti. On lui a recommandé une liste longue et sur plusieurs années de médicaments et de traitements, pour qu'il cesse d'avoir l'air d'un névrosé.
Quand les grands tournaient le dos, il a tout balancé. Je vais très bien, pour qui vous me prenez ?

Sullivan a des idées plein la tête, ça déborde, mais c'est pas grave, il continue ses gribouillis. Il n'aime pas trop écrire, il faut trop de patience pour arriver à aligner une ligne, deux, trois, couvrir une page entière. Une patience qu'il use à la vitesse de l'éclair. Alors il trouve d'autres moyens, il en parle, tout seul, quand il marche dans la rue et que le trottoir a besoin d'un peu de lumière selon son humble avis.

Mais ce n'est pas pour cela qu'il s'enferme, même si là-bas, à Chicago, plus personne ne le croit.

Il a - en dépit de ce qu'on raconte - toujours les cinq sens en éveil, ou carrément les six. Lunard est conscient de tout; c'est au point de la sur-attention, au grand dam des monsieurs-madames qui tentent de le piéger, pour lui refiler plus encore de cochonneries bien chimiques. De ces gens-là, il n'y en a qu'un qui s'est risqué à le prononcer: "Votre fils est un hyper-sensible." Parce qu'il se laisse facilement atteindre et qu'il doit se fabriquer ses propres barrières, son propre système de défense mental, émotionnel, et que ce n'est pas facile du tout. Parce qu'il ressent tout plus fort que les autres et que ça le mouche plus aisément aussi. Parce qu'il y a des barrières qu'il ne contrôle pas, en dépit de sa bonne volonté. Parce qu'à vouloir faire comme les autres, il est devenu dangereusement instable, à moitié trop malléable, à moitié trop sauvage. Il comprend soit, mais à retourner la question d'innombrable fois, il y a ce temps de décalage que certains qualifient de retard. Lui il sait, au fond, que ce sont ses analyses trop poussées pour tout décortiquer qui le désavantage face aux autres. Mais c'est ainsi, il fait de son mieux, se répète-il, comme pour déculpabiliser. Pardon, pardon, pardon, je suis désolé.

... Ah, j'aurais dû m'excuser ?

Pourquoi tourner sept fois la langue dans sa bouche ? Ca fait des nœuds, après!...

Avec ce sacré barda, il pourrait exceller. Il pourrait réussir. Et on grommelle après lui "Ce C+ pourrait parfaitement être un A. Efforcez-vous!". Ben ouais, sauf que nan. Nan nan. Ca le fatigue. Ca le lasse. D'exécuter les ordres comme un gentil petit soldat. Lui, il est silencieux, passif, observateur, réfréné. Pour son confort, il accepte de suivre le troupeau, de s'embourber dans le clan des tapageurs, de ces petites frappes apprentis délinquants qui lui enseignent les ficelles du métier, de comment crocheter une serrure à quel grillage escalader. Il se cherche à travers des têtes brûlées, un peu d'autorité sortie de la sphère du mépris. Il maudit, du creux de l'estomac, ce qu'il considère être l'assertion de sa lâcheté. Pareille à un calque qu'il superpose n'importe où pour parvenir à s'auto-protéger.

Mais un jour... Il espère qu'il pourra s'extirper de cette dépendance qu'il a, de se fier à tout ce qu'il voit, tandis que les poils de son échine se hérissent, qu'il s'invective de se prendre en main, de repartir à zéro, de mesurer sa confiance, de n'écouter que ses intuitions à lui, de se forger, se faire respecter, accélérer, rester entier.

Il a semé, plus ou moins partout sur son chemin, des morceaux de lui, de ses réactions spontanées, de tous ses gestes avortés.


▌Croyez-vous en l'existence des monstres ? Si oui en avez-vous déjà vu ?

"Petit-petit... As-tu vérifié sous ton lit ?"

Quand on a grandi avec cette drôle de ritournelle, chaque soir, à l'heure du dernier bisou, on finit par garder des séquelles - quitte à jouer au malade imaginaire. Ce sont de ténus réflexes, auxquels plus personne ne prête attention; des rituels inconscients qu'on accomplit de nos gestes mécaniques. Et un, deux, trois, les quatre pieds ont été époussetés, la couverture en gigogne n'est pas dépliée. Ca semble un peu paranoïaque, et on se prend vaguement pour un prisonnier les fers aux chevilles, fermement attaché à la planche... Mais on finit par se croire en sécurité, dans cette grande agglomération qui ne souffle jamais, où les adultes jouent avec beaucoup trop de sérieux au gendarme et au voleur, à tous les niveaux de la société. On s'endort sans méfiance, se reposant sur des acquis et des prières à la cantonade.
Sauf lui. Lui, il s'est fait à l'idée de vivre sur ses gardes, avec cette anticipation de l'enfant qui croit au Père Noël et qui ne souhaite qu'en prendre un cliché; pour se prouver à soi-même ses limites, ses capacités, et tout ce qu'on lui a dénié. Quoi que ça effraie, et que cette perspective suffit aux esprits de se calmer.

Du plat de la main, il appuie contre sa poitrine, tentant maladroitement d'apaiser son cœur qui bat la chamade, pour n'importe quoi. Il a trop regardé la télé, Sullivan. Il fait d'une broutille tout un plat: Il ne faut plus faire de régime, parce que si on maigrit, c'est la faute des Adiposes, et puis ce médecin, pourquoi il pose son stéthoscope plusieurs fois sur mon torse? Combien de système cardiaque imagines-tu que je dispose? Un n'est-il pas assez? On blâme son imagination déluré, il s'exaspère qu'on lui refuse cette vérité.
Il y songe, de temps en temps. Il voudrait bien, se contenter de rien. Il a essayé, une fois. Il a lutté. Il a fait son possible pour parvenir à oublier... Sans succès.
Peut-être qu'ils ont raison, P'pa, M'man et les professeurs, et les docteurs. Peut-être qu'il devrait arrêter de chercher, peut-être qu'il est fou à lier...

Mais quand le cent pour cent n'existe pas, il vaut mieux veiller derrière soi.


▌Que pensez-vous de cette fameuse vidéo qui a tourné sur le web ?

Machin par-ci, machine par-là, tu connais la rumeur, t'en penses quoi, on fait un casse ce soir? Dis, t'as pas vu mes chaussettes!... Non un lutin te les aura piqué ~ Fais gaffe Silly-van, freluquet que tu es, c'est toi qui vas y passer - Ta gueule.

Et on se prend le fion - pardon! le front, avec ces histoires qui tournent en boucle.

Bien sûr qu'ils l'ont tous vue. Bien sûr qu'ils allaient en discuter. C'était comme une provocation, là, étalée sous leur nez, quand dans un mouvement de nostalgie générale, ils s'y étaient mis à plusieurs, dans une alliance silencieuse et orchestrale, pour faire exploser les réseaux sociaux, cette nuit, les boîtes de messages débordants de rappels, et les claviers d'ordinateurs poussant un rugissement à l'unisson. On aurait dit des bêtes apathiques se relevant des entrailles de la Terre où elles s'étaient laissées mourir et patientaient pour une décomposition mémorielle lente et chargée de regrets.

Ca fait une éternité, que le groupe s'est disloqué et que Sullivan s'est enfoncé, loin, loin, dans les méandres du shit, du crack, des champis, et tout ce qui vous rend la vie plus belle tout en brisant l'esprit en menus morceaux. Ca fait une éternité qu'ils ont tous abandonné d'y croire, que leur sacro-sainte solidarité ne tient la route qu'avec un pied de chaise cassé et des promesses en l'air qui ne sont plus que des coups de cravache pour se faire avancer. Passé les quinze ans, ils ont fini de jouer les durs, les caïds poétiques et les fous esthétiques.

Aujourd'hui, c'est un peu comme une résurrection.
Et l'angoisse d'avoir finalement eu raison qui lui tord l'estomac.

Sully, Sally, Sullivan, Silly-van; fais pas ta mauviette.
Dis, tu crois aux fantômes?

*

Adossé contre le mur de sa chambre terni par les ans et l'humidité, Sullivan ne pipe mot, comme s'il rongeait un frein qu'il a pourtant épuisé depuis longtemps. Hier, lorsque la vidéo est passée au JT, ils mangeaient tous ensemble dans une tablée de pantomime, comme chaque soir depuis cinq ans. Un théâtre qui lui donne envie de vomir, un corvée ménagère à même titre que d'autres.
Il a vu, du coin de l'oeil, le regard scrutateur de Timothy et le sursaut apeuré de sa mère; alors oui, ça lui suffit, de garder la tête baissée et le coup de poignet agressif tandis qu'il tranche le jambon bouilli nageant dans sa flaque de graisse. Il laisse Jan et Laurette se disputer en exposant des théories foireuses trouvées à deux francs six sous sur 9gag ou 4chan, leur fanatisme geek s'assumant rondement, sans honte ni complexe. Lui, il vaut mieux qu'il se taise, parce qu'être un adolescent presque adulte, ça vous rend moins légitime qu'un enfant qui a encore son droit de rêver.

"Pas toi."

Hoche hoche hoche. Tremble aussi. De toute manière, il a déjà mis du gaffer noir sur ça, pas besoin de le répéter.
Alors à tout prendre, il laisse Petra babiller et les couverts dans l'évier.

Il préfère se barricader dans son antre, pinceaux brandis tels des armes au poing et peindre et jeter et se défaire de cette rage en colère lasse qui saisit son bras, qui lui brûle la peau, lorsque de l'autre côté du battant, il peut presque entendre son frère susurrer

"T'as plus l'âge pour ces conneries. Faut grandir, Silly-van."

J'aimerais bien t'y voir, connard.


▌Vous sentez-vous à l'aise à Détroit ?

La ville a un goût salé, un goût de rouille, un goût terni de pollution auquel on a du mal à échapper. Elle a ces volutes noires et ce cambouis contre la plinthe des murs et sur le grillage des caniveaux. Et puis il y a aussi ce bruit, incessant, qui lui rappelle Chicago et sans quoi les nuits seraient terribles de solitude. Parfois, en déambulant entre deux immeubles, il se dit qu'il est tombé au plus bas et que c'est l'Enfer. Mais un drôle d'Enfer, alors, un Enfer où il apprend à se débrouiller, à slalommer de voitures en camions, où on lui propose d'apprivoiser cette jungle effrénée. Ca évoque l'ouvrier et les photos délavées. Il se noie et fait la tournée des bars avec entrain, évite les gens trop tirés aux quatre épingles, et se fond dans le décor du trottoir. Il n'y a pas grand chose à faire, parce qu'ici, c'est la zone, avec juste un trop plein de débauche, et cet anonymat qui accueille les naufragés perdus. C'est un peu ça, oui. Sully s'est contenté d'échouer là, à guetter un signe de ses yeux alourdis par l'agressivité moite de l'air. A Détroit, le temps coule sans qu'on lui demande rien. Et les choses se tassent. D'elles-mêmes. A Détroit, on se sent automate plus que citoyen.

Quelles sont vos activités favorites ? Avez vous une passion ?

Sully gribouille, un peu n'importe où, ce qui lui passe par la tête. On dirait des personnages tout droit sortis de BD belges, ou de vieux fancomics un peu rouillés, grossièrement taillés, inventés ou réassemblés. Sully fait son bricolage avec n'importe quoi, quitte à ce que parfois, ça ressemble à la pâtée mal touillée, avec des grumeaux dedans. Du cambouis plein les mains, ça ne l'empêche pas de tartiner la moindre petite surface, pour faire naître des portraits ou des bonhommes de charbon; comme pour entendre de nouveau le moteur de son scooter rugir avec force et fougue. Les uns comme l'autre sont de fières bêtes qu'il caresse du bout des doigts. Ce sont ses camarades, ses amis imaginaires, ses amis exubérant qui viennent remplir son cerveau. D'une part ses chevaliers, de l'autre son destrier.

Avec trois piécettes, il préfère refaire son stock d'idées en se payant une place pour le dernier film sorti plutôt que de se bourrer la gueule avec de la vodka pas fraîche achetée la plus cheap possible à la droguerie du coin. Si on boit, autant boire solide, autant boire vrai, autant apprécier.

Parce que les goûts, ça tient à ça, à pas grand-chose peut-être mais au moins à ça, c'est sûr. Des milliers de capteurs sur une langue et quelques zones identifiables dans le cerveau.

Et puis des fois... Des fois il ne fait rien. Il s'arrête, en plein milieu du trottoir, du salon, du couloir. Il regarde les citoyens, les minus, les maxus, les vieillards, les péripatéticiennes et les étudiants distribuant leurs flyers comme des vendeurs de journaux à la criée. Il observe les coins de briques et de bétons qui s'épluchent tous seuls. Il contemple l'ampoule qui grésille maladivement. Et les mouches. Et la fille, à la fenêtre qui fait face à sa chambre d'hôtel. Il attend. Patiemment. L'ascenseur s'arrête à tous les étages. Ca le fait sourire, alors il recommence, pour que les battants s'ouvrent et se ferment, inlassablement.

Sully, il se dit collectionneur. D'instants, et de ce qu'on ne peut pas mettre dans un musée. Il collectionne les manies, affirme-t-il. Dans un carnet, il y a des chiffres qui ensevelissent les pages. Le nombre de marche au total des stations de métros, les fissures dans l'asphalte, les voitures bleu ciel qui ont fait un crochet au drive ce dernier mois.

Il énumère, fait des listes, égrènes, trie. Avec ce grand projet muet: capturer le Temps et le mesurer à l'Universalité.


Quelle est votre plus grande peur ?

Parmi les adolescents de sa génération, il y en a qui choisissent leur hantise dans un bouquin à la mode, quelque autres épellent des mots trouvés au détour de blogs esthétiques aux allures cosmiques. Et puis les pseudo-savants qui accolent le suffixe -phobia à tout va.

A côté, on compte les cruellement traditionnelles craintes, de la plus minime face à une tarentule, à l'appréhension de recevoir des coups. Des traumatismes freudiens dont on fait grand cas, avec des études, des articles, et des promesses de forçats.

Et finalement, il y a Sully, que l'on associe avec les histoires sans queue ni tête, les légendes urbaines que seuls les marmots craignent. Ben alors, Silly-van, tu fuis les monstres ? Facile. Trop facile. Il secoue la tête. De droite, à gauche. Avec les yeux grands ouverts, plus que nécessaire. Et quand il bat des paupières, il fait ça vite, pour ne rien rater, pour mieux voir filer.

I fear for anyone caught between what they know
and what they don't yet know that they don't know.

La voix chuchote, dans le creux de l'oreille, ses avertissements. Car au fond, omission rime avec disparition. Dis, les gens, ils sont effaçables ? Semblables au Velléda sur un écran blanc.  

On le décrit chassant les papillons: se saisir et au pire voir mourir. Les choses qui s'éteignent une à une, il tient à les avoir devant lui. Il a peur. De disparaître. Ou de laisser disparaître, de l'important à l'insignifiant. Les psy-en-tout-genre le tancent "C'est trop vague, trop distrait!" Pourtant c'est bien cela, ce qui cesse d'exister, ce qui continue à exister à son insu, ce qui le trompe, ce qui anéantit tout ce qu'il aurait voulu prouver, ce qui le pousse contre la barre de l'accusé.

Il ne sait plus quand ça a débuté, les suspicions, les mensonges, les soi-disantes illusions auxquelles il a acquiescé. Il sait que ça rentre dans cette grande cuvette de l'absurde, du non-sens et du Néant. Finalement, il estime que tout est lié, à l'absence, persistante ou fugitive qui le rend dingue, assoiffé de tangibilité.

Avec une once d'espoir, les philosophes anglais seraient bien aise de constater son réflexe d'humer - de douter.


▌Physionomie :

Les cheveux dans la figure, et des doigts qui replacent fébrilement les mèches rebelles, s'échappant encore et encore. Il n'est pas grand et ce tic ne l'aide pas beaucoup. Il a même l'air vulnérable, comme ça, à hésiter entre la fille et le gars. "Sully, tu devrais te couper ta tignasse, ça fait mauvais genre, et les gens me demande si ma sœur c'est un remake de Sadako." Oui eh bien en attendant, ce rideau lui convient, et il se cache derrière comme s'il s'agissait d'un mur impénétrable. Il a des épis en bataille, aussi, comme son état d'esprit, comme son cœur qui se cogne violemment à l'intérieur. Parfois, entre deux douches, il abandonne l'idée de revigorer ses racines abîmées, oublie le shampoing aux œufs et triture les capillaires autrefois bruns hydratés à l'eau oxygénée. Il devrait arrêter de les déteindre, ça ne l'aidera pas à s'effacer.

Il faut dire qu'il a ce visage d'éternel gamin, aussi, pas dans le sens jeune éphèbe à la peau ferme -encore heureux, il n'a que 17 ans, mais plutôt dans la zone pré-pubère-ma-mère-m'accompagne-au-collège. Et ça ne lui fait pas franchement plaisir. Ca le rend malade qu'on ne le prenne pas au sérieux, même, ça le fait tellement enrager qu'il a depuis le temps, appris à veiller, à passer des nuits blanches qui lui creusent des cernes épaisses et lui rougissent les yeux. "Dors un peu, t'as le regard qui s'irrite, on dirait que tu vas bouffer quelqu'un." Okay, on a compris qu'il fallait prendre soin de sa santé et de ses quarante mille allergies qui ne lui facilitent pas la vie. On a compris aussi qu'il avait le teint trop blême pour faire vaillante figure, alors que sa silhouette lui donne une image de convalescent psychotique. On a compris surtout, que pour se défendre contre tout ça, il a choisi de se maquiller de cicatrices, comme si les bêtises et les conduites à risque pouvaient lui servir de bouclier ou d'armure. Un jour, répète sa mère, il va finir par se rompre le cou et de simple points de suture ne suffiront pas à le rafistoler.

Pour compenser - ou pour mieux l'enfoncer -, Sullivan aura au moins eu la chance de conserver, en grandissant, souplesse et agilité, deux bons points lorsqu'il s'improvise acrobate-yamakasi. Etre fluet et petit pour mieux passer entre les immeubles, les civils, les allées, les mailles du filet, tout simplement. Dîtes, vous l'avez aperçu, là, le mioche qui courait juste sous votre nez? Non? Ah bon. Pourtant, c'est pas possible de l'oublier, il est tellement mal sapé, sisi, avec cet air débraillé, ces vêtements trop courts, et des barrettes qu'il sème, comme le Petit Poucet, les mains dans les poches et une dégaine de scolliosé.

Maman lui a foutu ça entre les bras, quand il avait 13 ans. Et puis, elle a oublié de lui en racheter d'autres. Avec le temps, la chemise et le pantalon sont devenus des guenilles dépareillées dont il s'accommode grâce à la force de l'affection. Le patron, quand il l'a vu débarquer, a accepté de le relooker afin qu'il ait l'air présentable au moment du service quand il s'agit de travailler, mais la magie d'être clean et intègre de la tête aux pieds s'évapore dès que le restaurant lui annonce que la journée est terminée. On rend les sapes et Cendrillon réapparaît.

Il dit qu'il s'en fout, réfrène son appétit pour les vitrines illuminées, se convainc qu'il n'est pax entièrement désœuvré, et a surtout conscience qu'actuellement, ce n'est absolument pas sa priorité. Ce qui compte pour le moment, c'est que son porte-monnaie arrive à tenir debout. Même sans bomber le torse, hein.
Au mieux il hérite des fringues pré-usées de Tim. Au pire il recompte les centimètres après chaque machine à laver.

De toute manière, plus personne n'a le temps pour continuer à faire des efforts pour s'habiller - et seules les chaussettes trouées ont encore droit à un coup d'œil empli de pitié.

Sur le panneau d'affichage de l'hôpital, il connaît les publicités préventives du bout des doigts. Contre le sida ou contre les bactéries qui se faufilent sous les ongles. Il baisse les yeux avec embarras sur ses ongles jaunis par la fumée des cigarettes bon marché et noircis par la crasse de la rue. Il observe aussi brièvement les innombrables plaies et hématomes qu'il récolte et songe vaguement à arrêter d'apaiser ses démangeaisons alors que ses mains ne sont jamais propres. Qu'il n'ait jamais choppé une infection tient du miracle, répète-t-il. Possible.

Calmement, il se murmure à lui-même que c'est crevant d'essayer, d'être à la fois extatique, narcoleptique et cependant pas trop antipathique.

Pensivement, il caresse ses lèvres gercées et sa langue effleure une ou deux dents cassées.

Arrête de tenter le diable, tu veux ?

Et de répondre ultrasérieusement avec sa voix qui déraille, aux accents d'adulte tantôt enfant. Il n'a pas besoin d'être tranché, lui qui fait déjà attention à comment se comporter avec chaque étage de la société.
Sans compter qu'il le veuille ou non, il n'a pas tout à fait droit ni au noir ni au blanc.

A jouer sur deux tableaux, plus personne ne sait vraiment qui tu es, drôle d'agenré.



et vous etes ?

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Personnage sur l'avatar :  Suzuya Juuzou - TG
Un mot de la fin, une suggestion ?  I'm trash ;DD



IT'S  NOT  A  CRIME , IT'S  A  420  TIME

It's a dream come true,
- There's nothing pot can't do.


Dat cool kiddo ikr.
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Sully Morpeth
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MessageSujet: Re: Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high   Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high EmptyJeu 30 Avr - 21:07

histoire




▲ The shelter has been taken down


S W E E T H E A R T


- Combien t'en veux?

- Hein ?

- Je t'ai demandé combien tu veux de barrettes. Une, deux? Quatre? On les vend jusqu'à des paquets de cinq. Si tu as de quoi payer, évidemment.

- Oh. Je sais pas. N'importe quoi de suffisant pour ne plus rien avoir dans la tête.


...

- Petit, traîne pas là, t'as encore beaucoup à faire avant de te foirer comme ça.




Sullivan, Sullivan, Sullivan...

Raccourci, ça donne Sully.

Ca sonne comme 'Sally'.

Sullivan, t'es une fille ou un garçon ?




- Mamaaaaan ...

- Timothy pose ce cendrier sur la table, s'il te plaît!

- Mamaaaaaaan ...

- Laurette, arrête de jouer avec la porte du frigo, je te dis que tu vas finir par la casser! Et mets la table, c'est la quatrième fois que je te le dis... LAURETTE!

- Maman, est-ce que - ...

- Pas tout de suite Sullivan, je suis occupée, tu vois bien? Qu'est-ce que fait Jan, encore... JAN JE NE VEUX PAS DE CHIEN DANS CETTE CUISINE !

- Maman, tu peux m'attraper les assiettes, j'arrive paaaaas.

- Tiens ma puce, et ne fais rien tomber, tu as eu assez de points du suture comme ça, la dernière fois.

- J'ai pas fait exprès!

- Je sais mais il vaut mieux prévenir que guérir, d'accord?

- Mamaaaaan, pitié, c'est juste pour savoir - ...

- DEUX SECONDES, Sullivan. J'arrive. Surveille le feu, je vais chercher Petra, elle doit être réveillée à cette heure-ci.

- Mais...

- Regarde la casserole! Tu m'appelles si le minuteur sonne.


Dans la cuisine des Morpeth, c'est une joyeuse débandade qui règne, un peu comme tous les soirs. Encore plus quand c'est samedi, que les enfants ont eu de quoi s'exciter toute la journée, et que Félix - le chef de famille - n'a d'autre choix que de laisser Elora, sa femme, s'occuper à elle seule de leurs cinq petits. Parce que samedi, c'est séminaire. Il y a des fois où il se demande franchement ce qui a pu se passer dans leur tête pour qu'ils s'autorisent à donner la vie à autant de mini chimpanzés, inévitablement prêts en toute circonstance à exploiter leur énergie de parents à travers un maximum de casse et de cris.
Mais bon, ils les aiment. Tout le monde s'aime, dans cette famille; et un peu de bruit, c'est aussi un peu plus de vie. Et ils n'échangeraient ça pour rien au monde, alors ça va. En plus, le système est bien rôdé, chacun avec sa place et ses responsabilités attribuées. Enfin presque. Presque. A sept plus un dans un appartement perdu au dix-neuvième étage d'un gratte-ciel de Chicago, on fait surtout gaffe à ne permettre à rien ni personne de passer par la fenêtre, ni à trop cogner contre les murs - si prompts à distribuer des bleus - en allant d'une pièce à une autre.

Papa, Maman, Timothy, Sullivan, Jan, Laurette, Petra. C'est comme ça qu'on fait le décompte, invariablement. Sur la liste d'appel, il est parfois difficile de ne perdre personne, mais on fait attention: Numéro Un veille sur Numéro Deux qui garde un œil sur Numéro Trois et ainsi de suite jusqu'à la dernière qui elle, n'a d'yeux que pour Peach, un yorkshire un peu trop fana des parties de Super Mario Bros et distribuant volontiers des coups de langue à n'importe quoi comme n'importe qui. Sans faire la différence, en fait.
Ils forment une vraie famille, on peut dire; qui comprend tout ce qui était recommandé dans le starting kit. Un toit, un couple et des enfants. Et un animal de compagnie. C'était un parcours parfait, un sans-faute au comble de la normalité. Ils pouvaient même se considérer comme modèles, ces fruits aux ancêtres Irlandais. Prie vers Dieu pour le remercier.

En plus, depuis que les jumeaux sont nés, ils font l'attraction du quartier.

- Maman je voulais te demander est-ce que c'est bizarre pour un homme d'avoir trois jambes.

Sous l'ampoule jaune qui grésille, Elora laisse pendre sa fourchette, le poignet soudain fatigué. Le ravioli au fromage termine de fumer et la sauce de goutter. Elle hésite entre pousser un soupir ou un rire étouffé.

- Sullivan, tu m'as harcelée toute la soirée juste pour ça? Evidemment que c'est bizarre. Franchement mon fils, je m'interroge souvent sur à quoi ressemble l'univers dans ta tête.

Papa a une fossette sur la joue et l'œil qui brille. Ensemble, ils partagent ce goût pour l'extraordinaire, ou plutôt, le fils se laisse envoûter par les récits incroyables que lui conte son père, et chaque soir, ils contemple le ciel noir, trop irradié par les lampadaires et des enseignes clignotantes, en imaginant les créatures peuplant d'autres galaxies, au-delà des limites et des frontières connues. Ca fait marrer Maman qui dit à son homme que puisqu'il veut tant rejoindre les étoiles, il n'avait qu'à devenir cosmonaute. Lui, il rétorque que son fils le sera pour lui, qu'il verra le Créateur à sa place et qu'il ramènera les ailes des anges.

C'est écrire des psaumes que tu aurais du faire, pas les réciter.

- C'est mal ?

Il a ce trémolo dans sa voix et les deux adultes lisent dans ses yeux son incertitude et son désir de bien faire, avec ce nœud dans la poitrine qui se barricade contre l'idée de décevoir. Alors sa mère secoue la tête et son visage s'adoucit tandis qu'elle avale sa bouchée. Elle lui essuie un peu de sauce sur la joue avec cette tendresse qui suffit à le rassurer.

- Non, c'est même une qualité.

... Une qualité, hein?





Un stylo et une feuille noire devant lui. C'est l'angoisse. L'esprit vide, il dessine une armée, des personnages nus avec, fichée entre les mains de chacun, une lance ou une pique. L'encre laisse un sillon brillant se fondant sur la couleur du papier. Comme pour disparaître, mais pas tout à fait. Serrés les uns contre les autres, les bonhommes se tiennent droit, soumis à un ordre silencieux. Ou cette sensation étouffante, au fond des tripes. Rond, rond, rond, rond, rond, un ovale, voilà, à peu près, et repasse. Certaines têtes forment un gribouillis immonde, à croire qu'elle se font dévorer par cette atmosphère ambiante. Une densité sans paillettes. Sans ton non plus. Il en a le poignet qui se crispe, à force, et la nervosité vient lui bouffer les lèvres. Ne jure pas, Sullivan, ça n'a aucune utilité.

Utile. Dit-on.


Dans un mouvement de frustration, il rejette finalement le tout; son corps, le dessin, les mèches, la plume, la chaise; à s'en heurter les paumes. C'est moindre, par rapport au reste. Alors bon.

Aujourd'hui non, demain non plus. Il voudrait marquer "PLUS JAMAIS" en gros et en rouge sur les murs. Au lieu de quoi, il est là, sage, à se canaliser. De son mieux. Et sans personne. Le fauteuil proteste sous l'action.

Avec reluctance et presque défaitisme, il relève le chef, pour observer les murs envahis de croquis épars, nombreux, enchevêtrés. Des traits violents, tumultueux, menaçants et étouffés. Cette sorte de cri continu et discontinu à la fois qu'il se tue à réfréner, à taire, devant sa table, devant les gens, devant dehors. Devant comme il peut quand il peut. Et ça brûle, à rendre fou.

"Pourquoi t'as pas tenu ta promesse?"

Croire, c'est un choix toxique. Et choisir, une cruauté sans nom.

Nonchalamment, Sully fait glisser son pouce sur l'écran, affichant les derniers messages reçus. Embrassant le nom de l'expéditeur d'un regard, il se mord les lèvres avant de tous les effacer.

Je veux pas te voir.

Même en lançant la sono à fond, il ne parvient pas à combler le trou qui grossit en silence dans sa poitrine.

Et de l'autre côté de la porte, Laurette est incapable de se résoudre à toquer. Un autre soir, peut-être.




- Sullivan, une nouvelle école, ce n'est pas la mort, quand même!

- Qu'est-ce que t'en sais. On raconte des histoires horribles sur le collège, t'es pas au courant?


C'était une idée saugrenue, elle veut bien lui accorder. Il lui avait déjà fallu l'année entière pour s'adapter, en lui jurant qu'il allait prendre le pli et que rapidement il se sentirait chez lui. Ce fut vrai, une promesse trop réelle pour durer. Un établissement angélique, bien rangé, bien soigné, aux notes aussi parfaites qu'on pouvait en réclamer. Et puis, Tim y avait tanné la route, pour mettre tout le monde en confiance, en sécurité. Il avait joué les éclaireurs, à la satisfaction de chacun. Jusqu'à ce que Papa s'étourdisse cet été, le plus soudainement possible, des magazines en pluie dans la maison, qu'il fallait changer, prendre l'air, se lancer dans une nouvelle aventure, construire un futur impromptu, et qu'il y avait cette bâtisse publique, de l'autre côté de la ville, qui va de la primaire au supérieur, avec une cantine pas trop moche et des sacs à dos un tantinet vides - mais ça s'arrangera, tu verras. Elora l'a contemplé avec des yeux ronds comme des billes et Félix a vaguement hésité à lui proposer de faire tenir ses orbites avec du scotch. Avant de se raviser, parce que ça ne faisait pas très sérieux. Il y a eu un énorme blanc, durant lequel les cinq enfants sont restés figés, en haleine, sur le seuil de la salle à manger, plus vraiment pressés d'aller jouer. Mais leur père avait argumenté, à coups de phrases absurdes quoique poétiques, vantant l'avantage d'apprendre aussi la vie et son besoin de bagarre, pour se forger l'esprit. C'était idiot, mais sa femme avait capté ces gestes fous, ses gestes fous, qui dans un drôle de mime lui traduisent une angoisse panique, un langage des signes qui articulent leur avertissement sans totalement se comprendre. Alors elle avait cédé, pour ne pas le voir pleurer.

Juste pour Sully. Histoire de faire un essai.

Ehhh merde.

- Ecoute, Trésor, Papa ne t'aurait pas envoyé là-bas s'il n'avait pas de quoi de se fier à eux et s'il ne te savait pas prêt pour ça non plus. Tout ira bien, et même si de l'extérieur, il est indéniable qu'ils ont l'air moins sérieux que là où tu étais dernièrement, tu connais le dicton? "On ne doit pas juger un livre par sa seule couverture." Tu te feras rapidement des amis, tu briseras la question de l'apparence et tu pourras progresser. Si ça se trouve, la pédagogie est simplement originale et...

- Toi aussi tu es sceptique, hein.

Garçon, garçon, pas si con. Perspicace bouille d'ange.

Ne te fais pas dévorer si tôt.

Elle n'a pas le cran ou l'énergie pour lutter et pas les armes pour voiler ce qu'on lit dans ses prunelles. Sullivan, à trop pointer juste, on va te coller la langue. C'est comme s'il était télépathe. Enfin, il se monte des films, mais des films où, au moins, on le laisse jouer le héros. Il se convainc qu'il ne lui manque que ça, plutôt que de reconnaître que Maman est un livre ouvert où il devine la peur de la folie. Celle qui les enveloppe, père et fils, et Dieu qui les abandonne, s'échappant, lui filant entre les doigts. Ca n'a plus rien d'amusant.

- Sully, sois gentil.

Sully Sully Sully. La colère s'est envolée. Sully, bon garçon, mon feu-follet aux cheveux trop longs. Elle lui caresse la joue, il a les yeux de son mari, des yeux inquiets et innocents. Il a cette fragilité et elle se dit que si sa sœur jumelle à lui avait survécu, elle lui ressemblerait sûrement. Sully, tu crois que Sally nous entend?
Aucun ne l'évoque, il n'y a que lui et elle qui ont le droit d'amener le sujet, comme un bien précieux et dangereux, qu'on ne saisit qu'avec des pincettes en mercure, un mercure bouillonnant et instable, qu'ils se disputent en tête à tête.

Parfois Elora l'imagine, espiègle, posée, inconstante. Parfois c'est une fillette timorée, lucide, rêveuse qu'elle croit voir et son visage se superpose à celui de son fils, jusqu'à lui tourner l'esprit, la rendre confuse et frustrée, perturbée et honteuse de lui avoir laissé ce poids sur les épaule, des attentes doubles et des projets en myriade, des projets teintés de "oui mais si..."

Parfois Elora se sent coupable, de le charger ainsi, de lui imposer deux vies, sans qu'il ne vive vraiment l'une ou l'autre. C'est un jeu pernicieux qu'elle ne pourra se permettre très longtemps.

- C'est bon, M'man, ne te tourmente pas. Je ne suis pas tout seul, pas vrai ?  

Promis, je serai là pour toi.




─ B I T T E R  P I L L


Les poissons, ils ont les orbites écarquillées et des écailles moirées. Les poissons, ils chantent un spectacle de mime, une représentation artistique. Les poissons, ils ne se plaignent jamais de leur condition.
...
En fait ils n'y font pas attention.


Avec désespoir, Sully observe les bulles, elles s'échappent sournoisement pour aller se suicider contre la surface. Il voudrait les imiter, mais par instinct de survie et non l'inverse. Une réflexion sur l'antagonisme humain-eau le traverse et il note mentalement pourquoi les hommes et les sirènes n'auraient jamais pu vivre une histoire d'amour potable. Ecailles et chairs sont toxiques réciproquement. On aurait pu écrire du Roméo et Juliette à la Homère.

Homar. Caviar.

Pas de dessert pas de prince. Sa couronne est parterre et son cœur de jeunesse avec.

Répit - inspire bruyamment, avant de replon-... La douleur lui traverse le corps, parcourant ses vertèbres comme on feuillette un catalogue. Une vague sournoise. Il crie, tousse, et refuse d'ouvrir les paupières, comme si la fine membrane de chair pouvait lui éviter de participer au spectacle. L'autopersuasion, ça marche si on heurte répétitivement un mur carrelé?

- Alors, mademoiselle, tu es sûre de ne pas t'être trompé d'endroit pour venir pisser? Tu es perverse, coquine, et si on te dépucelait?

Le lavabo avait limite plus de sex-appeal.

Etre tête de turc, ça ne s'invente pas. Nul ne décide sur un claquement de doigts de s'improviser professionnel du domaine. Pour dire, on était même un éternel apprenti. La seule tâche qui importait, c'était de s'y coller avec plus ou moins de brio.
Et s'y faire n'était, somme toute, pas donné au premier venu.

- Crevette, tu as appris à parler quand même, non?

Non, Maman lui avait toujours dit de ne pas ouvrir la bouche pour contenter un inconnu. Et trois mois n'était pas assez pour décréter être familier avec qui que ce soit.
Surtout pas lorsqu'on ne connaît que des mains aux visages anonymes.

Sur le schéma social d'un étudiant américain, il existe plusieurs niveaux de victimisation, comme des terrains de jeux où l'affrontement immanquablement illégal est à déverrouiller pour un nouveau round. Un enfer de montante-descendante où il faut sortir les griffes, pas seulement pour se défendre mais aussi pour obtenir un simulacre de répit.
De toute évidence, Sully ne détenait pas la meilleure situation dans cette pyramide de course aux privilèges. Avec hargne, il serre les dents et retient son amertume, une saveur âcre aux relents d'acide sulfurique n'ose imputer à ceux qui ont déjà la gentillesse de s'endetter pour leur payer un avenir comme il faut - il a conscience de la ruine qui les attend, imminente, chuchotante. Encore qu'il doute de la pertinence et de la légitimité de celle-ci.
La gentillesse, a-t-elle vraiment quoi que ce soit à voir là-dedans ? Une boule d'incrédulité lui chatouille les côtes. Une menace pour une blague; or, chacun sait que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Et s'en convaincre, une autre affaire.

Protégés par ses chaussures, il a les orteils qui dansent leur comptine; une en seconde trois pour couper les cheveux en quatre, cinq-uiète six septuagénaire s'oct(r)o-yant un oeuf dix-parate -... Une délivrance minutée qui ricoche dans les halls, entre sol et plafond, et  persuade enfin ses bourreaux
Un à un, ils désertent les sanitaires en s'esclaffant grassement, l'abandonnant sur le carrelage frais et détrempé.

La deuxième sonnerie retentit et une voix éraillée lance ses ordres dans le mégaphone pour intimer aux étudiants qui traînent de s'empresser de rejoindre leur classe, des bocaux aux murs en crépi décrépis, des condensateurs de bourrage de crâne à mourir d'ennui, où les boulettes doivent effectuer des atterrissages silencieux sur des têtes plus ou moins creuses.

A la guerre comme à la guerre.




- Arrête tes fantasmes.

La sécheresse de Tim le fait sursauter. Le son de sa voix aussi. Il pensait être seul et n'avait pas fait attention aux bruits de déplacement dans son dos. Ou alors c'était la haïssable manie qu'avait son frère d'apparaître comme une vision soudaine pour pointer là où ça fait mal, et puis repartir, les mains dans les poches, et un périmètre de distance épais autour de lui. Il incarnait l'ombre du Titan Colosse, celui qui écrasait en son sein les froissements étouffés des pâles ersatz qui ne constituaient plus que sa famille. Et puis, oscillant entre le fantôme et le sang tambourinant contre la chair, il y avait son cadet aux dents fendues, parfois cassées, souvent des bleus, plus nombreux qu'ils n'avaient jamais été, comme une compensation quelconque, un compromis qu'il se serait trouvé. Mais il n'y avait rien à savoir, rien à chercher, pas de contrat honnête à avouer dans le secret des murs qui résonnent ponctuellement, des éclats d'aluminium qui rebondissent entre ou contre les parois, comme un film dont on aurait censuré les images pour ne laisser qu'un filet audio, une sécurité dangereuse pour un mensonge dénué de tout désir de vérité.

Ils s'étaient isolés tous les deux, et chacun avait un peu perdu ou délaissé l'autre en cours de route sans envie de le retrouver  ̶  à moins qu'il ne s'agisse de pur hébétement.  

- J'ai le droit.

Avec précaution, Sully se détache de la lunette d'observation pour la mettre en positionnement de rangement. En dépit du détachement qu'il veut flagrant, son geste le trahit. De qui croyait-il se cacher.

- J'ai interrompu un moment privé.

- Tu as.


Un temps.

- Désolé.

- Aucunement.


Des bribes de paroles et une radinerie d'explications. On ne fait plus de stocks, pardon, on y a mit fin, veuillez vous adresser à un autre service. C'était ridicule et nul des deux n'était en position de se moquer, de la forme au contenu en approuvant les raisons.
Ils sont face à face et leurs regards ne se croisent pas, formant des lignes droites parallèles et exagérément statiques.

Avec humeur, l'adolescent achève son entreprise et tire à regret la fenêtre coulissante puis le rideau. D'un désinvolture feinte, il s'assoit sur son lit, froissant oublieusement la couverture tendue à la perfection; c'est une ride dans son masque. Vendue.

- Alors? Qu'est-ce que tu veux.

- A ton avis. Je ne suis pas aveugle, tu sais?


Non, je ne sais pas. Toi non plus d'ailleurs. Il se mord les lèvres pour s'empêcher de répondre, c'est comme une provocation lancée avec une enrobante douceur qui lui liquéfie l'estomac. Bile. Il allait falloir qu'il cesse de tout considérer comme une agression, une menace à son égard ou une potentielle forme de méchanceté. Les monstres se découpaient aujourd'hui dans les murs et les contours flous que tous traînent avec eux. Il en faut peu pour virer paranoïaque et même moins pour hocher du chef aux superstitions qui croisent les rumeurs.

- Ecoute Sully, j'ai conscience que ça t'a affecté, ce qui s'est passé... Mais il faut que tu stoppes ce genre de comportement. Tu rends ta mère folle.

C'est aussi la tienne. Ou comment avoir le chic pour aborder les sujets épineux, les sujets qui fâchent, les sujets qu'il vaut mieux éviter précautionneusement.

- T'as pensé aux autres? Ou tu estimes être le seul à être touché?

Ou alors il n'est pas si taré et on le guette réellement au tournant. Il le connaissait, son monologue. Par cœur. Un vrai discours qui n'appelait pas de réplique de sa part, ni d'avis, aussi il aimerait bien savoir pourquoi son frère se dérange à le lui répéter constamment. Peut-être s'entraînait-il à une carrière de démocrate?  Dans ce genre de situation, il est toujours préférable de sauver les meubles et se taire avec éloquence.

- J'ai des devoirs à faire.

Sans ajouter plus, il éjecte son aîné hors de son dôme, hors de sa bulle; et caresse négligemment le cadre de bois en équilibre sur son bureau, à la recherche d'un réconfort tremblant et qu'il ne retrouvera probablement plus. En attendant il ferme très fort les yeux et l'invoque mentalement, uniquement.

Eli, Eli, lama sabachthani
Père, Père, pourquoi m'as-tu abandonné ?




Ils s'appellent Elias, Stephen, Fox, Shaun, Kevin, Mike, Alexander, Jackson, et Esther, la seul fille qui soit parvenue à faire ses preuves pour appartenir au gang. Ils traînent souvent sur le terrain vague, construisent des cabanes de tôle, inventent des missions d'infiltration, montent des plans de justiciers vengeurs, roulent plus qu'ils ne marchent - et ce, dans tous les sens du terme, sur des baskets dynamiques, des planches en bois élimées, des vélos aux pneus traînant la patte, des trottinettes qu'ils récupèrent aux objets trouvés ou pas loin de la décharge. Ils escaladent les clôtures, s'emmitouflent dans des gilets matelassés pour certains, des bonnets enfoncés sur les oreilles pour d'autres. C'est leur code secret de reconnaissance. Ils se sont alpagués dans la cage d'escalier qui mène au labo de l'aile est, ou dans le coin des Sixièmes dans la cantine, voire au détour du mur de la cour, qui fait l'angle du potager; dans des semblants de points de rendez-vous secrets, des parties de l'imaginaire d'un enfant qu'on a réussit à sauvegarder. Pour entrer dans leur club de VIP très fermé, il faut attendre d'y être invité, du bouche à l'oreille sophistiqué. Lui, c'est Jackson qui l'a pris par la main. Il l'a empoigné avec une douceur brusque et l'a tiré derrière lui, dans le couloir, à cinq heures et demi passées. On croisait encore de rares profs finissant leurs emploi du temps et des dernières années en croisade pour un entraînement d'athlétisme ou de tennis, ou de braves malheureux qui profitaient du calme de fin de journée pour terminer de réviser.

- Eh, Morpeth, c'est ça? J't'ai vu tout à l'heure. Tu peux pas continuer comme ça.

Il avait haussé un sourcil dubitatif, rejeté une mèche en arrière, avant de la rabattre presque immédiatement sur son oeil droit.

- Merci...?

- Harris. Mais tu peux dire Jackson. C'est moins pompeux. Et plus classe, j't'avouerai...

- Merci Harris. Mais euh...


C'est ta chance, vas-y, qu'est-ce que tu attends!?

- Ce, euh... C'est pas tes affaires. Mais merci hein, c'est... C'est cool. De ta part, je veux dire. C'est juste que ça me regarde... T'as pas à, tu sais...

Pauvre crétin.

- Boooof... C'est toi qu'ils ont l'air décidé de choisir comme tête de turc, hein. Je risque pas grand-chose de ce côté-là... Enfin, ça me gêne pas, je veux dire. Et puis, comment tu peux dire non avant de savoir de quoi il retourne?

Avec surprise, il se rejeta en arrière, dévisageant mieux son interlocuteur. Le garçon était métisse, une peau chocolat au lait et des yeux asymétriques. Une pupille bleue contre une pupille brune. Des cheveux crépus lui rasant les oreilles. Il compta les dents sur le sourire qu'on lui grimaçait, il en manquait trois. Ou plutôt deux et demi. Il avait l'air sincère, pas méchant ni rien. Pour autant il n'osait deviner à quoi quelqu'intéraction sociale pouvait l'engager. Et si c'était un traquenard? Il avait cela dit accepté l'invitation, trop hébété pour réagir autrement, la force de sa volonté l'ayant lâché avec un clin d'œil inapproprié.

Harris-Jackson l'avait entraîné à sa suite, descendant des marches à la volée comme on perd dans son sillage un compagnon d'infortune dans un labyrinthe. Sully eut le temps de compter trois salles de musique qu'il n'avait jamais remarqué auparavant, de répertorier qu'il existait un local d'enregistrement et de cartographier une vieille classe de biologie poussiéreuse avec une bibliothèque aux airs déserts qui paraissait servir de pièce à archives ésotériques. Enfin, ils s'arrêtèrent près d'un local dissimulé par l'ombre de l'escalier. Si la porte avait un petit côté bunker, l'intérieur avait été confortablement aménagé; et trois adolescents dirigèrent leur regard sur lui. Pris de court, Sully s'apprêta aussitôt à battre en retraite.

- Jackson! On avait dit "Pas de filles"! En en acceptant une, on devra se tenir prêts pour toutes les autres.

Sans un mot, Sully crispa la mâchoire. Si on ne pouvait et ou ne voulait pas l'aider, ce n'était pas très important, après tout, il avait bien réussi à sauver sa peau jusqu'ic-...

- Attends! Attends.

Son pseudo-kidnappeur avait raffermi sa poigne sur son bras, l'empêchant fermement de décamper lâchement, et fixait à présent son attention sur le membre le plus élancé du groupe. Il appréhenda également que c'était celui qui s'agitait le moins et que les têtes de chacun convergeaient vers lui. Le premier à avoir parlé affichait une mine soucieusement indignée, Harris semblait déterminé et le dernier portait le masque de l'hésitation et de l'incompréhension.

- Stephen -...

Le dénommé en question cessa d'éplucher méthodiquement le bout de bois qu'il tenait dans sa main pour le dévisager. Il y avait comme un vide et une indéfinissable précaution qui habitaient ses iris.

- T'as un super pouvoir?

... Hein ?




Les nuages s'étirent en masses laiteuses au dessus de sa tête et le froid lui mord le corps, oreilles, nez, doigts; il a les os en train de passer dans un freezer. Encore heureux que ça ne soit pas de l'azote liquide.
Quelque part dans son esprit, son visage flotte, flou et estompé, et ses doigts enserrent son épaule. Frissonne. Ces derniers temps, à chaque fois qu'il tente de la chasser de ses pensées, elle revient vers lui comme un boomerang trop fidèle. Elle l'étouffe. Sa voix en écho, et ce reflet dont il ne peut se débarrasser. Depuis la glace hivernale, elle lui sourit avec cet air carnassier et ces prunelles qui sont les siennes. Les leurs. Elle ne parle jamais vraiment, ce sont plus des murmures, des chuchotements acides ou amers, sarcastiques et acerbes.
Rabattant une mèche brune en arrière, il s'efforce de l'ignorer.

Sally, Sally, Sally...
Sa...
...lly


- Sully comment on fait pour les dents? Regarde c'est trop moche son sourire on dirait qu'il fait peur.

- Hum, à mon avis y'a pas besoin de faire ses lèvres, tu sais.

- Mais pourquoi? On a des lèvres, non? Moi je veux des lèvres sinon c'est pas un vrai bonhomme.

- Alors tu n'as qu'à dire que la neige autour de ses dents forme aussi ses lèvres. C'est directement relié à la peau, après tout.

- Et son sourire il sera plus bizarre?

- Et son sourire ne sera plus bizarre.

- Dis Sully...

- Hm?

- Pourquoi toi quand tu souris, on dirait que tu fais semblant?


Vous auriez dû me tuer avec.




- Hé, les mecs, vous avez vu cet article dans le journal? Dix contre un que c'est un truc de maison hantée en vrai.

- Pff, tu déconnes, ça existe même pas, c'est des conneries pour amuser les naïfs, ça.


- Euuuuh j'crois pas, non...

Mike et Fox dédaignent enfin lever un œil du magazine porno qu'ils ont volé un peu plus tôt au kiosque pour scruter, non sans mépris, le bout de papier que Shaun agite sous leur nez. Activité culturelle, y'en a qui en ont retenu que la moitié, oui. C'est leur moment, celui où ils se sentent puissants à déplacer des montagnes, à cogner leurs dents aux familles de mafia, à démonter la Tour Eiffel bout par bout. Leur pause entre un foyer qui va pas toujours très bien et des cours où on se fout de savoir s'ils sont ou non des êtres humains. Tant pis s'ils n'ont qu'un nid de conneries, c'est assez pour qu'ils ne se contentent pas de juste marcher tête baissée. Ici, ils gagnent un peu de liberté, de délires, d'espoirs. Même si ça arrive de ne se résumer qu'à dérober n'importe quoi à la sauvette et envahir les skateparks. Il n'irait pas dire qu'il a trouvé en eux des âmes sœurs mais au moins, il n'est plus un simple fantôme un tantinet trop consistant.
Tu peux bien ne pas te l'avouer, l'amertume est bien présente entre tes lèvres et contre ta langue.
Il ne demande rien d'autre. Il parvient à s'en accommoder, voilà tout.

Tandis qu'ils se rapprochent chacun pour coller leur museau contre l'extrait de texte, les mots se forment dans les cerveaux et derrière les dents. On fait vite fuser des théories foireuses.

- "Disparaître", disparaître de quoi, c'est une vieille baraque, y'a pas à se poser de question, ça a dû glisser sous une latte du plancher!

- Peut-être mais ça n'explique en rien les bruits dans les canalisations ni les feulements qui résonnent depuis l'intérieur des murs!

- Patate, ils avaient des gamins de neuf et dix ans, toi qui as un frère, tu devrais savoir mieux que quiconque comment sont les enfants!


- Quels enfants? J'ai aussi seulement douze ans, moi, je te rappelle...

- Oui bah écoute...

Sully se tait, en général, dans ces cas-là. Les illuminations de Shaun sont quasiment hebdomadaires et ses rêves d'Odyssée tout aussi fréquents. La plupart sont des affabulations et ses amis avaient pris vite le pli quant à se moquer de lui. Au début, leur enthousiasme était palpable mais cela faisait peut-être bien un an maintenant que la bande était approximativement au complet et tous avaient pu trouver leur rôle, en quelque sorte. Sully, quant à lui, avait longuement eu sa propre réputation de délirant, sublimé par son air chétif, avant l'arrivée de son ami et avait de ce fait compris depuis belle lurette qu'il avait intérêt à faire profil bas. A la place, il préférait construire une nouvelle personnalité, plus thug et peut-être (avec un peu de chance) également plus imposante. L'air renfrogné qu'on lui trouvait depuis un certain temps avait déjà suffi à lui donner une attitude relativement nonchalante, un flegme qui lui attribuait de droit une place de "vieux de la vieille". Il était enfin parvenu à une position qui lui convenait et s'acharnait fermement à rentrer dans son rôle. Qu'on le dise à voix-haute ou non, chaque membre d'un groupe incarne un esprit particulier.
Et même si son inconscient lui soufflait que cette façon de fonctionner ne ferait pas long-feu vu à quel point cet acte était creux, il tentait de refouler ce sentiment de culpabilité au fond de sa tête, mettant les pensées en sourdine. Etre cerveau et sang-froid est une chose, être rabat-joie, une autre.

- Et alors, Silly-van, on t'entend pas, toi, t'en penses quoi de son tissu d'âneries?

Ah. Un temps.
En toute franchise, il ne pense rien. C'est suffisamment compliqué comme ça, bordel.

- Euh...

Shaun lui adresse un air de supplication, désespéré de trouver un peu de support. Sully demeure malgré tout un peu le type gentil du lot.
Il se mord la langue, flairant l'exposition, craignant les répercussions. Allez bonhomme, on va pas y passer toute la vie. Elias a cet œil mauvais et Jackson ne lève pas les yeux de son bout de bois qu'il sculpte d'un canif.

- Hhh... Naaaaaaaan, je pense juuuuuste que notre petit Shaun n'a pas eu sa sortie du dimanche et qu'il essayait subtilement de suggérer un peu d'actiooooon....

Suspension... Point d'interrogation ?

Savoir sur quel pied danser, il voit le dénommé qui tressaille et lui-même s'interroge sur pourquoi il doit toujours agresser les autres pour se protéger... C'est lâche, bas, ça ne lui ressemblerait pas.. Autrefois.
Mais les temps changent et les réflexes avec.

Squad goals: Ce soir, c'est eux deux qui ont gagné. On se saoule la gueule à l'adrénaline.





    Cher Sullivan,

    Je suis, contrairement à ce que tu pourrais croire, franchement heureuse d'avoir fait ta connaissance - et que tu le veuilles ou non, je remercie les circonstances que tu sais. Aussi tordues eussent-elles été. Tu m'as sauvée d'un ennui latent, c'est bien la moindre des choses que je puisse faire que de te louer pour cela, ne crois-tu pas?

    Pardon, je suis un peu excitée en t'écrivant, nerveuse aussi. Bien que tu aies été particulièrement aimable à ce moment-là, j'imagine qu'il était question de politesse, et d'instant sur le vif... Que je t'écrives doit te paraître ennuyeux, ce sont des choses de grandes et vieilles personnes. J'aime bien ces habitudes, pourtant. Les gens disent que ça me rend un peu bizarre, je n'ai que 20 ans, après tout. Et les Etats-Unis ont abandonné depuis voilà quelques générations déjà la plume contre la solidité froide d'un clavier.

    Mais je badine.

    Au cas où tu te le demanderais, Matthias va bien. Il se remet lentement de la frayeur que vous lui avez faite l'autre soir et sa fièvre a baissé. Ses doses de médicaments, de paire. Il vous réclame parfois. "Ils ne sont pas revenus, les casseurs?" Ne t'en offense pas, je lui ai expliqué que vous n'aviez été au final que plus des visiteurs que des casseurs en vadrouille, mais je crois bien qu'il aime l'idée que vous puissiez être de jeunes malfrats. Ca lui invente des histoires et donne de l'epic à son quotidien morose de convalescent. Ce garçon est drôle, mais je l'aime bien. Peut-être qu'un jour, oserais-je t'en prier? Mon dieu, je crois bien que c'est plus ou moins ce que je suis en train de faire..., peut-être qu'un jour tu pourrais revenir? Pas forcément longtemps mais je pense qu'il sera heureux ou au moins cela le distraira le temps de quelques heures.

    Quoi qu'il en soit, bien que cette missive soit un peu dans le vent, je t'adresse mes meilleurs sentiments et j'espère que tu la recevras.

    Porte-toi bien en attendant,
    Amitiés (si tu me le permets...!)

    Susan
    .





- Fils, ça va? Tu dors peu en ce moment, et tes notes dégringolent.

- Oui P'pa, pardon, mais non, j'ai juste un peu de mal avec les devoirs parfois.

- Ce que ton fils ne te dit pas c'est aussi qu'il passe beaucoup trop de temps à faire des gribouillis au lieu d'écouter le prof!

- C'est pas des gribouillis, je...

- Ah oui? Tu m'expliques pourquoi ton prof d'histoire-géographie m'a appelée hier? Au lieu de faire des cartes comme il l'avait demandé, tu as dessiné une armée de monstres farfelus.

- C'est vrai ça, Sully?

- Oui mais...

- Si tu ne veux pas aller à l'école, tu n'as qu'à terminer sur les ponts, si ça continue.

- Maman!...

- Elora! Tu ne sais pas ce que tu dis. Sully et moi allons discuter comme des grandes personnes, ce n'est pas la peine d'enfoncer le clou.

- Ah les hommes, toujours avec cette conviction qu'ils savent tout gérer.



Les monstres, ce sont les gens. Mais ça, comment veux-tu que je le dise?





    Tu sais, Petit, les amis, faut pas en avoir peur. Les amis, faut se mettre en tête qu'au fond, ce ne sont que des gens. Des gens qui te sont étrangers à qui tu décides, arbitrairement, de donner un peu plus de temps, et de laisser une oreille curieuse traîner. Aliénés et jamais intégrés. Il ne faut pas s'attacher à leurs mots comme on se met un collier autour du cou. Petit, tu n'appartiens pas aux gens. Les amis, parfois ils disent qu'ils t'aiment. Peut-être que c'est vrai, mais garde en tête que c'est toujours un peu plus compliqué. Les mots, il ne faut pas les boire. Les mots, il faut les ranger dans des tiroirs, les afficher sur les murs de ta chambre ou les enfermer dans des bocaux. Si tu les bois et qu'ils se mettent à crier, ils ne te tordront pas l'estomac, ne te défigureront pas le visage, à coups de liquide corrosif. Il faut les tenir un peu à distance, à bout de bras, près de toi mais pas suffisamment pour qu'ils te dévorent si facilement.

    Sinon, regarde, tu te manges toi-même, te rongeant les ongles, les os, le sang. Et à ton coeur de s'oxyder, de manquer d'air et tes poumons se recroqueviller de peur anticipée.

    La peur, c'est un peu ta drogue au fond, je sais. T'en avais pas l'intention. Je sais aussi. La cocaïne, c'est juste un autre nom pour la Peur, celle-ci, à défaut de se tapir sournoisement au creux de tes os, elle te ronge jusqu'aux ongles que tu ronges et jusqu'à même ton regard qui s'attarde d'un air hagard et d'un sursaut d'âme fantomatique. Tu te transformes en feuille de papier, on lit en toi comme dans un livre ouvert tandis que le vent te ballote sur les remous d'un canal poisseux. On dirait que tu es prêt à te désintégrer.

    Arrête ça, petit, avant qu'il ne soit trop tard et que ton nom ne soit vraiment plus qu'un pauvre amas de lettres gravées dans du marbre; "ci-gît les autres que j'ai été.".

    Faut pas t'intégrer, faut pas t'en vouloir de pas t'adapter. Nous, nous on a du mal, maintenant, on s'est figé dans le moule de gens qui ne voulaient pas de nous. On ne sait plus comment faire pour sortir de l'étau qui nous a pris et la vie est une pute, tu sais. La vie, elle ne te demande pas si, alors? finalement tout te convient? Elle t'écrase, quand tu es à sa merci, faut que tu fuies Petit, et que tu ne te retournes pas. Faut que t'aies plus peur encore que la Peur, que tu lui gueules à la figure comme quand on crie la haine, moins contre soi que contre l'extérieur et tous ces trucs toxiques que tu prétends te coller à la peau, des taches d'acide dont tu te douches le soir.

    Et puis dors, putain.Regarde-toi, couché contre mes cuisses sales, avec des cernes trop larges pour ton âge.

    Génération pas d'chance, vous n'êtes redevables envers personne.





"- Les enfants, faut que je vous dise... ça ne sert plus à rien de laisser refroidir le repas... Félix, non, P'pa, ne rentrera plus -..."

Amérique de merde, range tes fusils d'assaut, je te l'offre ta clope, si tu veux.





─ H AL F  T O  W H O L E

Le sol détrempé fait couiner les semelles caoutchouteuses, et un peu d'eau s'infiltre sournoisement par les trous des baskets usées. Dans les mares qui s'étendent depuis les caniveaux bouchés par endroits, les lumières bariolées des enseignes se mêlent aux reflets des phares des voitures filantes, les seules étoiles d'une nuit assombrie par l'ombre des hauts gratte-ciel. Au détour d'un passage piéton, zébré par la boue des chantiers alentours et la pollution lourde qui se dépose, compacte, sur le macadam, les pneus sont des rouleaux compresseurs bruts qui vous éclaboussent ou vous renversent.
Le tumulte ambiant gronde en une sourdine ponctuée de marteau piqueur déchaîné, de touristes chinois qui alimentent les rues de chingchangchong, ou de sirènes stridentes déchirant le rythme allant des boulevards. De part et d'autres, on court, on tourne la tête à gauche, à droite, en haut puis en bas, pour mieux se décrocher les cervicales.

Et sa silhouette immobile, frêle. On dirait un petit enfant, perdu. On pourrait le héler, le ramener en le prenant par la main et par les mots, s'il n'y avait pas ces deux obsidiennes perçantes et dures comme un mur obstiné qui se dresse au moindre contact.
Il serre les poings, rentre les poignets, cache ses bras dans des manches que la pluie mouille également. On peut lire dans son corps qui se tend une violence muette, tremblotante, une corde d'arc, pour trancher la gorge et lâcher une flèche, la douleur poignardant les spectateurs malencontreux. Ne me regarde pas, bouge de là, va-t-en.

On croirait entendre une chanson de Fauve.

Silly-van, il n'est plus. Sully, Sally.
Sully.


Elle est loin, maintenant, la petite fille. Il l'a poussée, tout au fond, tout au fond, et elle a crié, s'est débattu. A perdu, capitulé. Abandonné.
Pardon Sally.

Pardon Sally. Et Sully.

You have one event today:
>> Happy Birthday Petra.

Message: |

La barre de texte clignote. Un, deux, un deux, un d-...

Petra a 10 ans. Et il n'est pas là.

Il n'y a plus personne.

Ni à l'école, ni dans la mezzanine, ni sur le balcon. Ca fait un moment déjà, en fait, qu'il n'y a plus personne, plus lui, ni elle, ni eux, ni les jours qu'ils notaient sur un calendrier pour se donner du courage à travers des projets. Un jour, d'ailleurs, l'éphéméride a été arraché et placé dans la corbeille, parce qu'aucun ne voulait plus voir le temps qui s'écoule.
Son horloge s'est arrêtée, et dans la vie qui continue, il a pris du retard, s'est éloigné. C'était trop de gâchis, plus qu'il ne pouvait accepter de reprendre, parce qu'au bout d'un moment, ça pesait trop lourd sur les épaules et la poitrine.

Dingding

- Bonjour monsieur, excusez-moi, vous ne chercheriez pas un apprenti par hasard? Je peux tout faire, enfin, je peux essayer.

Peut-être que Matthias a enfin pu trouver une maîtresse capable de comprendre à quel point il est spécial. Peut-être que Suzie pourra se reposer un peu et cessera de s'angoisser. Puisque dans ses courriers alambiqués, elle noie ses doutes dans l'encre qu'elle écrase de sa plume comme on enfonce les ongles dans les paumes en espérant trouver quelque chose en laquelle se raccrocher.

On ne lui pose pas beaucoup de questions, et la femme du chef a un visage bienveillant, un peu taillé par la rudesse de la tâche qui l'aide à vivre. Elle lui offre une pomme et son réflexe premier, sitôt embauché, c'est de le mener à la douche. Le jet est brûlant contre sa peau et tandis qu'il s'arrose et se frictionne, il retrouve un instant une sensation douce et nostalgique, une accalmie dans un orage qui ne finit plus de battre à l'intérieur de lui. Il pense aux constellations et à ses tableaux dans le liquide grisâtre qui s'écoule entre ses orteils et caresse de la planche des pieds l'émail froid qui se réchauffe sous sa présence. Il oublie le temps.

Laurette, Jan. Ils ont tellement grandi, finalement, dans un sens meilleur que le sien, il tente de s'en convaincre, en sachant pertinemment que c'est plus compliqué que ça. Que les gens sont pleins même si ce ne sont que des vitrines que ses yeux perçoivent.

Sullivan ferme le robinet et la tête enfouie entre mèches décolorées et serviette-éponge, il frissonne sous la brise du soir qui s'infiltre par la lucarne de la salle de bain.
Loin de Chicago, peut-être peut-il enfin commencer à se sentir entier.


Pourvu qu'ils aient lu ma lettre.



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Merci Alec pour ce magnifique dessin *-*

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MessageSujet: Re: Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high   Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high EmptyVen 1 Mai - 23:45
Bienvenue Sully 8D On s'est déjà croisés sur la CB mais ça fait plus officiel ici il paraît.
Juuzou booty face
Merci d'avoir prévenu pour ta fiche, on te la garde au chaud en attendant que tu en ait terminé avec les oraux ! En attendant si tu as besoin de quoique ce soit, n'hésite pas à venir me voir ♥️


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MessageSujet: Re: Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high   Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high EmptyMer 6 Mai - 21:02
MINOU notice me senpai
Juuzo en avatar, je plussois énormément. ET j'adore ton début de fiche. Ton perso et son histoire on l'air super intéressants, comme sa vision des monstres. En tout cas, bon courage pour tes oraux, nous on restera en mode suspens devant ta fiche ohoh ♥️


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MessageSujet: Re: Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high   Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high EmptyLun 8 Juin - 21:38
stdrvubjnk Bon j'ai avertis grosso modo Val & Jacob sur la box maiiis je vais devoir vous demander un peu plus de temps car j'ai des soucis de chronologie qui font que je dois réviser une partie de ma fiche et de mon histoire. Mais promis promis promis je vais essayer de faire ça vite et bien proprement ♥


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MessageSujet: Re: Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high   Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high EmptyMar 9 Juin - 19:53
*plante sa tente et stalke en attendant la fiche terminée et toute propre*

Et d'ailleurs, bienvenue Sully /o/ *vient de se rendre compte qu'elle ne l'a jamais dit, my bad*
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MessageSujet: Re: Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high   Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high EmptyDim 14 Juin - 20:42
La bienvenue ~
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MessageSujet: Re: Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high   Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high EmptyLun 8 Fév - 17:53
*roulements de tambour* ..... EEEEEEEEEEEEEEET J'AI FINIIIII blood eyes

VOILAA MERCI A TOUT LE STAFF POUR M'AVOIR ACCORDE UN SI LONG DELAI
MERCI MERCI MERCI

VOYEZ, J'AI PAS FAILLI A MA PROMESSE: J'COMPTAIS BIEN TERMINER CETTE INSCRIPTION

ET AUJOURD'HUI

MOINS D'UN AN PLUS TARD

C'EST FAIT

AAAAAAAAAAH JVOUS AIME PUNAISE ET PUIS BONNE ANNEE DU SINGE FLUTE


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MessageSujet: Re: Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high   Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high EmptyVen 18 Mar - 20:46
Oh Mein GÖT

Sully, ta fiche, c'est de l'or en barre. Franchement, j'adore ton style d'écriture, l'histoire, la façon dont tu abordes le cratère de ton personnage. C'est terrifiant de vérité, c’est super beau et à la fois hyper froid et terre-à-terre. Tu as déjà pensé à écrire des romans ? Non ? Parce que tu devrais. Sérieusement.
Bref, j'arrête mes compliments ici pour garder un peu de suspens à ta validation ! Car oui, si tout - ou presque - me va et me même mettent en joie, j'ai seulement une petite chose que j'aimerais que tu corriges: peux-tu enlever les suffixes japonais dans ton texte ? Certes, il ne sont pas nombreux, mais ils me dérangent quand même, sachant que toute la famille de Sully est américaine et que le contexte du forum se déroule à Détroit. Voilà, c'est trois fois rien, mais j'aimerais que ce soir fait - après quoi, je te validerais 8D.

Allé, kiss :rih:


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MessageSujet: Re: Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high   Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high EmptyDim 20 Mar - 9:36
bbblblblblb aaaaah hello Jacob, merci je suis beaucoup trop touchée/émue/aygsizudiydfg tears

Okay, je vais réfélchir à comment remplacer ça; mais si fallait que je le justifie, disons que je faisais un clin d'oeil à la culture weaboo, abordée par les occidentaux, et qui, dans ses aspects péjoratifs, se rattache souvent à la tranche d'âge des 12-14 ans. Tim et les "amis" de Sully sont encore des ados, humilier un autre ado en singeant une vision raciste de la culture japonaise (EDIT: parce qu'ils sont un peu stupides des pieds hein), j'me suis dit que c'était pas si improbable (surtout si ça passe par déformer son nom et appuyer là où ça fait mal, aka son androgynie) (#mdrleservo)

Mais okay, je vais voir si j'ai un autre jeu de mot sous le coude wth yes


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MessageSujet: Re: Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high   Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high EmptyLun 21 Mar - 19:43
UP: Hop hop hop, bon, ça marche pas aussi bien, mais ça touche d'autres points sensibles donc ça me va /o/ "Sully-chan" passe à l'humiliation de "Silly-van" (et j'aurais pu pousser le vice jusqu'à Silly-vanne, parce que la vanne mvoyez mais je suis gentille et sage)


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MessageSujet: Re: Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high   Sully MORPETH ▬ Gettin' legally high EmptyMar 22 Mar - 13:14
Merci à toi pour ces rapides modifications !
Voilà, je le redis encore, c'est franchement une superbe fiche que tu nous as pondu là ! Elle est complète, super bien écrite, nous permettant de nous rendre à peu près compte de tout ce qui se passe dans la tête de Sully. Tu as un style qui déboite, un perso très intéressant, alors je te préviens : je vais stalker tes rp OHOH.

Voilà, tu es ENFIN validée right
Après la validation
C'est maintenant que la partie commence vraiment ! Mais pas de panique, voici quelques liens pour te rappeler où tu dois aller pour bien commencer. Les liens en gras sont obligatoires !
- Le recensement des avatars : tu trouveras un formulaire à poster pour que l'on ajoute ton avatar à la liste. Comme ça, personne d'autre ne le prendra.
- Recensement des légendes (pour les monstres) : pour que tout le monde s'y retrouve et qu'on puisse voir qui est quoi !
- Recensement des capacités spéciales (pour les monstres) : pour que les autres puissent savoir quelles capacités sont utilisées.
- Recensement de ton occupation / métier : Ça, c'est pour tout le monde ! Sauf si tu n'en as pas, évidemment.
- Recensement des double-comptes : Si tu as un double-compte, il est obligatoire de le recenser par ici.
- Après avoir jeté un oeil au récapitulatif des habitations pour savoir quelles places libres il reste, tu pourra ensuite faire une demande de logement. S'il n'y a plus de places, no worries, tu peux parfaitement demander la création d'un nouveau lieu ! Par ailleurs, si tu as besoin que l'on crée un lieu différent d'un logement (lieu de travail, bar, etc), c'est par ici.
- Demandes de RP : si tu ne sais pas avec où commencer, poste un petit quelque chose par là, et quelqu'un te répondra !
( Jette un œil aux idées de scénarios ! Il s'agit de plein de petites idées de RP ou de dialogues pour s'inspirer, donc fonce !)
- Fiches de liens : elles ne sont pas obligatoires mais bien pratique pour savoir où tous les personnages en sont, et aussi pour prévoir de futurs liens et RPs !
- Carnet de bord : l'avancée de tes RP, en gros. De même, c'est principalement pour toi, pour que tu t'y retrouves.
Pour ces deux derniers, tu trouvera des modèles ici !

- Le flood : la fête tous les jours à toute heure. Yey.

Et en bonus : Pour la palette du forum, des titres en plus et des polices supplémentaires c'est ici ! Si tu veux des mises en page html pour tes RP, c'est par là.


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